Interview écrite


22 juin 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Evelyne-Patricia Lokrou, auteur de «Histoire noire (poésie)»

Evelyne_Patricia_Lokrou_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
Histoire noire est un recueil de poésie. Le mot «Noir» est l’élément clé, la base de la poésie. Il est au coeur ‎même de ce recueil. Le noir est souvent associé au mal, au malheur, à la terreur, à toutes sortes de choses négatives et certains de ces poèmes en parlent, mais le noir est aussi associé au beau, au rare, au précieux, etc…Ce recueil parle de souffrance, de peine, d’amour, de beauté, de rareté, de lutte,…

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Je vivais ( je vis encore) des situations difficiles et incompréhensibles; des moments difficiles. Je ne savais pas mettre les mots justes sur tout cela. Mon chagrin était grand, les blessures douloureuses, les attaques persistantes…Puis un jour, j’ai commencé par écrire le poème «Fille noire», en pensant à mon pays, à ma naissance, à mes parents, à ma mère, à mes soeurs, à ma Famille, à mes rêves (avoir des enfants, une petite famille à moi et tout le Bonheur de ce monde terrestre). Puis, j’ai décidé d’écrire un autre poème, puis un autre…. le mot noir, c’est tout de suite imposé à moi, comme une évidence. Parfois, j’avais deux versions d’un même poème (deux interprétations, d’une même douleur exemple : «Peau noire Belle pourtant Dans le soir oublié (ou Dans le soir oubliée)»).
Petite confidence, j’ai écrit «pensées noires» dans le métro, pendant une longue attente.

Pourquoi avoir choisi d’écrire sous forme poétique ?
Lorsque j’ai écrit « Histoire noire », le premier mot que j’avais en tête, c’est justement le mot noir. ‎J’ai donc décidé d’inclure ce mot dans tous mes textes. La poésie me semblait le meilleur moyen d’exprimer ma pensée. C’était ce genre artistique qui m’inspirait d’ailleurs à ce moment-là. Aussi, les mots venaient beaucoup plus facilement avec la poésie.

Que signifie ce titre ?
« Histoire noire », c’est d’abord le titre d’un poème. Histoire noire, c’est une histoire dure, sombre, indésirable, mais c’est aussi l’histoire de la personne noire, en général et de la femme noire, en particulier. ‎C’est toute la souffrance de l’être noir, souvenir de sa douloureuse souffrance historique (l’esclavage) qui par moment semble encore actuelle.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
« Histoire noire », comme tous mes livres, s’adresse à tous, hommes, femmes, enfants, adolescents, adultes, vieux, sans aucune distinction. Toute personne qui aime la poésie et l’être humain. Cependant, je le dédie tout particulièrement aux hommes et aux femmes noirs, également aux immigrants, aux réfugiés et aux étrangers, qui souffrent encore dans le monde pour toutes sortent de raisons, mais surtout qui souffrent de l’injustice, de l’incompréhension, de l’ignorance, de la cruauté et de la méchanceté de certaines personnes, et du Racisme sous plusieurs formes inhumaines. Si seulement, les gens se souvenaient de « Les enfants de la liberté» et, de la belle phrase touchante et juste de Marc Levy « on est tous l’étranger de quelqu’un», peut-être traiteraient-ils l’autre comme un alter ego, un autre soi ?

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Je voulais tout d’abord mettre les mots sur ma peine, comprendre ma souffrance, me retrouver (retrouver la petite fille noire et ses espoirs); revenir à mes racines. Et par la suite, j’ai décidé de traduire le chagrin de plusieurs ou du moins, je me suis rendu compte que c’était le cas en terminant les poèmes qui m’ont tous bouleversé et qui me bouleversent encore. Les Hommes, sur le papier, sont tous égaux, mais la réalité est parfois plus triste, honteuse, révoltante, décourageante,…Je voulais demander d’être un peu plus sensibles à la différence ( d’avoir du coeur) et de se mettre un peu à la place de l’autre. Nous désirons tous la même chose: LE BONHEUR. Mais, je voulais aussi dire à tout un chacun de ne pas renoncer aux rêves qu’il fait, malgré la difficulté et les obstacles de toutes sortes.

Où puisez-vous votre inspiration ?
‎Il est vrai que je lis beaucoup. C’est normal pour un écrivain (pas trop à mon sens et, en ce moment, pas du tout ( je dois m’y remettre (rire)), mais je traverse ce que l’on appelle des périodes artistiques fortes (soit c’est l’écriture, la peinture ou, en ce moment, la sculpture). Et, cela est plus précis avec l’écriture ( j’ai ma période nouvelles (quoique pour la nouvelle, je m’oblige parfois à écrire) ou ma période poésie (pour Histoire noire, j’étais dans ma période poésie (ce devait être un hiver, je crois). Je dois vous confier que Histoire noire a été publiée en 2007, avec d’autres textes, dans mon recueil « L’Autobus de village et autres nouvelles. J’ai repris les droits depuis. Merci.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Pour une fois, je vous répondrai, je ne sais pas encore. Je vais continuer à écrire, c’est certain, mais quoi ? Dieu seul le sait !

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Merci à vous, lecteurs et lectrices, ami(e)s, famille, connaissances, parents, soeurs, frère, beaux-frères,…vous tous qui me lisez, achetez mes livres et me suivez avec plaisir. Merci pour vos compliments, vos commentaires constructifs, vos encouragements, …
Merci à mes éditeurs et en particulier à toute l’équipe des Éditions Edilivre, pour votre patience, votre confiance, votre travail,… Merci de m’aider à devenir un meilleur écrivain ! A la prochaine fois, je croise les doigts, si Dieu le veut. Un dernier merci à Dieu, sans qui tout ceci (cela (rire)) ne serait pas possible ! Dieu nous bénisse ! Merci.