Interview écrite


29 avril 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Henry Lagneaux, auteur de  » Ecran Témoin d’une famille « 

Henry_Lagneaux_EdilivrePouvez-vous présenter votre ouvrage, en quelques mots ?
Julien, jeune Bruxellois, est profondément marqué par le décès inopiné de son père, dont il ne cessait pourtant d’admirer la prodigieuse vitalité autant que la combativité professionnelle. Mal préparé à accéder au stade adulte, le jeune homme va puiser dans le vécu paternel mais aussi dans celui d’un oncle (fils naturel de son grand-père) les éléments nécessaires à sa propre croissance. Aidé en cela par sa compagne, vibrante trotskiste chilienne, il parviendra à recréer a posteriori un support familial harmonieux et équilibré autour de ces deux figures ancestrales.

Pourquoi avez-vous choisi la Belgique comme cadre ?
C’est le pays où je vis. Je préfère faire évoluer les personnages dans une contrée qui m’est familière et dans laquelle j’ai vu se déployer certains mouvements sociaux. La traversée de Bruxelles par les Chiliens me fournit par ailleurs l’occasion d’évoquer certains évènements marquants qui ont émaillé l’histoire de Belgique ;

A quelle époque se déroule l’intrigue ?
Elle s’échelonne sur la deuxième moitié du 20ème siècle et la première décennie du 21ème siècle.

Pourquoi vous intéressez-vous à la problématique familiale ?
La famille constitue le fondement du développement psychologique de chaque être humain. Tôt ou tard, ces origines se rappellent à notre souvenir et peuvent expliquer certains comportements, voire certains choix cruciaux opérés dans l’existence. Par exemple : une frustration ressentie dans le jeune âge par rapport à la fratrie peut expliquer par la suite une attitude dominatrice. Comme le chantait très bien le regretté Jean Ferrat ‘nul ne guérit de son enfance !Julien, le héros, est profondément marqué par le décès fulgurant de son père. Il perçoit cet évènement avec un sentiment d’injustice. Il estime en effet que le commerçant est bien mal gratifié au terme d’une vie de labeur. Julien se sent donc incapable de se construire avec cette seule trajectoire paternelle pour référence. On mesure dès lors l’intérêt qu’il accorde à la rencontre avec son oncle présumé, lequel s’inscrit psychologiquement aux antipodes de son propre père.

Vous vous intéressez aux questions politiques. Pouvez-vous en dire davantage ?
Je suis licencié en Sciences politiques et sociales. J’ai exercé, il y a quelques années, un mandat politique au niveau local. Je pense que nous nous trouvons, aujourd’hui, à la croisée des chemins et que nous devons mettre en exergue une évidence. Dans la hiérarchie des valeurs qui structurent nos sociétés, le pouvoir financier occupe une place indue. Ainsi, l’institution bancaire devrait-elle être au service de l’économie réelle, par le biais d’investissements productifs, destinés d’une part à dynamiser l’industrie et le commerce, d’autre part, à créer des emplois. On parle beaucoup à juste titre d’économie casino : l’argent tourne sur lui-même, s’engloutit dans le secteur spéculatif ou échappe à la richesse nationale, en raison de la fraude et de l’évasion fiscale.

Cherchez-vous à transmettre un message dans votre oeuvre?
Il n’est d’avenir possible que si l’économie, prenant appui sur la finance, se met au service de l’homme et de son développement. Il n’est de richesse véritable en ce monde que la relation humaine de qualité.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je crois pouvoir affirmer que mon roman est fertile en rebondissements et (c’est l’avis des lecteurs) que l’intrigue est bien soutenue au fil des pages. C’est aussi un récit multidimensionnel, qui comporte une trame psychologique, sentimentale et donne lieu à une réflexion socio-économique.