Interview écrite


28 juin 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Madelyne Dayssange, auteur de  » Mes mains t’ont donné l’éternité « 

Madelyne_Dayssanges_Edilivre

Pouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Ce livre raconte le combat que mon mari a mené avec mon aide contre sa myopathie des ceintures non répertoriée mais surtout contre son myélome  (cancer de la moelle osseuse ). Dans la deuxième partie, je mets ses messages reçus en channeling où l’on parle de la vie après la mort. Je trouve que malgré la maladie, c’est une belle histoire d’amour, tant de sa part que de la mienne, et je ne regrette pas une seule minute passée près de lui, même aux heures les plus noires de notre histoire.

Vous avez déjà publié des romans par le passé. En quoi celui-ci s’inscrit-il dans la continuité, ou bien en rupture avec vos écrits précédents ? 
J’ai publié il y a plus de vingt ans un recueil de poèmes et un livre sur ma vie de gosse de divorcés. J’ai laissé après pour élever seule mon fils mais si je n’ai jamais édité depuis, j’ai toujours continué à écrire, j’en ai plein des cartons. J’aime écrire, c’est un besoin vital chez moi, sous des aspects délurés, farceuse, taquine, et moqueuse (surtout de moi il suffit de voir ma page Facebook). Je suis assez timide, il y a des choses que je peux dire en face de la personne, d’autres que je ne peux pas, alors j’écris un poème ou j’invente une histoire à l’intérieur de laquelle je mets tout ce que j’ai à dire. J’écris pour exprimer mes émotions, mes envies, mes peurs, mes joies. Je tiens un journal depuis l’âge de 12 ans. Par contre, mon style d’écriture a beaucoup évolué, cela se ressent notamment dans mes poèmes, c’est plus profond mais simple, et ça sort comme ça d’un coup, je ne peux pas résister, dès que cela me prend je note. Etant devenue grand-mère depuis peu, j ai recommencé à écrire des contes pour lui comme je l’avais fais pour mon fils. J’adore ça. J’écris aussi des poèmes d’amour ou sur la vie, des nouvelles, je vous en soumettrai d’autres.

Vos activités de medium et de magnétiseuse inspirent-elles vos écrits ?
J’ai le don depuis mon plus jeune âge, je vois des choses, je sens des choses, c’est ainsi. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai écris, car je ne pouvais pas dire ce que je voyais étant donné que les rares fois où je le disais cela provoquait souvent un scandale. Ma mère avait aussi ce don mais n’en a parlé que très peu de temps avant de partir. Elle en avait peur, moi non. Cela a d’ailleurs été dur à gérer par moment, comme tous les médiums. On voit et on sens les choses, mais si on en parle, surtout au début, notre entourage nous prend pour des dérangés. Pour ce roman bien sûr étant médium, les messages reçus sont en channeling, puisque mon mari m’explique comment c’est de « l’autre coté » si on peut dire. Les jeux de cartes que je fais sont en channeling aussi quand je les reçois. De plus, quand je « soigne » les gens, c’est un don que j’ai depuis l’enfance, je suis aussi comme je dis branchée aux Anges, et c’est une aventure merveilleuse. Tout le monde a des Anges qui peuvent les aider, dommage que les gens ne le sachent pas et ne s’en préoccupent pas. Cela aide énormément, mais on y vient, et j’en parle lors de mes conférences.

Votre ouvrage aborde la maladie de votre mari. Que vous permet ce témoignage ?
Ce témoignage me permet de dire aux gens qu’il faut croire quelle que soit la douleur, l’impatience, la fatigue, la lassitude et la dureté des traitements. Il faut se battre. J’ai vu mon mari se battre comme un fou pour la contrer, endurer des souffrances impossibles, mais toujours d’excellente humeur, plein de force et d’espoir, même dans les dernières heures de sa vie. S’il n’avait pas cru en lui, il n’aurait pas pu tenir aussi longtemps. Je me souviens des mots de ce médecin venant le voir et lui disant : Monsieur , mais vous avez un humour et une force inouïe, on vous a dit de quoi vous souffriez ? Tu parles, il faisait rire tout le monde avec ses blagues, et il répondait : Docteur je me bats depuis l’âge de 20 ans contre ma myopathie non répertoriée, je sais ce que j’ai, mais la douleur et la maladie ne suffiront pas à me démoraliser. Le médecin lui a répondu : Vous êtes un exemple de courage pour nous, merci ! Il pensait que Paul ne savait pas qu’il avait un myélome !!!!

Attendez-vous des réactions précises de la part de vos lecteurs ?
Je sais qu’il y a des gens qui me traiteront de folle et d’autres que cela intéressera. Je suis ouverte à toutes les questions qu’ils pourront vouloir me poser par votre intermédiaire. Je fais régulièrement des conférences ou je parle de cela et des anges donc j’espère simplement que ce livre aidera les gens qui ont perdu un proche de savoir que le lien n’est jamais rompu, que si on ouvre tous nos sens, on les sent, on les voit et on reçoit des signes. Je ne suis pas la première médium à en parler et il y en aura d’autres après moi. D’ailleurs, j’écris un livre actuellement sur les anges, où j’explique aux gens comment parler à leur ange. Je ne dis pas qu’avec les anges on évite entre autre la mort ou la maladie, je dis qu’avec les anges cela nous donne une force énorme pour se battre et gérer. Si je n’avais pas eu les miens près de moi, je n’aurais jamais tenu le coup pour aider mon mari. Mais entre notre amour, mon fils et mes anges, nous avons tenu trois ans ! J’aurais voulu davantage, mais il arrive aussi un moment où nous arrivons au bout de la route, donc on ne peut qu’accepter et partir quand l’âme l’a décidé.

Malgré la gravité de votre récit, peut-on entrapercevoir une lueur d’espoir ?
Bien sûr ! Vous savez, quand Paul a commencé son myélome, il y avait quand même peu de gens de 46 ans à avoir ce myélome. C’était, comme on nous le disait, une maladie de gens plus âgés, aux alentours de 60 ans. En trois ans, on a vu des jeunes, des enfants et de plus en plus de monde attraper cela, et la capacité de gens à soigner a augmenté au chu. On ne sait pas comment ça vient, mais on sait le mettre en rémission du moins pour certains myélomes. Bien sûr, il y aura des gens comme Paul qui en partiront, mais pour ceux qui ont la chance de s’en sortir et de vivre en rémission, quel moment merveilleux. On a eu quinze jours de rémission. Vous ne pouvez pas savoir le bonheur que nous avons ressenti. Nous nous étions limités par les chimios car elles sont agressives, et Paul, avec sa myopathie, ne pouvait pas prendre toutes les chimios car certaines endommageaient les terminaisons nerveuses. Nous avons pu en avoir trois, et le jour où il est parti, il y avait un nouveau médicament qui sortait pour ce myélome, mais lui, il est parti de sa myopathie que les traitements de chimio avaient décuplé. Avec la myopathie qu’il avait, 50 ans c’était l’âge critique ! L’équipe de Nantes est à la pointe avec un service d’une capacité énorme, tant affective que de travail, et d’un dévouement inouï. Ils sont à l’écoute, qu’il s’agisse de la femme de ménage comme du grand patron. Ils font des prouesses avec des moyens qui pour ma part sont restreints, des horaires épouvantables, une surcharge de travail énorme, mais une écoute toujours présente et un dévouement sans faille. Pourtant croyez-moi, il y a des malades très durs à gérer. Ils n’ont pas tous un moral d’acier et une gentillesse comme celle de mon mari, mais ce service croit en ce qu’il fait, et la recherche avance chaque jour. Mais comme toute maladie, il faut des fonds, les chercheurs cherchent et par la suite le corps humain réagit ou pas. Un jour, j’en suis sure, on mettra  tout le monde en rémission.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Un mot ? J’en ai plusieurs. Tout d’abord, je vous demanderais de donner votre moelle osseuse, votre sang, vos plaquettes, on en a énormément besoin. Cela prend peu de temps, ce n’est pas douloureux, et ça nous aide, surtout pendant les périodes de vacances. On a parfois eu peur, il fallait du sang ou du plasma pour mon mari et on était dès le matin à l’hôpital, on attendait la poche miraculeuse qui allait lui redonner un peu de vie et de force. Elle arrivait au dernier moment, mais on l’avait ! Que d’angoisses et de questions, on se demandait : et si on n’en avait pas cette semaine ? Car hier c’était mon mari, mais demain, cela pourrait être vous. Ensuite, même si vous doutez, même si vous avez mal à en hurler, ne baissez pas les bras s’il vous plait. Je sais que c’est dur, c’est long, c’est l’angoisse, c’est la fatigue, mais battez-vous. Un jour on y arrivera à ce traitement qui mettra en rémission définitive. Surtout croyez en vous, et en vos Anges, et dans le ciel, même si vous n’êtes pas croyant, il y a une puissance universelle, quelle que soit le nom qu’on lui donne. Surtout espérez, gardez le moral car c’est la moitié de la guérison. Jamais malgré mon mari n’a baissé les bras, malgré la douleur, la fatigue et j’en passe. Je l’ai accompagné jusqu’au bout, j’aurais voulu le garder. Je ne me suis pas écroulée. J’ai eu devant moi un monument de courage et de foi en lui car le ciel c’était pas trop son truc, mais il croyait en une puissance universelle, et ça l’a aidé à tenir avec tout l’amour que nous lui avons porté. Seul on ne peut pas s’en sortir. Enfin, si la vie vous enlève l’être cher, sachez que le lien n’est jamais rompu. Ils sont juste de l’autre coté, et si vous leur demandez de l’aide, ils vous en donneront et vous recevrez des signes. Je suis catholique mais pas pratiquante, du moins je pratique à ma façon. La mort n’est pas une fin, quand on aime c’est pour l’éternité, quel que soit le chemin que j’ai sans lui, j’aimerai sûrement un jour aussi fortement, aussi sincèrement, aussi tendrement, mais il restera dans mon cœur. Je dois continuer à vivre, il me l’a demandé, il ne s’est jamais écroulé, je me dois de continuer de vivre, de parler de son combat et de son courage. C’était un homme exceptionnel, et j’avais promis d’écrire ce livre pour lui rendre hommage. Je remercie chaque jour « le ciel » et mes Anges de l’avoir connu, car même si nous n’avons été ensemble que dix ans, ça a été une très belle histoire malgré la maladie, et si c’était à refaire je lui redirai OUI !!!!!