Interview écrite


11 août 2015
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Ghislain Kamdem Koungang, auteur de «L’Implosion d’une République : Entre fatalité, impuissance et désillusion»

Ghislain Kamdem Koungang EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
Il s’agit d’un ouvrage de 200 pages qui passe en revue différents moments et aspects importants de la  vie politique du Cameroun. J’analyse le passage du flambeau du premier président  Ahidjo à  Paul Biya  pour montrer qu’en gros, il s’agit d’une rupture dans la  continuité à travers les modèles de  configuration  politico- économique et de gouvernance. La question du cumul des fonctions est également soulevée, l’ »opération épervier »  est évoquée pour aboutir au fait que son application est à géométrie variable et par conséquent échappe à toute logique rationnelle  pour épouser des contours obscurs dont seule la politique « tourbillon »  en connait et maîtrise les rouages. La course à la présidentielle de 2018 m’intéresse également pour voir comment Aminatou Ahidjo,  après s’être  opportunément rangée dans l’équipe du  RDPC (parti au pouvoir) va  peut être essayer de suivre sa propre trajectoire  ou  encore  comment Marafa Ahmidou Yaya, prisonnier de « luxe » pour certains, va participer  dans un sens comme  dans un autre à ce rendez-vous. Tout ceci nous réserve  beaucoup de suspense et  d’agitations.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
L’idée est de participer à ma façon à la construction d’une nation prospère. Et  il me semble que cela passe par  l’adoption  des comportements sains. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui au Cameroun  où les détournements de fonds publics, la corruption, la compromission,  le chômage des jeunes, l’embrigadement des hauts postes de responsabilité constituent les sports favoris d’une « caste » au pouvoir. Il est donc question,  comme le disait Jean Paul Sartre, de  dévoiler pour projeter le changement  et ce faisant en dénonçant ces tares qui plombent le développement politique  économique social culturel et en proposant quelques pistes de solutions.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Ce livre s’adresse aussi bien aux cercles politiques  qu’aux milieux universitaires  et même dirais-je à toutes les couches de la société puisque les sujets traités sont actuels et  par conséquent animent le quotidien des camerounais et au-delà ; certains pays africains se reconnaissant dans quelques  phénomènes exposés et explorés.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Celui selon lequel contrairement à ce qui se fait,  il faut associer intimement le dire politique au faire politique, passer des paroles aux actes. On ne peut par exemple pas dire combattre le chômage  alors qu’on attribue 2 postes à certains dont la compétence est soupçonnable  au détriment  d’autres, qui sont bien compétents  à au moins un poste.   Et aussi,  les jeunes ne doivent  pas baisser les bras face au verrouillage  actif de  la société, verrouillage par le haut j’entends, ils doivent se battre et tourner le dos à l’alcool aux drogues et autres corolaires de la paresse.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je suis universitaire, Doctorant en communication, j’ai fait de la science politique (Relations internationales) et en plus je suis journaliste et consultant et donc vous comprenez que mon champ d’exploration est  pluridisciplinaire  ou  vaste tout simplement. J’observe la société, j’écoute et je suis les hommes politiques  qui se meuvent dans la jungle qui est la leur et très souvent au-delà, les universitaires  qui produisent des connaissances, se contredisant parfois dans un foisonnement  d’idées plutôt denses et dynamiques aussi, bref je suis attentif à tout ce qui se passe dans la vie des camerounais et qui est susceptible d’intérêt  pour la communauté nationale et voire internationale puisque nous sommes dans un monde globalisé. C’est  donc fort d’avoir  identifié  des malaises qu’il m’est venu le besoin d’exprimer quelques uns à travers cet ouvrage.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Continuer dans la même lancée. Je suis pour l’instant en train  de réfléchir s’il faut continuer avec un nouvel essai  sur le phénomène des migrations  et les enjeux géopolitiques dans la sous région Afrique centrale sous le prisme de Boko Haram  ou alors me lancer dans l’exploration d’un nouvel horizon à savoir celui du roman mais toujours avec en toile de fond l’idée d’éveiller  ou de réveiller les consciences assoupies ou endormies. Je peux donc vous assurer que d’ici la fin de cette année 2015 voire début 2016, j’aurai achevé  d’écrire un 2e livre. Sauf si je suis pris par ma thèse de Doctorat dont le projet  a été validé  mais donc certaines pesanteurs subsistent du fait  des déplacements que cela impose et notamment leur coût. Ce qui va se régler j’espère.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je remercie tous les lecteurs et je leur donne rendez- vous sous peu avec soit un 2e essai, soit un roman. De toutes les façons ce sera quelque chose de très profond pour une Afrique qui bouge, qui reste debout au profit d’un monde  globalisé, d’un monde meilleur. À propos les lecteurs peuvent se manifester sur ma page facebook  « Les mots des Maux du Monde »  et exprimer leur choix en faveur soit d’un 2e essai soit d’un roman. Je vous admire tous, au revoir et à très bientôt !