Rencontre avec Martin Jeanjean, auteur de « Le salut dans la fuite »

Dans quelle région habitez-vous en France ?
J’ai beaucoup déménagé étant jeune, ayant vécu dans une dizaine de villes différentes en France, puis ensuite à l’étranger. Mais actuellement, je suis à Paris, où je travaille dans un théâtre.

Présentez-nous votre ouvrage ?
C’est un roman de voyage, d’amour, d’amitié, de poésie… de chat, de solex et de bateau, aussi. « Le salut dans la fuite », c’est un peu métaphorique. Le narrateur est à un moment de sa vie où il réalise que, pour avancer, il faut partir. Couper les ponts, tracer sa route, aller de l’avant… Une fuite, en un sens, oui, mais une fuite nécessaire. Pas de quoi avoir honte, au contraire. Une fuite courageuse, qui, finalement, l’amènera à des choses belles, fortes, poignantes. Ce départ, quelque part, c’est retrouver la bravoure et le panache, loin des compromis et des attendus. Le plus dur, c’est toujours partir. Le reste…

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Quand j’ai commencé ce livre, à la base, je griffonnais en cours. Je faisais souvent ça. Le plus souvent, c’était des poèmes, ou des paroles de chanson. J’avais aussi écrit quelques nouvelles. Pour « Le salut », j’ai laissé aller mon stylo là où il voulait aller… puis, après quelques pages, l’idée m’a pris de quelque chose de plus large, de plus vaste. De me lancer dans un projet bien plus conséquent que ce qu’on griffonne nonchalamment et qu’on reprend une ou deux fois. J’avais envie d’un voyage, d’une grande aventure. D’un projet vaste, fort, prenant, auquel je pourrais me consacrer des années. L’histoire m’est venue par bribe, mais finalement assez rapidement. Puis j’ai eu le désir d’y intégrer de la poésie. Et puis, une nouvelle. Et puis, d’autres choses… Et d’orchestrer tout ça autour d’un narrateur, de personnages, de paysages, de couleurs… C’était lancé. « Le salut dans la fuite » ne m’a jamais vraiment quitté, même quand je travaillais sur d’autres projets. C’était toujours dans un coin de ma tête. Je pense que c’est pour ça que j’ai écrit ce livre, au début : avoir un projet presque plus vaste que moi, qui me suivrait longtemps.

À quel lecteur s’adresse « Le salut dans la fuite » ?
C’est un roman que j’ai commencé quand j’avais 22 ans… je dirais donc qu’il s’adresse plutôt à la jeunesse, bien que tout le monde puisse y trouver son compte, au final. A ceux qui aiment les voyages, l’aventure. Une forme d’insouciance et de beauté. Et de poésie, aussi. C’est d’ailleurs devenu assez rapidement une autre raison d’existence du livre : écrire de la poésie dans un roman, et la rendre accessible. Redonner le goût de la poésie. Que le plus grand nombre lise (ou relise) de la poésie, ce serait merveilleux, non ?

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Aucun message en particulier. S’il fallait en trouver un, ce serait qu’il faut toujours continuer d’avancer, et que le soleil fini toujours par se lever. Qu’il ne faut pas avoir peur de sortir de son quotidien, et que l’inconnu peut conduire au beau. Qu’il faut oser.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Au niveau poétique, c’est indéniablement dans « Alcools », d’Apollinaire, et « Corps et Biens », de Robert Desnos. Pour ce qui concerne « Le salut dans la fuite », je dirais qu’Alessandro Baricco m’a beaucoup influencé, surtout « Océan Mer » et « Novecento ». Ainsi que Céline. Voilà pour les influences littéraires. Sinon, évidemment, je m’inspire de mes voyages, de mes expériences. Le fait d’avoir vécu aux Fidji, en Inde, m’a aidé à retranscrire ce goût de la route, j’imagine. Ainsi que la musique, la guitare. Et la mer.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
La poésie, évidemment. Continuer de faire vivre la poésie. Pour les romans, j’ai commencé un nouveau livre, qui sera très différent du « salut ». Quelque chose qui se passerait quelque part entre l’Irlande, l’Ecosse et le Pays de Galles, par là… Dans un petit village de pêcheurs de sardines, au début du XXème siècle. Avec toujours la mer, évidemment.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Qu’ils continuent de lire ! La lecture est la vraie richesse, et l’écriture, la liberté.