Rencontre avec Maryse Gilbert, auteur de «L’Alphabetâme»

Maryse_Gilbert_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
« L’Alphabetâme » est une histoire pour enfants, petits et grands, qui raconte la naissance des lettres alphabétiques et vous offre son enchanteur et angélique Secret..
C’est l’histoire incroyable d’une civilisation oubliée depuis fort longtemps : celle des « consonnâmes » contenant le grand secret créé par les indispensables appelés les « Voyellâmes »…

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Un jour que je gardais les enfants d’une amie, je les voyais se passionner pour les images autocollantes des Pokémons qui devenaient leurs amis imaginaires. Depuis 1996 toutes les écoles, surtout en primaire, vivaient ce phénomène «Pokémon» ! L’écriture n’est plus vraiment numéro 1 et m’est venue à l’esprit, un jeu de cartes à échanger, coller… Avec les lettres de l’alphabet, avec des mots à former, des sons à chanter, etc. Ne sachant pas comment créer ce jeu d’échange… Cette histoire m’est venue comme ça… J’ai ensuite repris le petit livre pour quelques recherches historiques sur la naissance de l’écriture… Et voilà !

Que signifie ce titre ?
Le mot «âme» représente le «cœur», le cœur fondamental qui nous anime et fait qu’il touche la sensibilité. L’âme est le principe de vie, de mouvement et de pensée de l’homme. En mode littéraire, l’âme est le siège de l’activité psychique et des états de conscience. Un de ses synonymes est : le souffle vital.
Le cœur, la conscience, l’esprit, la pensée font l’être, la personne vivante.
La pensée est «un mode d’écriture silencieuse». L’homme pense puis écrit. Il utilise un alphabet. Chronologiquement, les Sumériens et les Elamites du golfe Persique furent les premiers à connaître l’écriture en 3500 av. J.C. Puis, vers 1100 avant J.C., c’est le triomphe d’un alphabet nouveau de 22 lettres (consonnes) entièrement linéaire (non cunéiforme) qu’on appelle phénicien.
J’ai voulu parler du cœur, du souffle de vie des lettres alphabétiques qui nous permettent de communiquer de diverses façons ; ainsi est sorti tout droit de mon cœur l’union de ces 2 mots : alphabet et âme. Cela répond-t-il à votre question ?

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Principalement aux enfants, mais certainement pour tout le monde. J’habitais à Cordes-sur-Ciel, lorsque j’ai fait une auto-édition de ce livre. J’ai vendu les 500 exemplaires ce qui m’a permis de payer la reprographie et de participer à un petit salon du livre peu de temps après. À ce salon, une dame a eu un coup’d’cœur en parcourant le livre et m’en a acheté deux, un pour elle et un pour l’institution où elle travaillait en me disant qu’elle s’occupait d’enfants ayant un problème de retard scolaire et malentendants légers. Cette dame me dit que ce livre lui sera très utile dans son travail avec les enfants.

Pensez-vous que votre ouvrage pourrait être utilisé dans les écoles ? Et, ou, par les parents ?
Absolument, oui ! C’est un livre ludique, instructif et pour l’avoir expérimenté avec de nombreux enfants, je peux dire que mon souhait le plus cher serait qu’il soit dans les écoles, les centres de loisirs, etc. Ce livre se lit «à voix haute» et cela change tout ! La lettre, le mot, la phrase… tout cela est musique, chant… D’ailleurs, dans le livre, pour trouver et comprendre la lettre magique, la lettre enchanteresse, il y a un exercice à faire… Mais laissons le suspense… Je ne vais pas tout dire ici !

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Que le son, la lettre, le mot, la phrase (parlé ou mimé chez une personne malentendante) ouvrent une relation, une communication à l’autre très importante, voire essentielle. De plus, l’écriture permet de «laisser-une-trace»… Cela aussi est important : transmettre notre culture ; comment la faire aimer si on ne maîtrise même pas sa langue ? Or, la langue commence par l’alphabet qui a permis de parler et d’écrire. Je ne suis pas contre l’évolution informatique, clavier etc. Moi-même je l’utilise, mais, l’utilisation d’un «crayon de bois», d’un stylo, d’une plume et un encrier ne donnent pas la même chose. Tous les livres que j’ai écrit, sont dans un cahier qui ne me quitte jamais !
Découvrir la relation entre le son et la lettre, le mot… Redécouvrir l’écriture et toute sa grande richesse.
Savoir s’amuser avec les mots. Inciter à écrire.
Honorer l’écriture.
Un malaise est installé depuis trop longtemps dans nos écoles.
L’importance de la transmission du savoir …
Je me permets de vous poser cette simple question : pouvez-vous supporter que des enfants n’apprennent pas à lire et à écrire ?

D’où vous est venue l’idée de créer une histoire sur l’alphabet ?
Comme je l’ai expliqué un peu avant, mon cœur s’est dit que à la place, ou en plus, de collectionner des images Pokémon, collectionner des images avec des lettres de l’alphabet et les échanger pour pouvoir construire des mots, des histoires que l’enfant inventerait … Cela serait bénéfique … Mais on peut toujours rêver et ceci n’engage que moi !

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je pense écrire un conte de vie. Mais, je verrai…

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Il est possible que j’ai la nostalgie des pleins et des déliés… Mais c’était beau ! C’était vraiment bien d’écrire à la plume, de conter ses vacances dans une rédaction, de créer des poésies, des histoires …
Allez-y, amusez-vous… En plus, cela fait du bien de sortir et de «coucher» sur le papier ses idées et ses rêves.
Je terminerais avec une citation, mise dans «Océane, une vague de vie» , mon autobiographie éditée chez Edilivre, honorant un grand écrivain, Monsieur Christian Bobin : « Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit, c’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour » («La part manquante» Editions Folio).