Rencontre avec Flore de Cathène, auteur de «Aubes de fiel»

Flore_de_Cathène_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
« Aubes de fiel » c’est l’enquête de la P.J, conduite par l’inspecteur Combe, sur les deux meurtres de deux adolescentes libertines et amantes.
Celle-ci révèle tout ce qui se conserve sous le sceau du secret : secrets de famille intergénérationnels, secrets de couple, dénis et tabous sur les mœurs.
Cependant les comportements de tous les protagonistes qui se sont affranchis des codes de conduite, au mépris de toute morale et des lois, vont être portés au grand jour.

Que signifie le titre ?
En raison de l’extrême jeunesse des acteurs du roman (victimes et prédateurs) qui sont à l’aube de leur vie : mais des vies qui se construisent sur des pratiques en marge des règles de moralité et de normalité, au demeurant ce sont des constructions sur des fondations malsaines.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
La motivation m’est parvenue à partir de mon désir d’écrire un thriller qui se démarque du genre classique et des clichés trop uniformes.
Je souhaitais apporter ma pierre à l’édifice, en calquant mon récit sur une réalité plus proche de notre époque. J’y relate la pratique de la sexualité de plus en plus précoce, chez les adolescents du XXIème siècle. Ils affichent franchement leurs choix et se délestent des interdits, au profit d’une liberté à part entière. Mais dans mon roman, cette liberté a un prix et il est fort !

À quel lecteur s’adresse cet ouvrage ?
C’est un livre grand public, mais public adulte.
Il comblera le lecteur en quête d’un renouveau dans le roman policier, où les situations les plus ambigües sont l’écho de celles existentielles rivées dans les non-dits.

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire un roman policier ?
Comme il en a été pour mes précédents romans, j’avais l’idée de ce récit inspiré par des brides d’histoires vraies, que j’ai fortement romancé. Et c’est tout naturellement que l’histoire basée sur deux crimes, est entrée dans le cadre de l’environnement judiciaire. L’inspecteur Combe y est omniprésent : il reçoit toutes les informations, ce qui a pour résultat, que parfois, les auditions des témoins se déclinent en confidences douloureuses, fautes d’avoir été lourdement conservées dans le silence.

Inceste, pédophilie, meurtres, d’où vous viennent toutes ces idées ? Comment avez-vous réussi à décrire tout cela dans un seul livre ?
L’inceste et la pédophilie (et même la porno-pédophilie) alimentent régulièrement les chroniques de la presse. Ce sont là des actes qui appartiennent à la triste réalité de la vie !
De par mon chemin de vie, j’ai été amenée à rencontrer les auteurs et les victimes de ces méfaits. Il m’a été relativement facile de relater certaines scènes.
Compiler les deux thèmes principaux du texte, inceste et pédophile, est le fruit de l’imagination : la plume transcrit ce que lui dicte l’esprit.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Je n’avais aucune idée préconçue en écrivant «Aubes de fiel». Toutefois si je devais formuler un message, il serait de prôner la clémence, et de bannir à jamais l’homophobie qui n’a aucune raison d’être. Le monde a changé et le cœur des hommes doit changer avec lui. La société actuelle est exposée à de nouvelles préoccupations sérieuses, alors laissons les hommes et les femmes s’aimer comme ils le souhaitent : l’amour reste l’amour quel que soit la forme qu’il prend !

Où puisez-vous votre inspiration ?
Elle est innée : je n’avais que 7 ans lorsqu’une de mes institutrices décela mon don.
J’ai des milliers de scénarii en tête, et tout le restant de ma vie sera insuffisant pour les coucher sur papier.

Quels sont vos projets ?
Un second policier, bien évidemment !

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je les invite à découvrir l’univers de «Aubes de fiel», une histoire , certes avec des mœurs en marge de la moralité qui sont le piment du récit, mais également beaucoup d’émotions de ceux qui se sont eux-mêmes blessés pour ne point s’être conformés à l’universalité .
L’universalité qui est tout à tour mortifère, mais celle justicière qui rejette et bannit la différence dès lors qu’elle ne s’inscrit pas dans l’ordre des choses établies.
« Aubes de fiel » se déroule au pied du massif des alpilles, dans le joli village de Maussane-les-Alpilles, là où l’accent du midi est convoyé dans le «Mistral».