Interview écrite


7 juin 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Hatem Tkouri, auteur de « Charmes et douleurs »

Présentez-nous votre ouvrage

J’ai vécu entre deux mondes pendant cette période, je sentais que mon âme se détachait de mon corps, elle s élevait doucement pour le regarder de loin, elle ne s’y tenait plus, je me sentais comme une boule d’idées qui s’envole et qui refuse de se salir. Je regardais mon cœur et mon corps qui se battaient pour survivre, ils sont perdus au milieu des méandres. Je voyais des personnes que je connaissais, que je n’avais plus vu depuis longtemps et qui ne faisaient plus partie du monde des vivants.
Cependant, d’un temps à autre je subissais un réveil paisible qui me rapprochait de nouveau du monde des mortels et qui me permettait de dicter mes pensées à cette machine qui m’attendait sur terre.
Je voyais la tristesse qui dominait les humains, je sentais ma douleur et celle des autres, ces créatures qui souffraient de la maladie, des chagrins, de la pauvreté, bref de vivre. A ce sujet naissent les poèmes tristes « A CE JOUR », « LE CREPUSCULE DES HOMMES »…
Je voyais aussi la beauté qui décorait l’existence et qui nous rend heureux d’un temps à autre.
Le bonheur d’être avec quelqu’un, la joie de profiter de nos proches, le fait de gouter à certains plaisirs, d’avoir la tranquillité comme le montre certains poèmes « TA BEAUTE », « A L’ADMIRABLE », « LE RETOUR DES PRINCESSES ». A cela s’ajoute ma colère en découvrant la vérité de la condition humaine qui subit plus qu’elle n’agit.
Des interrogations existentielles qui dépassent les limites de nos capacités intellectuelles.
En ce qui concerne le style, j’étais influencé par les auteurs classiques tout en vivant parmi les contemporains, j’ai voulu donner à l’écriture poétique sa liberté conditionnée, une liberté du style qui émane du sens.
Le poème se donne lui-même le jour, une vraie réconciliation entre classique et moderne, entre calme et colère, entre joie et malheur.
S’enfermer dans une école bien déterminée ou dans un style unique trahit à une certaine limite la liberté de nos pensées et contribue plutôt à une écriture cherchée, voire voulue.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Depuis mon enfance, je sentais un besoin au fond de moi qui m’exhortait à voir plus loin, à parler de beaucoup de choses, d’ailleurs j’avais toujours un regard différent sur la vie. J’étais toujours fort dans les matières littéraires, et je faisais souvent la différence avec mes dissertations à l’école.
Tout a grandi avec moi, mon talent et mes idées.
Le décès de ma mère avec laquelle j’avais une relation fusionnelle, m’a beaucoup bouleversé et mon envie de s’exprimer et d’écrire devenait de plus en plus grande au point ou je me suis retiré un moment de la foule et je me suis mis à écrire, à dévorer les livres dans tous les genres et à étudier la philosophie.
C’était pour moi une manière de s’exprimer et de s élever dans les pensées, je voulais passer un message à tout le monde et décrire les différentes facettes de la vie telles que je les vois.
J’étais sûr que je voyais différemment les choses et je voulais partager mes visions.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

Mes écrits s’adressent à tout le monde, à ceux qui souffrent à cause d’un chagrin, d’une maladie, de la pauvreté, à ceux qui souffrent du fait de vivre, ceux qui ne peuvent pas exprimer leur douleur, leur colère, leur frustration, tout ce qui ne va pas dans leur vie.
Je parle aussi à ceux qui ont de la chance, ceux qui sont heureux, qui profitent du fait de vivre, qui ont trouvé l’amour, la richesse, la santé, voire le bonheur.
Ces gens qui veulent exprimer leur bien-être mais ne trouvent pas les mots.
Je parle à tout le monde, au monde entier, à tous ceux avec qui j’ai partagé, à un moment donné, les mêmes sensations.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

En écrivant ce livre, je voulais rassurer ceux qui souffrent et leur dire que je partage leur chagrin et leur douleur. Cependant je voulais aussi prouver à certains que je partage aussi leur bonheur, leur joie et leur réussite.
Il n’y a pas plus difficile que d’être entre les deux jusqu’au bout, une recherche d’un équilibre jamais retrouvé qui aboutit à un démantèlement de la personnalité humaine, un souci de perfection, de se trouver partout.
Une souffrance de pouvoir vivre aux deux rives en même temps. C’est le sort de la condition humaine qui se déchire entre le mal et le bien. Pire encore pour ceux qui peuvent vivre profondément ce déchirement.

Où puisez-vous votre inspiration ?

La vie quotidienne m’inspire, voir un malheureux m’inspire, croiser une belle femme m’inspire, vivre une histoire triste ou belle m’inspire, rester seul m’inspire.
L’occupation et le vide m’inspirent aussi.
La méditation, me donne des idées, des images, le fait de s’élever dans les pensées me permet de voir énormément de choses ineffables.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Je suis en train de terminer mon deuxième recueil de poèmes, j’ai déjà terminé une pièce de théâtre qui tire au clair une nouvelle conception dans le domaine de la psychologie et qui ouvre le chemin à une nouvelle perspective d’une classe sociale précise. J’ai aussi commencé un roman à thèse qui fera couler de l’encre vu la problématique qu’il véhicule.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

J’ai le plaisir de partager mes pensées avec vous, de vous transmettre ma manière de voir les choses.
D’être à coté de vous quand vous traversez des moments difficiles ou quand vous êtes heureux, je n ai pas l’intention de vous laisser tomber, je veux être toujours à vos côtés même si vous préférez la solitude parfois, mon livre vous accompagnera et sera votre meilleur compagnon. Merci à vous.