Interview écrite


3 octobre 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Huguette Meylan, auteure de  » Mouches dans les yeux « 

Huguette_Meylan_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Cet ouvrage représente une sorte de quête, un Saint-Graal médical. La narration sincère et aucunement exagérée d’un phénomène que j’ignorais (jusqu’à ce que j’en sois moi-même atteinte) ainsi que de ses terribles implications. Débutant avec la première et brutale apparition de mes corps flottants, pour s’achever sur leur miraculeuse éradication. Il comprend également une brève partie théorique : connaissance de l’œil et origine des corps flottants.

Nous pouvons observer à travers ce livre le combat quotidien que vous avez mené afin de vous débarrasser de ces corps flottants. Vous est-il arrivé de perdre espoir suite aux premières conclusions des ophtalmologues ?
Le terme perte d’espoir ne définit qu’imparfaitement ce que j’ai ressenti, face à une indifférence généralisée. A ma première visite en urgence, j’ai été complètement anéantie. Le ciel me tombait sur la tête, le monde s’écroulait. Ensuite, la révolte est venue, et j’ai cherché, cherché inlassablement celui qui saurait faire mentir ces pessimistes diagnostics. A chaque nouvelle visite ophtalmologique et idem conclusions, c’étaient comme de supplémentaires grandes claques qui s’abattaient. Oui, j’allais rester comme ça, non, il n’y avait rien à faire ! Alors, sans ce site Internet découvert par le plus grand des hasards et qui me gardait debout, ce n’est pas l’espoir que j’aurais perdu, mais tout simplement le goût de vivre ! A un point tel, que sans cette opération au laser, je ne sais où je serais aujourd’hui.

Souhaitez-vous délivrer un message à travers cette autobiographie ?
Malgré tout l’amour de votre entourage, face à la maladie, vous êtes seul et vous avez peur. Peur de ce qui vous attend, peur de déranger. Quel que soit le verdict, et dans la limite de ses forces, je dirais qu’il ne faut jamais se résigner. Que la lutte est la seule voie possible, celle qui vous permet d’aller de l’avant, de supporter ce que vous endurez. Et surtout, le seul espoir de vaincre… Au corps médical, je voudrais redire que leur travail est remarquable et leurs avancées incessantes. Que ce livre n’est en aucun cas un procès d’intention à l’égard de l’ophtalmologie, mais un appel pour que les corps flottants ne soient pas considérés à tort comme une affection anodine. Que les ophtalmologues passent outre leurs certitudes et acceptent de se pencher sur la technique qui a permis la suppression de mes « mouches », mon but serait atteint !

Il s’agit déjà du troisième ouvrage que vous publiez. Quel est celui dont vous êtes la plus fière ?
Je ne parlerais pas de fierté, mais d’«affection». Toutes mes héroïnes, moi comprise, sont en quelque sorte des survivantes. Demande-t-on à une mère de choisir entre ses enfants ? Anna, l’orpheline, au cœur assoiffé d’affection, Mlle Poirier, la vieille fille esseulée qui n’a jamais oublié son premier amour, les deux me touchent, à des degrés divers. Mon troisième ouvrage étant peut-être le plus capital, puisqu’il traite de ce qui a permis la poursuite de mon travail d’écriture. Ma vraie fierté serait que tous soient lus et appréciés…

Pour vous, quel est le rôle d’un auteur ? Pourquoi écrire et être lu ?
En écrivant, qu’il le veuille ou non, un auteur livre une part de lui-même, de ses convictions. Fictions, histoire ou essais, le message peut toujours être politique. Le rôle d’un auteur est d’éveiller les consciences. De propager culture, amour, générosité et ouverture au monde. De faire rêver aussi, évasion d’un quotidien parfois trop lourd à porter. Même un roman d’amour n’interdit pas la réflexion. Quant à être lu, la fonction d’écrire n’implique-t-elle pas le désir de trouver son public ? Je ne crois pas aux auteurs qui affirment se moquer d’être lus.

Quels sont les genres littéraires qui vous attirent ?
Tous les romans, historiques ou non. Les récits de voyage. La littérature étrangère. Tous types de documentaire. Les fictions, style « Da Vinci Code » ou « Millenium ».

Sur quoi portera le prochain ouvrage que vous êtes actuellement en train d’écrire ?
En fait, j’ai deux ouvrages en cours. Un policier psychologique et un essai d’observation et d’humour.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
J’ai toujours souhaité écrire. Aujourd’hui, j’en ai fait mon principal loisir. Trouver des lecteurs qui aimeraient mes livres et me le diraient, serait un aboutissement. Merci à eux.