Interview écrite


26 mai 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec François Léger, auteur de « Les comptes de l’amour… »

Francois_Léger_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
Ce cinquième livre publié dans une maison d’édition, depuis l’année 1999, qui a vu naître mon ouvrage « Un pays à deux vitesses ? Morale des médias et moral des Français » – récompensé par le Prix de la Catégorie Essais de « La Renaissance française » en 2001 – est, curieusement, peut-être, une suite si on veut bien le lire en pensant à la société dans laquelle nous vivons depuis quelques décennies.

De fait, en prenant connaissance du titre de ce premier livre on comprend immédiatement que celui-ci présente deux parties puisque l’on parle de « morale » et de « moral », la première engendrant pour une grande part la seconde. Or, si ce premier ouvrage était un essai socio-économique, il était – de par cette démarche – également un essai sur notre société en cette fin de siècle. Or, ne voilà-t-il pas que nous sommes au début d’un nouveau siècle au sujet duquel André Malraux aurait dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas ». Je dis « André Malraux aurait dit » tout simplement parce que l’essayiste catholique André Frossard, dont le billet quotidien faisait les beaux jours du Figaro à l’époque où je fréquentais l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris, aurait expliqué que l’on aurait déformé – autant qu’on l’aurait citée – cette phrase en précisant : « Il ne dit pas < Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas >, mais « Le XXIème siècle sera mystique ou ne sera pas> ce qui n’est pas tout à fait la même chose »… Mais je ne vais pas me lancer dans pareil débat parce qu’il n’est pas le nôtre et parce que je n’ai pas la prétention d’être à la hauteur d’un André Malraux ou d’un André Frossard…

Non, je me suis permis cette entrée en matière tout simplement pour mettre en exergue le fait que la fin d’un siècle ne signifie malheureusement pas toujours un changement positif dans les mentalités et la façon de vivre d’un peuple quel qu’il soit… On attendait l’An 2000, un changement d’ère qui aurait pu nous apporter un changement d’air, un véritable partage d’une sorte de nouveau monde fait d’un peu d’humanisme avec un certain recul de l’égocentrisme… Mais alors que ce siècle va sur ses quinze ans, il nous emmène au contraire vers le « chacun pour soi », un « chacun pour soi totalement débridé » qui contribue à rendre notre société invivable et à détruire la moindre notion de Nation tant auprès des jeunes que des plus anciens.

On comprend désormais qu’une bonne partie de nos concitoyens n’aient plus le moral en se demandant constamment de quoi sera fait demain…C’est dire que la « morale » de notre pays – autant dans la politique que dans les affaires – conditionne beaucoup le moral de ses habitants et c’est en ce sens que ce travail constitue une sorte de suite au livre dont je vous parlais… Une suite dans le contexte général seulement puisque, ici, au contraire, je tente de montrer par des exemples vivants combien l’amour peut apporter de bonheur tout en soulignant que l’amour ne prend son sens que dans un véritable partage de sentiments et d’actes. Aimer ne signifie aucunement « posséder » et vous retrouverez souvent cette conception de l’Amour au fil des pages.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Voilà une question à laquelle j’ai partiellement répondu dans mes propos précédents…Dans mon premier livre de 1999 intitulé  » Un pays à deux vitesses ? Morale des médias et moral des Français « , j’expliquais la conception et la morale de mon métier de journaliste. La morale de mon métier ? Ne pas courir après le scoop contre vents et marées, mais être, selon la formule de l’un de mes confrères, « un journaliste méditatif ». Un journaliste méditatif est un homme noyé dans la foule, ayant la possibilité de faire des « scoops » et de se faire ainsi reconnaître comme l’un des « grands de ce métier », mais ayant pour morale de penser aux conséquences de ses écrits. Penser aux conséquences de ses écrits peut le mener par exemple à ne pas livrer en pâture aux lecteurs ce scoop, ce scoop qu’il sait être le seul à posséder, ce scoop qu’il sait qu’il détruirait un ou des êtres humains pour la vie alors qu’ils sont jeunes, responsables, mais pas coupables… Ce scoop qui l’empêcherait de se regarder dans la glace en se disant être un honnête homme.

Ce journaliste méditatif se fixe alors pour buts d’informer et d’aider les lecteurs à comprendre les événements et leurs conséquences. Si vous transposez cette conception de la vie au travail d’un écrivain, vous arrivez à quelqu’un traitant d’un sujet en mettant en exergue les avers et revers des choses… Ainsi en est-il de l’amour qui a bien des facettes et peut à la fois rendre malheureux ou emplir de bonheur, ce que j’ai voulu expliquer ici.

A quels lecteurs s’adresse votre ouvrage ?
J’avais envie de vous répondre ici comme Bernard Pivot : « A la ménagère de moins de cinquante ans » alors que cela est totalement faux… Un amour peut se former entre un garçon et une fille dès l’école et durer toute une vie, un amour de vacances peut durer quelques semaines et, surtout, un amour peut naître chez quelqu’un ayant perdu son conjoint… Ce n’est plus comme autrefois : « Si une femme perd son mari, elle ne doit surtout pas – surtout si elle s’est conduite avec amour avec son conjoint jusqu’à ce que celui-ci décède – surtout pas prendre le noir, fermer radio et téléviseur jusqu’à la fin de ses jours ». Cette conduite est d’un autre temps, la vie a évolué, les temps ont changé et chacun a le droit de vivre… Aussi cet ouvrage s’adresse aux gens honnêtes de 10 à 120 ans… en raison de la longévité de la vie en ce début de siècle…

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Voilà une question à laquelle je ne peux pas répondre : c’est au lecteur de le faire ! Encore que j’ai très longtemps réfléchi aux événements survenant ici ou là, que j’ai essayé de trouver le personnage qui convenait vraiment à une situation donnée… Je dirai encore que je pense avoir fait un livre honnête et non commercial : je veux dire par là que j’ai essayé d’y mettre un maximum de sentiments, de faire un livre dont je n’ai pas honte et que je trouve correct tant dans la forme que dans le contenu. C’est dire que j’ai essayé de faire un livre amenant le lecteur à la réflexion, en lui proposant les meilleurs sentiments que j’avais en rayon et non pas des situations scabreuses qui ne sont jamais sur mes rayonnages et qui, pourtant, font beaucoup vendre, semble-t-il… Mais, cela je ne sais pas l’écrire…

Quels messages avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Vous en avez déjà une idée, mais je tiens à ajouter ce message d’humanisme qui m’est cher… Arrêtons de penser constamment à soi, de vouloir avoir la plus belle voiture, la plus belle femme (désolé, mais cela existe !) et pensons un peu aux autres comme à ce voisin de palier octogénaire qui a bien du mal à remonter son sac de victuailles et qui serait si heureux que vous lui remontiez son sac…

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je n’ai pas de puits pour puiser mon inspiration, ni le tonneau de Diogène… Non, je regarde vivre les gens, je regarde peu la télévision dont les sujets présentés sont guère en phase avec ce que je fais, j’ai énormément d’échanges sur Internet, notamment par l’intermédiaire de mon blog. Je lis beaucoup et regarde énormément ce qu’il se passe autour de moi, dans la rue, dans les magasins, dans les supermarchés et j’écoute (pas aux portes mais dans les lieux publiques où les gens parlent comme s’ils étaient seuls) : l’homme et la femme sont une inépuisable source d’inspiration… Un fait, un geste curieux : je note sur un petit carnet et ensuite je cherche ce qui pourrait être intéressant…

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je ne donne jamais mes projets car j’amasse mes notes, je réfléchis et ce n’est qu’au bout d’un temps assez long (pratiquement lorsque j’ai mon livre en tête) que je me mets à l’écriture… Actuellement, je pense cependant à un éventuel second tome de « Les comptes de l’amour… » (tout dépendra de l’accueil fait à ce premier ouvrage par les lecteurs) et à un livre qui s’intitulerait peut-être « Ma vie avec la mort » qui aurait – vous vous en doutez – un côté quelque peu ésotérique tout en restant avec des situations de la vie d’aujourd’hui dans notre société… Ce dernier sujet est intarissable.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
J’ai toujours du mal à donner un dernier mot car j’ai encore beaucoup de choses à dire… Un mot cependant : lisez ce livre en y pensant sérieusement, je suis persuadé qu’il pourrait vous apporter des parcelles de bonheur et c’est tout ce que je vous souhaite sincèrement.
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