Interview écrite


8 novembre 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Florence Bonifaci, auteure de  » Le Temps joue pour toi « 

Florence_Bonifaci_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Ce roman raconte l’histoire de Selena, qui, à l’aube de ses quarante ans, fait le bilan de sa vie, comparant les rêves qu’elle avait, enfant et adolescente, avec ce qu’elle a réalisé des décennies plus tard. Elle tente de comprendre pourquoi elle a échoué et découvre, par le biais d’une rencontre improbable, les liens entre l’histoire familiale de ses aïeux et sa propre vie.

Votre œuvre s’inspire-t-elle d’une expérience personnelle ?
Bien sûr ! J’ai moi aussi, comme tout-un-chacun, été confrontée à des difficultés de vie, erreurs de parcours, répétitions, et c’est un cheminement de questionnements qui m’a, un jour, poussée à assister à des conférences, notamment sur la psycho-généalogie. C’était il y a plus de dix ans. Cette discipline venait tout juste d’émerger. Pressentant une possibilité de trouver des réponses, j’ai entrepris aussitôt un grand travail de recherches généalogiques qui m’ont conduites à une fantastique découverte : l’existence de Saveria, mon arrière-arrière-grand-mère, et de son histoire de vie.
La chance, ou le destin, étaient au rendez-vous : sur un document de mise sous écrou, le jour de son incarcération, le 13 mai 1866, j’ai pu lire, noir sur blanc, sa description physique et beaucoup d’autres détails venant corroborer les témoignages oraux que j’avais recueillis. Ce récit lui rend hommage.

L ‘Italie, la Corse, la Provence, tous ces lieux de votre roman semblent avoir une importance particulière. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C’est exact. Ces trois lieux sont particulièrement importants. Ils configurent un périmètre géographique au sein duquel se joue et se rejoue sans cesse la même dramaturgie. Il apparaît ainsi que les liens tissés dans le lointain passé de Selena demeurent intacts dans son présent. Détentrice inconsciente de cette charge, elle va être mise en présence de personnes et de lieux en liens directs avec l’Italie, la Corse et la Provence, comme des signaux à décoder pour comprendre qu’elle revit des nœuds de vie venus du fond des âges et qui ne lui appartiennent pas.

Selena est un personnage attachant. Qu’est-ce qui vous plaît chez elle ?
J’aime son authenticité et sa capacité à entrevoir et à admettre une autre interprétation de sa réalité.
Et puis, Selena, c’est vous, c’est moi, c’est le lecteur, la lectrice, c’est l’être qui souffre et qui cherche, sans complaisance, à comprendre pourquoi. Son ouverture d’esprit va la sauver d’une catastrophe assurée. Elle a le courage, dans un premier temps, d’entamer une thérapie chez un psy, puis, sans qu’elle l’ait initié vraiment, elle va être confrontée à son très lointain passé. En toute humilité, elle en acceptera les messages ouvrant ainsi les portes de sa délivrance.

Votre roman traite de la psycho-généalogie. Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Parce qu’il est passionnant ! La psycho généalogie considère que, de la même façon que physiquement nous transmettons nos gênes à notre descendance, nous lui léguons également, intérieurement, de manière inconsciente, nos secrets, nos traumatismes, nos frustrations majeures, nos destins avortés et autres empêchements à vivre. Les dates sont particulièrement importantes, les répétitions d’événements et les prénoms aussi. Sans en faire une profession de foi obsessionnelle, cette démarche ouvre des voies nouvelles et des pistes de réflexion parfois pertinentes, souvent troublantes.

Que vous apporte l’écriture ?
Écrire, c’est partager. C’est ouvrir à l’autre son monde intérieur et le lui offrir en partage. L’écriture pour moi est un acte intime, précieux et fragile, qui relève du sacré, car c’est en se connectant au plus profond de soi que l’on peut laisser jaillir l’inspiration créatrice. A travers le partage par l’écriture, j’accède aussi à la joie simple et intense d’apporter quelque chose au lecteur, du plaisir, des réflexions, de l’émotion, etc.
Je ne sais pas vivre sans écrire, parce qu’écrire, pour moi, c’est vivre et aimer.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Un seul et unique mot, si galvaudé et pourtant si puissant : MERCI !
Merci à vous qui me lisez ! Votre confiance m’honore et grâce à vous je vis des moments extraordinaires. Ecoutez l’appel de « votre » Saveria, laissez-vous guider par les résonances de votre passé, il vous dira sûrement : « Le Temps joue pour toi ! ».