Rencontre avec Jean Burlet auteur de « Le Témoignage des oliviers »

 

Présentez-nous votre ouvrage

 

C’est un livre à la fois historique et politique, car avant d’évoquer les affrontements incessants au Proche-Orient et plus précisément le conflit Israëlo-Palestinien, j’ai voulu retisser la genèse de l’histoire. Exposer de manière succincte mais incontournable l’émergence des premières religions avant de relater la grandeur des dynasties arabes et de la civilisation judéo-musulmane en Andalousie qui ont largement influencé la culture occidentale pour l’orienter sur les voies de la Renaissance. Puis rappeler ensuite la prospérité et les tragédies des diasporas juives, la grandeur et la décadence de l’empire ottoman, l’avarice et l’égoïsme des empires coloniaux (Grande-Bretagne et France) associés à la Russie tsariste. Une succession d’événements ayant pour conséquence au début du XXe siècle d’envisager une solution « à la question juive » sur le territoire de « l’homme malade de l’Europe ».

 

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

 

Pour deux raisons principales. La première évidemment pour essayer de comprendre de manière objective les motifs d’un conflit dont j’ai toujours entendu parler, qui fait régulièrement la « Une » de l’actualité et sur lequel je n’ai jamais assisté à des débats sereins. La seconde pour rappeler que la région est le berceau de la civilisation d’où sont issus de grands savants humanistes, de scientifiques, et qui depuis plus d’un siècle est en proie à d’éternelles convoitises et d’interventions extérieures au détriment des populations locales et au mépris de toute considération humaniste. Car comme l’énonce François Mitterrand : « toute crise locale ou régionale qui dure échappe un jour à ses protagonistes au bénéfice de plus forts qu’eux… » (Discours à la Knesset 1982).

 

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

 

A toute personne s’intéressant à l’actualité et désirant comprendre les événements qui se déroulent sous nos yeux et trouvent leurs origines dans l’Histoire plus ou moins récente. L’information « continue en direct » ne prend pas le temps de résumer « les épisodes précédents » pour replacer dans leur contexte les crises qui se succèdent et donner du sens à la situation en cours. Une situation à laquelle la France n’est pas totalement étrangère, puisqu’elle a été le mandant de la Syrie durant de nombreuses années après la première guerre mondiale au cours desquelles elle a créé « le grand Liban » (le Liban actuel). Raison pour laquelle le drame syrien et ses réfugiés nous concerne au premier chef et devrait mobiliser toute notre attention.

 

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

 

Au-delà de la volonté, autant que faire se peut, de donner des clefs de compréhension à la perpétuelle situation éruptive au Proche-Orient, j’ai souhaité mettre en exergue les progrès, la prospérité, les richesses d’un régime, d’un pays, d’un État-nation multiracial, multi-ethnique, multiculturelle, fondés sur les échanges et l’acculturation. Par opposition à l’inexorable déliquescence destinée à un État basé sur la consanguinité et l’uniformité. Un message qui prend une résonance toute particulière aujourd’hui où il n’est question tant en France qu’un peu partout en Europe et dans le monde de repli identitaire, de communautarisme et de nationalisme. Dans ce contexte il me paraît indispensable de se remémorer pour certains ou de découvrir pour d’autres les immenses apports culturels, scientifiques et architecturaux que nous devons aux juifs et musulmans.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

 

Le sujet du livre a surtout nécessité de nombreuses et fastidieuses recherches : livres, articles de journaux, documentaires, émissions télévisées etc. qu’il a fallu par la suite décrypter, vérifier, analyser, synthétiser et rationaliser pour en extraire la quintessence. Un travail astreignant mais passionnant et enrichissant.

 

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

 

Hélas si j’ai en tête un thème tout trouvé pour la trame d’un livre dans la lignée de celui-ci, c’est-à-dire les répercussions dramatiques actuelles subies par de nombreuses populations dans le monde qui trouvent leurs origines dans les siècles passés, je ne pourrais mener à bien ce projet. En effet atteint d’une pathologie neurologique dégénérative invalidante (SLA ou maladie de Charcot) mon état de santé s’est dégradé au cours des quatre dernières années que les recherches et l’écriture du livre ont nécessité. Aujourd’hui je n’ai plus la force de repartir dans une nouvelle aventure pas plus d’ailleurs que je ne peux démarcher les librairies ni fréquenter les salons du livre pour la promotion.

 

Un dernier mot pour les lecteurs ?

 

La lecture comme l’écriture sont des sources d’évasion par l’imaginaire simples et efficaces. Au gré des chapitres les voyages dans le temps et dans l’espace procureront je l’espère autant de plaisir aux lecteurs que j’en ai eu à les transcrire. Si tel est le cas je compte sur eux pour inciter leurs parents, amis,
connaissances à se rendre sur mon site http://www.jeanburlet.fr/ pour y découvrir
un extrait et, qui sait, le commander !.