Interview écrite


3 mai 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Christine Leroux-Garet, auteur de « Des pas sous le sable »

Présentez-nous votre ouvrage

L’histoire met en scène tout d’abord deux personnages :

– Lucy, discrète, passionnée de livres anciens, au tempérament d’artiste, qui travaille dans une librairie dans laquelle elle a échoué un peu par hasard.

– Deborah, qui est devenue son amie, très charismatique, belle, gourmande de l’existence, extravertie, à qui tout réussit. Elle a fait entrer Lucy dans son milieu, a apporté beaucoup d’originalité et d’imprévu dans sa vie un peu trop réglée. Lucy est en admiration devant elle, car elle représente son autre visage, tout ce qu’elle n’ose pas, ce qu’elle n’est pas. Mais en réalité, elle connaît peu de choses de Deborah.

J’ai volontairement laissé planer une sorte de flou dans l’enchaînement des événements. Il y a des allées et venues entre le présent et le passé, et des plongées dans celui de Lucy pour expliquer ce qui a lié les deux amies.
Assez rapidement, il se produit un drame qui va constituer le point de départ, l’élément déclencheur de toute la suite de l’histoire.
Va entrer ensuite en scène un troisième personnage essentiel, Mona.
La fragilité, la détresse de cette femme, vont faire resurgir dans l’esprit de Lucy son passé très lourd, douloureux, et des traumatismes dont elle ne s’est jamais guérie.
Non seulement, elle va petit à petit se perdre dans la personnalité un peu trouble de Deborah et s’identifier à elle, en découvrant la similitude de leurs blessures et de leurs failles, des aspects inconnus de sa vie, mais elle emmènera le lecteur dans sa quête quasi désespérée, celle de tenter de rattraper son propre passé.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Le sujet me tenait vraiment à cœur, je crois qu’il était quelque part au fond de ma tête depuis longtemps, mais j’ai eu beaucoup de mal à mener l’histoire à son terme.
C’est aussi un roman sur la fin de vie.
Je parle souvent de cette étape de la vie dans mes histoires, d’une manière ou d’une autre. Ou de l’expérience de mort imminente, et ce grand mystère qui survient dans l’esprit à ce moment-là.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

À tous. Je pense que le lecteur peut s’identifier facilement à la quête de Lucy qui tente de trouver un sens à sa vie, il peut s’en approprier son déroulement, ses émotions, ses rebondissements.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

C’est une histoire sur la fulgurance de la vie parfois, la fulgurance des sentiments, d’une amitié, des choses qu’il nous faut attraper au vol parce qu’elles nous font peut-être « grandir » et peuvent bouleverser irrémédiablement le cours de notre existence. Des sentiments si rapides qu’ils prendraient peut-être des années à exister dans une vie alors que parfois, tout peut s’accélérer et être réellement intense en quelques mois seulement.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Comme je l’ai dit, cette histoire-là était dans un coin de ma tête depuis un certain temps déjà, mais j’avais besoin de la mûrir. D’où les nombreuses pauses que j’ai faites dans l’écriture.
Une chose est certaine, c’est que j’ai très mal vécu la fin de vie de ma mère, surtout ma propre impuissance, mon sentiment de fuite devant l’inévitable, devant l’insupportable, l’inacceptable. Sa disparition m’a dévastée, et mon passé n’est sûrement pas étranger à l’élaboration de ce roman.
Dans mes trois livres, par petites touches, il y a eu des allusions à mon histoire, mes souvenirs, mes blessures.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

J’attends que l’inspiration vienne. Je préfère faire une pause pour le moment. Trois livres en trois ans n’est déjà pas si mal… !

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Comme la narration de ce roman est assez classique, j’espère juste réussir à accrocher le lecteur assez longtemps pour le mener jusqu’à la fin, qui est certainement bien différente de celle qu’il peut imaginer, et qui remet tout en question…