Interview écrite


4 mars 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Guillaume Plaisance, auteur de «75 propositions pour la Jeunesse de France»

Guillaume_Plaisance_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
Cet ouvrage vise avant tout à recouper les principales interrogations qui concernent les jeunes. Je ne souhaitais pas sombrer dans une technicité sans nom, c’est en ce sens que j’ai choisi d’écrire sous forme de propositions. Elles sont découpées en 11 catégories, que l’on peut regrouper en plusieurs thèmes : l’école, le collège et le lycée, l’enseignement supérieur et l’orientation, l’emploi, l’engagement, la prise d’initiative et la citoyenneté. Mes propositions ne sont pas abstraites ou utopiques, elles sont ancrées dans la réalité et réalisables. Certaines d’entre elles, polémiques, bousculent nos systèmes, quand d’autres seront probablement plus consensuelles.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’ai voulu concrétiser à l’écrit ce que j’ai pu faire et réaliser pendant six ans, puisque je suis engagé pour les jeunes depuis 2009. Autrement dit, j’ai voulu relancer les discussions autour de la Jeunesse, tout en démontrant qu’elle est encore pleine de ressources, capable de réfléchir sur elle-même et d’être force de propositions.

Pourquoi avoir choisi de l’écrire sous forme d’essai ?
Le choix de l’essai est risqué et difficile. Alors que je souhaite que mes lecteurs aient des profils extrêmement larges, tout un chacun n’a pas le désir de se plonger dans un tel type d’ouvrage. Mais j’ai cru nécessaire de formuler mes propositions au sein d’un essai, afin de les rendre claires, et surtout pour montrer qu’elles étaient issues de constats et besoins réels. Un roman m’aurait sans doute également permis de déconstruire les stéréotypes sur les jeunes. C’est pourquoi j’envisage sérieusement une telle entreprise.

Tout cela est-il tiré de votre propre vécu ?
Chacune de mes 75 propositions prend racine dans mes rencontres, mes expériences, mon quotidien parfois. J’ai souhaité, contrairement à certaines publications que l’on peut actuellement trouver dans la presse ou dans le monde de l’édition, produire du concret. Je ne cherchais pas à définir ma vision de l’enseignement ou de la République, même si elle doit naturellement transparaître en filigrane, mais plutôt à m’ancrer dans la réalité. Pour y parvenir, j’ai donc puisé dans ce que j’ai été et fait, en tant qu’élu lycéen et académique, associatif ou simplement étudiant et citoyen passionné par ce qu’est la jeunesse.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Tout un chacun peut y trouver un intérêt. Les jeunes y trouveront des arguments pour défaire les clichés et autres stéréotypes qui se sont créés autour d’eux. Les acteurs de notre société et de notre économie, je pense aux associatifs, aux entrepreneurs, aux chefs d’entreprises, aux citoyens, etc. verront dans cet ouvrage combien les jeunes ont envie d’agir et d’être à leurs côtés. Ce sont «seulement» des blocages institutionnels ou moraux qui les immobilisent. Ces 75 propositions s’adressent finalement à celles et ceux qui veulent mieux comprendre la jeunesse, (re)découvrir ce qui la meut (ou au contraire la fige) et comment la libérer, autrement dit tout faire pour qu’elle se déploie.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
J’ai voulu abattre un à un les préjugés sur les jeunes. Chaque stéréotype, chaque cliché est profondément blessant pour un jeune. Nous n’avons plus le droit de le réduire et de le résumer à des images préconçues par des penseurs qui ont oublié qu’ils avaient eux-mêmes été jeunes. J’ai aussi et surtout voulu démontrer qu’on les avait enchaîné à ces stéréotypes. Le niveau des jeunes serait décroissant. Regardons plutôt comment les politiques éducatives ont organisé ce nivellement par le bas. Les jeunes seraient désengagés. Observons plutôt que l’engagement est socialement construit pour certains profils. Et il en va de même pour tous les thèmes que j’aborde dans cet ouvrage.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Mon inspiration ce sont mes pairs, les jeunes ! Ceux qui précisément, consciemment ou inconsciemment, mettent à mal les carcans dans lesquels on tente habilement de les enfermer. Ceux qui agissent, innovent, inventent et produisent l’avenir. Ils sont de plus en plus nombreux mais tellement peu connus et reconnus. Je crois profondément en ces générations pour construire un monde nouveau et approprié. C’est la condition de notre réussite.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Après un ouvrage stricto-sensu scolaire publié chez Ellipses, me permettant d’accompagner les jeunes au bac et mes 75 propositions qui couvrent l’ensemble de mes domaines de prédilection, je souhaite me tourner davantage sur l’engagement, mieux comprendre ses tenants et aboutissants, et sans doute le rôle de l’enseignement sur celui-ci. J’envisage également de publier mon premier roman, ancré dans la vie bordelaise. Quelle que soit cette publication, les jeunes seront toujours au cœur de mes écrits.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Mes 75 propositions ne constituent pas un énième ouvrage normatif expliquant pourquoi la France va mal et comment elle pourrait aller mieux. J’y pointe certes des insuffisances et des incohérences, et tente d’y pallier. Mais cet essai est avant tout le moyen de (re)découvrir ses enfants, ses petits-enfants ou ses amis au filtre de 75 propositions pour leur simplifier la vie.