Rencontre avec Karim Kadri, auteur de  » Présomption de culpabilité « 

Karim_Kadri_Edilivre

Pouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
C’est l’histoire authentique que j’ai vécue deux ans durant. Malgré moi, je me trouvais dans le collimateur de la justice, alors que je n’avais rien à me reprocher. En effet, je menais un combat contre l’injustice de personnes ayant autorité, estimant qu’elles ne devaient pas confondre présomption de culpabilité et présomption d’innocence. D’où le titre de mon livre.

A quel genre littéraire se rattache-t-il ?
Autobiographique !

Votre récit est-il autobiographique ?
Oui absolument. Je relate ici, sous la forme d’un journal qui suit  le déroulement chronologique, cette histoire personnelle qui reste à jamais gravée dans ma mémoire. L’écriture était pour moi une échappatoire et m’a aidé à ne pas sombrer dans le désespoir et l’isolement.

Vous êtes d’origine maghrébine. Votre ouvrage retrace-t-il un certain racisme auquel vous avez été confronté ?
De façon directe non. Jamais je ne ressentis du racisme à mon encontre dans mon environnement socioculturel. Indirectement oui. Fils d’immigré, modeste travailleur, logeant dans une cité populaire, inévitablement immergé au sein de la situation sociale propre à la France, j’en ai subi malgré moi les contraintes, et, en l’occurrence, l’injustice.

En quoi était-il important pour vous de témoigner de votre expérience ?
Pour moi il était important de témoigner de mon expérience pour démolir ce mur de silence, de la différence ethnique. Le  » vivons-ensemble  » sous l’emblème de  » Liberté, égalité, fraternité  » A priori, ce n’est pas évident pour tous. Je m’imaginais être en droit de croire au respect de cette règle, par tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de religion.
Je fus confronté à une réalité tout autre. Pour qui donc rayonne l’égalité ?…

Cherchez-vous à délivrer un message humaniste, de tolérance dans votre ouvrage ?
Oui, j’aimerais remplacer le mot tolérance par celui d’intégration. La tolérance suppose que le supérieur supporte l’inférieur. L’intégration, par contre, le reconnaît comme un égal.
Ensuite je souhaite que mon ouvrage contribue à une prise de consciente efficace  entre citoyens et gouvernants. La présomption d’innocence est un principe élémentaire de justice et doit le rester.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Quoi qu’il arrive dans la vie, personne n’est à l’abri ni au-dessus de la Loi. Certes, il est si facile de s’en prendre aux  » petits  » mais c’est quoi être petit devant la justice ? Soumis ? Refusez la fatalité, le repli sur soi. Battez-vous, menez un égal et juste combat.  Vous deviendrez grand et libre.
La République s’honorerait en exigeant une Justice égale pour tous, sans préjugés.