Interview écrite


29 juillet 2015
Posté par
Edilivre

Rencontre avec Francin Jean-Baptiste, auteur de « Entre l’amour et le mal »

Francin_Jean_BaptistePrésentez-nous votre ouvrage ?
«Entre l’amour et le mal» est un roman en partie autobiographique qui traduit les multiples facettes du quotidien des populations vivant en Amérique Latine. Il est particulièrement concentré sur la culture de la société haïtienne d’où je suis originaire. L’ouvrage met en évidence l’éducation qui occupe une place de choix dans la vie des gens. Hérités de la culture française, la majorité des parents considèrent l’éducation comme la seule issue de réussite pour leurs enfants. Qui dit jeunesse, dit amour, jalousie et mal, parfois.  C’est pourquoi ces thématiques, amour, sorcellerie et mal, se retrouvent au cœur de ce roman.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Il y a beaucoup de gens qui s’expatrient chaque jour vers différents coins du monde. L’Amérique Latine est l’une des destinations les plus convoitées par ces émigrés. En lisant un tel ouvrage, le lecteur se fera une idée nette sur le style de vie de ces différentes populations. Un exemple très simple est la gaguère qui est pratiquée aux Antilles françaises et pratiquement dans presque tous les pays de l’Amérique Latine. Le jeu de bésique, qui est très détaillé dans ce livre, en est un deuxième exemple de la culture des gens d’Amérique. Il existe encore un tas d’autres exemples destinés à éclairer le lecteur sur ces types d’activités qui font partie de la vie des gens de ces régions-là. En fait, ce livre représente une sorte de guide touristique pour le lecteur qui voyage ou qui émigre vers l’un des pays de cette partie géographique du monde.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Cet ouvrage s’adresse à toute la communauté francophone. Il s’adresse non seulement aux gens qui se déplacent vers ces populations-là, mais aussi à tous ceux qui veulent se régaler d’une lecture à mourir de rire. En effet, les scènes que j’y ai décrites tombent pour la plupart dans le domaine du réel. Mais le ton ironique de ce réel chez certains de mes personnages ne manque pas de chatouiller les nerfs.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Transmettre au monde entier la beauté cachée de mon pays et de toutes ces contrées d’Amérique. Ce que montre la télé représente bien souvent des images à des fins publicitaires pour des raisons douteuses. Ce livre tombe à pic. Edilivre l’a publié au moment exact où des gens ont besoin de comprendre la situation qui se développe actuellement en République Dominicaine, eu égard aux émigrés haïtiens. C’est une coïncidence: tout est expliqué dans ce roman, de l’embauchage au retour incertain des «braseros». De plus, j’y ai fait la description des habitats des gens, surtout ceux vivant aux villages. C’est incroyable l’accueil chaleureux qu’ils réservent aux étrangers.  J’y dépeins aussi le quotidien des citoyens, leur bonté, leur innocence, leur joie, mais aussi leur peine. Il y a la peinture des arbres qui embellissent le paysage. La beauté des jeunes filles y est aussi dévoilée. Par-dessus tout, l’amour, la sorcellerie et le mal y occupent une place privilégiée.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Comme je l’ai dit tantôt, «Entre l’amour et le mal» contient une grande partie autobiographique. Les souvenirs de ce que j’ai vécu dès mon jeune âge me poursuivent chaque jour. Certains font mal, mais la plupart d’entre eux sont riches en couleurs que j’adore et que j’aimerais revivre aujourd’hui. Voilà la verve de mon écriture. Dès mon plus jeune âge, j’ai aimé La Fontaine. C’est pourquoi le ridicule trouve sa place au sein de certains de mes personnages.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Edilivre travaille déjà sur le tome II de «Entre l’amour et le mal» et aussi sur mon deuxième livre intitulé «La Chronique du réel». Ensuite, je viens de finir mon roman en espagnol intitulé «Inmigrantes Encadenados por un Sueño» (Immigrants enchaînés par un rêve). Malheureusement, Edilivre ne publie pas encore dans d’autres langues. C’est peut-être un projet d’avenir. De plus, je travaille actuellement sur un quatrième ouvrage en anglais.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
«Entre l’amour et le mal» est un livre que je leur conseille à lire, même s’ils n’ont aucune intention de se rendre en Amérique. Les thématiques qui y sont développées représentent une synthèse fidèle des sociétés vivant dans ces contrées. Un autre aspect amusant est le ridicule de certains des personnages tel que le curé Lucien Lustongue. C’est quelque chose à ne pas rater.