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Rencontre avec Martine Biard dans la vallée du Ciron

Près de 300 pages pour le 1er volume, plus pour le second, c’est considérable. Quel était votre projet ?

D’abord prendre mes marques sur un territoire que j’ai découvert en 1987, m’y sentir à ma place, mieux comprendre mon lieu de vie. Je me suis donc intéressée à l’histoire de Lunel pendant plus d’un quart de siècle avec tout ce qui paraissait en terme d’articles et de publications ou me tombait sous la main.

De quel Lunel parlez-vous dans ces deux ouvrages ?

Certes, il y a des Lunel dont un que je connais bien dans le Tarn-et – Garonne mais ici, il s’agit, on l’a deviné, d’une petite ville du sud de la France dans la région Occitanie située en Petite Camargue, dans le département de l’Hérault.

Est-ce le terroir du muscat de Lunel ?

Oui et ce fut donc, jusqu’au années 1980, un bourg très rural qui vivait de la viticulture avec, entre autres productions, celle du fameux muscat de Lunel ! Tout autour de Lunel, il y avait une ceinture verte constituée de vergers, de productions maraîchères avec des prés réservés aux taureaux et aux chevaux de Camargue.

Et vous êtes tombée sous le charme ?

J’ai appris à lire ce costume comme d’autres signes vestimentaires, dans un quotidien marqué par le multiculturalisme, depuis une vingtaine d’années. Aujourd’hui, 1/4 de la population est d’origine Maghrébine et musulmane (familles de harkis, d’ouvriers agricoles et du bâtiment, pour l’essentiel de la première génération).

Et puis, comme moi, 40% des Lunellois sont « d’ailleurs » … C’est le cas de beaucoup de communes françaises du pourtour méditerranéen.

Quel est actuellement le quotidien des habitants ?

Un peu en perte de repères car la ville, dans son paysage urbain, se déconstruit et se transforme chaque jour, se restaure ou se métamorphose. Un travail de fond réel a été entrepris sur le plan humain, depuis des années, par la commune et les associations, en faveur des nouveaux arrivants, de l’ intégration des populations d’origine étrangère (cours de Français et soutien scolaire gratuits), des élèves en difficultés (école de la deuxième chance) avec des aides pour le quotidien et des logements sociaux pour les familles défavorisées et/ou monoparentales, les chômeurs de longue durée, les personnes en rupture.

Vos deux ouvrages sont précédés d’un historique de Lunel «  de la Préhistoire à nos jours », pour quelle raison ?

Ces deux historiques ne sont pas identiques : ils n’apportent pas les mêmes informations ; l’un est chronologique, tandis que l’autre est thématique. Il était important d’inscrire légitimement dans l’Histoire de France les familles présentes là depuis des générations mais également de donner du sens à l’installation des familles transplantées dans une actualité perturbée.

Est-ce que ce Lunel peut intéresser au-delà de Lunel ?

Oui, je crois que tout ce qui précède n’enthousiasme et ne dynamise pas que moi, c’est pourquoi j’ai réservé à Lunel une série de conférences et lui ai consacré une dizaine d’émissions radio.

Vous dédiez l’ouvrage à Notre-Dame du Lac, pour quelle raison ?

C’est la protection de la Sainte Vierge bien sûr mais, de surcroît, Notre-Dame du Lac m’évoque un personnage mythique qui symboliserait l’âme de Lunel et qui, de notre tour de guet initiale devenue clocher (avéré au XIVème siècle), serait en quelque sorte le témoin de tous les grands moments historiques de Lunel . Elle fut toujours au centre d’un quartier très animé et commerçant.

Pourquoi alors, ou en plus, avoir abordé le passé et l’actualité de Lunel par des femmes ?

Tout d’abord parce que cela ne s’était jamais fait ! Et pourtant, demoiselles, épouses ou mères, natives de Lunel ou non, toutes ont été d’excellents vecteurs transgénérationnels.

Lunel a été surnommée «La reine de la Petite Camargue», c’est sous son règne que j’ai laissé s’exprimer des femmes de toutes les conditions et de tous les âges, de 17 à 95 ans, à partir d’un questionnaire commun écrit ou transformé en entretien au long cours. J’ai réalisé une espèce de casting pour avoir des profils les plus variés possibles et j’ai veillé à ce qu’elles ne se connaissent pas ou pas assez pour s’influencer.

Découvrez l’intégralité de l’interview sur le site Internet : https://bit.ly/2Zs3D71