Rencontre avec Hugo Martin, auteur de « Somptueux Malheur »

Où habitez-vous ?
J’habite en Île-de-France.

Présentez-nous votre ouvrage
Dans l’ensemble c’est une interprétation artistique du malheur. Mais c’est aussi une bonne partie de moi-même. Je suis timide et très pudique. Quand en cours de langues on nous demande de nous présenter, j’ai toujours peur qu’on me demande le prénom de ma sœur ou de mes parents parce que je sais que je deviendrais tout rouge. Je rougis parfois rien qu’en prenant la parole, c’est une forme de pudeur. Ce livre est un peu un moyen de me dévoiler, à l’écrit c’est plus facile.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
C’est grâce à Baudelaire en particulier. Gainsbourg y est aussi pour beaucoup. C’est d’ailleurs grâce à Baudelaire que je me suis intéressé à Gainsbourg. Parce que je me rends souvent avec mon grand-père sur les tombes d’artistes et, en allant voir Baudelaire au cimetière du Montparnasse, j’ai vu en cherchant la tombe de Baudelaire sur le plan à l’entrée qu’il y avait Gainsbourg, alors nous y sommes allés. Ça m’a donné envie d’en savoir plus sur lui et maintenant il me passionne. C’est récent, ça date de l’été dernier (été 2015). Avant je n’écoutais pas du tout de chanson française, j’écoutais presque que du rap. Je crois d’ailleurs que c’est en voyant une citation de Baudelaire à la fin du clip d’un rappeur (Lino) que j’ai eu envie de lire Les Fleurs du Mal. La poésie, c’est pareil, j’ai commencé à en lire au début de l’été dernier. Au final on peut dire que c’est le rap qui m’a conduit à la poésie et la poésie qui m’a conduit à Gainsbourg. Le rap est une sorte de poésie lorsque les paroles sont travaillées. Mais évidemment à notre époque rongée par le commercial où la bêtise est une mode, le rap que l’on entend le plus (et qui le résume aux yeux des gens qui n’en écoutent pas) n’a rien de poétique, c’est un produit de consommation.

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
A toute personne acceptant de prendre le temps de le lire !

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
L’idée dominante est cette beauté et cette stimulation artistique que possède le malheur. Après, je dis aussi ce qui ne me plait pas dans le fonctionnement de notre société, je dis un petit peu ce que je pense par-ci, par là mais si on devait parler vraiment d’un seul message ce serait cette interprétation du malheur.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Elle me vient de mes malheurs, de mes angoisses, de ma rage contre cette société qui veut me voir avoir des diplômes pour faire le même métier que tout le monde puis mourir. Dès fois je cherche mais d’autres fois ça me vient instantanément… J’ai des phrases, des idées qui m’apparaissent dans la tête avant de m’endormir, lors d’insomnies ou alors sous la douche, … C’est sublime ! C’est l’inspiration ! Mais en même temps c’est angoissant parce qu’on a peur d’en oublier où de ne pas avoir le temps de rendre la chose matérielle.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Dans la littérature, j’ai commencé à écrire un roman et j’ai déjà prévu deux autres recueils de poèmes. En dehors de la littérature, je voudrais faire des films en indépendant en commençant par des courts-métrages d’une qualité supérieure à celle de ceux que je fais sur YouTube en ce moment. Mais pour cela il me faut une caméra professionnelle d’un format numérique équivalent au 35mm (quelque chose comme une CineAlta) et ça coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros donc ce n’est pas pour tout de suite.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je vais citer Baudelaire car quand je lis cet homme, ce génie, je vois en moi une profonde médiocrité. Je vous propose une citation qui peut avoir un lien avec mon livre : « Faut-il qu’un homme soit tombé bas pour se croire heureux. »