Rencontre avec Ferry Toual Rarikingar, auteur de «Eh bien… l’heure est venue !»

Ferry_Toual_Rarikingar_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
Eh bien… L’heure est venue ! Parle d’un fait réel qui se vit quotidiennement dans les quartiers de la capitale du pays de Toumai. L’ouvrage retrace le déroulement d’un événement qu’une demoiselle, en l’occurrence Carine, a vécu. Elle était invitée à prendre part à une soirée de gala organisée dans un bar. En rentrant tard la nuit, son ami et elle sont victime d’une agression derrière le marché d’Abena. Le jeune homme, étant gravement blessé après une rude bataille, succombe à ses blessures ainsi que l’un des agresseurs. Cependant, plusieurs mois après, Carine retrouve le second agresseur au marché de Dembé. Le bandit, appréhendé, est détenu à la brigade de la place malheureusement Carine perd la vie sans jamais avoir eu gain de cause.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
La rédaction de cet ouvrage est donc la réalisation d’un rêve d’enfance, celui de devenir écrivain. Il constitue d’une part une arme pour lutter contre les agressions et les braquages récurrentes à N’Djamena et d’autre part une lettre d’information informant au reste du monde de la réalité que les tchadiens et particulièrement les n’djaménois ne cessent de vivre. Enfin, il est pour la population n’djaménoise une sorte de mise en garde face l’insécurité qui persiste dans la capitale.

Décrivez-nous les n’djaménois?
Population de la capital du pays de l’ancêtre de l’humanité, le nombre des n’djaménois est estimé à environ 993 492 habitants selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2009 (RGPH 2009). En 2012, ce nombre est passé à 1 092 066 habitants avec un taux de croissance de 1,92% sur une population nationale dépassant 11 millions de citoyens. Cette population regorge divers groupes ethniques du pays. En somme, c’est une population cosmopolite, composée d’une franche importante de la jeunesse aimant les soirées récréatives…. La plupart des n’djaménois croient en l’existence d’un être suprême c’est pourquoi on retrouve des musulmans, des chrétiens et d’autres. Les langues les plus parlées par les n’djaménois sont respectivement : l’arabe local, le ngambay, le sar, etc.

Cette histoire est-elle basée sur des faits réels ?
Il s’agit ici d’une nouvelle inspirée d’un fait social authentique qu’a vécu une n’djaménoise. Cependant, il est nécessaire de préciser que le dernier paragraphe est le fruit d’un travail imaginaire. C’est aussi pour l’auteur une manière de dénoncer à travers l’écrit l’inaction des autorités du pays contre ce fléau qui ne cesse de décimer la population tchadienne.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
D’abord aux amoureux de la lecture, ensuite à toute personne avide de s’enquérir de la réalité que vivent des gens dans une capitale qui aspirent à être la vitrine de tout un continent. Pour les autorités nationales, Eh bien…l’heure est venue ! est un récit d’interpellation pour renforcer la sécurité nationale afin que la population se sente bien protégée

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Le message que j’ai voulu transmettre est celui du combat dans la vie, ne jamais se baisser les bras face à tout ce qui nous arrive quel que soit le prix à payer. Comme dans l’ouvrage, Carine, a usé de tous les moyens pour que leur agresseur réponde de ses actes. De plus, ce livre a pour intérêt de montrer au tchadien lamnda que notre société actuelle est exposée à de nouvelles menaces sérieuses, alors unissons-nous pour mener un même combat ; celui des enfants d’une même famille.

Où puisez-vous votre inspiration ?
A la maison, dans la rue, au boulot, bref partout où je me trouve. Par ailleurs, pour ce présent ouvrage, j’ai puisé mon inspiration dans la matinée d’un weekend où j’étais allongé dans ma chambre. Un cousin était venu me voir avec des exercices de mathématiques pour que je l’assiste à traiter. Un bout d’un bon temps de discussion, j’avais reçu un coup de fil d’un ami qui m’annonçait la nouvelle de l’agression de son frère ainé par les bandits la veille. Cette nouvelle a attisé la flamme du feu qui réside en moi, c’est ainsi que j’ai pris un stylo, une feuille A4 vierge et je me suis mis à écrire. Ecrire pour dénoncer cet évènement tragique quotidien que vivent les n’djaménois.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Un roman policier en cour de publication, un recueil de poème et une nouvelle sont en écriture

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je les invite à lire cette nouvelle car c’est pour eux que je l’ai écrit. A mon avis, mettre à leur disposition un ouvrage qui dénonce les maux qu’ils ne cessent de vivre, serait le plus beau cadeau que je puisse leur offrir. Car à travers cet ouvrage, nul ne peut ignorer que la question de sécurité reste toujours précaire à N’Djamena.
Je leur souhaite une très bonne lecture.