Interview écrite


24 février 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Dahri Hamdaoui, auteur de « Tamgoust, face à l’éternel »

Dahri_Hamdaoui_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
‘’Tamgoust, face à l’éternel’’ est une nouvelle que j’ai rédigé en 2007. Tamgoust est un nom imaginaire que j’ai donné à un petit hameau, bien réel lui.
Au début de l’été 2003, la peste s’est déclarée dans un village situé sur le flanc d’une colline, à une trentaine de kilomètres au sud de la ville d’Oran. Cela m’avait intrigué et, sitôt levée la quarantaine, je m’y suis rendu. Là, j’ai vu que ce village était un concentré de tous les problèmes que vivait le pays : chômage endémique, pauvreté, insalubrité, abandon de la principale activité économique : l’agriculture, absence d’écoles et de routes, isolement, etc. Sur le retour, j’ai remarqué sur la plaine, à quelques encablures du hameau, le long de la route nationale, des usines de conditionnement de boissons gazeuses et j’ai compris où partait l’eau qui manquait cruellement dans les fermes et hameaux voisins. J’ai réalisé que j’avais là tous les ingrédients pour écrire quelque chose.

Pensez-vous que ce jeune homme avait raison de rompre la quarantaine et de d’échapper à la surveillance des autorités ?
Bien sûr que non. Je ne suis pas assez fou pour lâcher un pestiféré dans la nature, même dans un récit de fiction. Mais il n’échappe pas à la surveillance des autorités comme on peut le penser. Le moyen utilisé est beaucoup plus subtil et… Radical.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Pour montrer la duplicité, l’arrogance et le mépris ostentatoirement affichés par nos responsables…

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
À tous ceux, qui comme moi, sont sensibles à la misère du monde. Et pour les autres aussi, dans le secret espoir de faire germer ce grain d’humanité que nous avons tous en nous.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
J’ai toujours été un révolté. À fleur de peau. L’injustice, surtout, me révulse. Si j’ai un message à transmettre ce serait celui-ci : fraternité, justice et vérité.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Le monde dans lequel nous vivons nous offre à chaque instant des sujets d’écriture. Cela foisonne de partout : il suffit d’ouvrir les yeux.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je suis en train d’écrire 2 romans et un recueil de nouvelles. Le premier roman est quasiment fini, il fait suite à un premier roman autobiographique intitulé ‘’Galette d’orge et huile d’olive’’, publié ici en Algérie et relatant mon enfance durant la dernière décennie de la colonisation. Je compte le republier en France. Le titre provisoire de cette suite est : ‘’Cova laoua, j’avais tous les jours quinze ans’’. Quant au deuxième roman encore en chantier, je pense le finir avant la fin de cette année. ‘’H(h)istoire(s)’’ sera probablement le titre que je lui donnerai. J’ai déjà achevé 3 nouvelles du recueil qui en comptera une douzaine.
À mes moments perdus, je taquine la poésie. Disons que je fais les yeux doux à Calliope.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je rêve d’un monde de paix, d’un monde apaisé, d’un monde où l’amour est roi et où la fraternité n’est pas un mot creux. Je suis un idéaliste, un incurable idéaliste. Écrire reste pour moi la seule voie de salut. Je crois en la force des mots.