Interview écrite


4 février 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Frei Drang, auteur de « Vies -1 Chrysalide »

 Présentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?Frei_Drang_Edilivre
Chrysalide est pour moi une tentative, je dis bien une tentative, de capturer l’essence de l’adolescence. Les joies, les peines, les troubles de l’âme surtout, mais aussi les troubles issus de la société. Mais, comme je l’ai souligné, ce n’est qu’une tentative, si celle-ci est réussie ou non, ce n’est pas à moi d’en juger.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
À vrai dire, ce livre flotte de manière imprécise dans mon esprit depuis le début du lycée. Cela ne m’a jamais quitté et si la forme finale est bien meilleure que toutes les esquisses précédentes, c’est bien à cause de l’obsession que m’a causé ce travail.

Pour quelles raisons avez-vous écrit un ouvrage sur la jeunesse et l’adolescence ?
Pour guérir certaines plaies je suppose. Et de manière parfaitement égoïste, pour ne jamais oublier ce que l’âge adulte tend à nous faire effacer de notre mémoire : la complexité, la difficulté et parfois la dangerosité de cette période qu’est l’adolescence.

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Aux lecteurs de le dire. Moi j’écris, lui juge.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Qu’il n’y a pas que les maux de l’autre bout du monde qui sont à soigner, nous avons aussi nos propres maux ici, camouflés à l’intérieur de nos sociétés. Ces jeunes en mal de vivre, qui ne savent plus où aller autre part que dans la mort, qui désespèrent en silence et abandonnent leurs vies avant de les vivre. J’aimerai qu’au travers de ce problème, on comprenne qu’il en existe d’autres, plus profonds, plus complexes, qui se font juges de nos sociétés et tuent nos jeunes. Car c’est le manque de compréhension entre les êtres qui nous foudroie. De même que l’incapacité de savoir parler de ces maux, l’impossibilité même parfois. Les êtres vivent côte à côte et ne se regardent pas. Pourtant on a tous les mêmes larmes, et celles déjà séchées des uns pourraient adoucir l’amertume de celles des autres. Et puis surtout, tout ce manque de compréhension, tout ce manque d’attentions a tout à voir avec le manque de temps. Et le manque de temps, souvent avec le manque d’argent… Ce qui me préoccupe, c’est que l’adolescence fait pour moi partie d’un problème politique bien réel. Jamais pris en compte. Qui oserait dire que nos jeunes désespèrent parce qu’ils voient toute la merde du monde que nous fabriquons ?

Où puisez-vous votre inspiration ?
Dans ma vie, comme tout écrivain. Dans ma vie, dans ce monde, dans les sentiments existants dans mon cœur et dans ceux que j’observe chez d’autres, dans ce que je sais et dans ce que je crois savoir, dans ce que je devine. Partout. L’inspiration est partout, pour celui qui sait l’aspirer, la respirer.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je viens de terminer mon premier manuscrit écrit en allemand nommé Sturm (« Tempête ») et compte me relancer dans mes projets en français dans un premier temps. Je vais donc commencer début janvier le deuxième tome de cette série Vies dont fait partie Chrysalide, qui sera intitulé Naissances. De plus, j’ai pour cette année un autre projet d’écriture nommé Lettres de ce siècle, qui, si je ne veux pas me risquer à en dire trop, tentera de décrire l’imbécilité de notre siècle, la perdition de l’Europe et de la démocratie.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Non. Il n’y a plus de dernier mot, il n’y a que des tonnes et des tonnes de mots qui s’évadent. S’échappent. Et sauront un jour, peut-être, faire réagir face aux maux du monde. Du moins je l’espère.