Rencontre avec Grégory Séraphin, auteur de  » Douceur Exquise « 

Grégory_Séraphin_Edilivre

Pouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage?  
Mon ouvrage est de la poésie. Il traite essentiellement du thème de l’amour, conçu dans sa dimension tendre, sentimentale et platonique. Il ne relate pas forcément des expériences vécues, mais plutôt des idéaux émotionnels et esthétiques, des fantasmes individuels.

Le titre, Douceur exquise, désigne-t-il métaphoriquement la femme ? 
Non. Le titre, Douceur exquise, évoque le sentiment d’amour éprouvé au contact de son âme sœur, lorsque l’homme et la femme fusionnent, cœur, corps et âme, dans un même élan de douceur et de romantisme. Il évoque l’émotion de tendresse ressentie quand l’amour est parfait, qu’il est vécu dans la réciprocité (aimer et être aimé) et qu’il débouche sur une extase. Il évoque l’idée d’un paradis intime, d’un éden originel – celui de la tendresse éprouvée, partagée, donnée et reçue – d’une bulle d’amour, à l’intérieur de laquelle les amoureux sont protégés des agressions du monde extérieur, et peuvent se connecter plus intimement et plus profondément à leur cœur. Il évoque ainsi la dimension sacrée de l’amour. Il évoque enfin un poème en prose, inclus dans le recueil, qui a précisément pour titre Douceur exquise (pages 119 à 123) et qui met en lumière la nécessité d’aimer plutôt que de travailler, et l’importance des sentiments purs et nobles plutôt que celle des actes mécaniques du quotidien. Le titre évoque enfin la dimension sublime et divine de l’amour qui, lorsqu’il est vécu idéalement, permet de vivre dans une dimension céleste, au-dessus des contingences matérielles et terrestres, au-dessus des soucis et des tracas quotidiens, pour introduire l’âme et le cœur dans le monde clos d’un paradis intime où la douceur d’aimer et celle d’être aimé remplace la violence du monde extérieur et permet de connaître l’illumination mystique, précisément par le canal de l’amour et par celui de la beauté.

Quel est le registre dominant de votre ouvrage: lyrique, pathétique ?
Le registre dominant de mon ouvrage est lyrique et émotionnel, sentimental, romantique et fleur bleue, et parfois légèrement sensuel et érotique.

La poésie est-elle particulièrement propice, selon vous, à la thématique sentimentale  
Oui. De tous les genres littéraires (poésie, roman, philosophie, théâtre, conte, nouvelle, etc.) la poésie est particulièrement propice à la thématique sentimentale, parce qu’elle a le don, à travers notamment l’articulation esthétique, musicale, rythmée, cadencée et rimée du langage, d’exprimer toutes les nuances les plus délicates de l’amour, la poésie étant le langage, par excellence, de l’amour et de la beauté. Son lyrisme verbal se prête idéalement au lyrisme de l’amour et au coup de foudre de la passion.

Depuis quand composez-vous des poèmes ?
Depuis l’âge de 10 ans.

Les thèmes de la femme, de l’amour sont-ils traités de manière optimiste dans votre ouvrage ?
Oui. Très. C’est une poésie plutôt gaie, joyeuse, optimiste, enthousiaste et candide. Il n’est pas du tout question, comme dans Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, par exemple, de rabaisser la femme et de la considérer comme vicieuse, pécheresse, amorale ou instigatrice du Mal (figure du Diable), mais bien au contraire, de louer la beauté intérieure et extérieure de la femme, considérée comme le reflet tangible de la beauté intangible de Dieu, et l’initiatrice à de grands sentiments et la médiatrice entre le monde terrestre et le monde céleste, comme celle qui délivre le salut et la rédemption par son don généreux de tendresse.

Quels poètes, français et étrangers, vous inspirent ?
Les poètes qui m’inspirent sont Jean Lahor et Charles Baudelaire essentiellement, et d’autres, moindrement: Stéphane Mallarmé, Paul Valéry, Philippe Godet, Sully Prud’homme, Alfred de Musset, Alfred de Vigny, Alphonse de Lamartine, Robert Desnos, Rabindranath Tagore, Félix Arvers, Théophile Gautier, François de Malherbe et Albert Samain.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Il faut lire plus de poésie. Il ne faut pas croire que la poésie est destinée uniquement aux rêveurs et aux esprits bohème: la poésie exprime le divin, et par-là même, elle est plus essentielle, plus sérieuse et plus profonde que la religion et que toutes les valeurs relatives, terre à terre et prosaïques de la vie. La poésie nourrit l’intellect, l’âme et le cœur; il faut donc la lire plus souvent pour mettre du baume dans nos existences qui sont souvent ennuyeuses, grises et ternes, et pour colorer ces existences de bleu et de rose. Il n’y a en effet pas que l’expérience empirique et le principe de réalité qui comptent dans la vie: il y a aussi… le Rêve.