Interview écrite


10 mars 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Christel Sydneh Jihouan, auteur de «Entre l’esprit et la matière»

Christel_Sydneh_Jihouan_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
«Entre l’esprit et la matière» est un recueil d’histoires instructives très intéressantes où se mélangent amour, tragédie et spiritualité. Il constitue le deuxième volume des mêmes types d’histoires et il s’inscrit dans le même registre que le premier.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Je n’étais pas parti au départ pour écrire un livre. Dans la ville où je vis (Cotonou), il y a une chaîne de radio qui avait dans sa grille des programmes une émission nocturne sur laquelle des gens envoyaient des histoires de toute sorte pour être lues. J’étais un auditeur fidèle de ladite émission. Au début, j’écoutais l’histoire des autres et un jour je me suis dit pourquoi ne pas en proposer une ? Et tout est parti de là. Le retour très positif des auditeurs ce jour-là (les sms, les commentaires en direct, les appels téléphoniques, les réactions…) a été l’élément déclencheur.
Leurs demandes de nouveaux textes, leurs encouragements… voilà comment je me suis mis à écrire. Et plus tard, j’ai décidé d’en faire une compile des huit meilleurs et de les publier pour un deuxième volume. Ce sont les auditeurs qui m’ont suggéré cette idée de partager les couleurs de la vie au Bénin au travers d’histoires, avec le reste du monde. Une idée très positive dans le fond, que j’ai fini par épouser.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
J’écris essentiellement sur l’amour, la mort (deux émotions extrêmement agréables et extrêmement violent et affligeant à la fois), et la spiritualité qui sert de pont pour relier le tout, pour comprendre ces phénomènes, les voir sous d’autres aspects tout en gardant sa neutralité. J’écris pour les lecteurs qui apprécient le mariage entre la littérature et la spiritualité.

D’où vous vient votre passion pour la psychologie ?
Mieux que la psychologie, c’est la spiritualité qui me passionne réellement parce qu’elle permet d’apprécier tous les faits de l’existence d’un point de vue transcendant, de se situer au-delà des jugements de valeur et des considérations mentales, parce qu’elle livre des connaissances assez peu communes. Et la discipline scientifique qui s’en rapproche un peu au plan académique, c’est les sciences sociales ou humaines telles que la psychologie. D’où ma formation universitaire.

Quel est, selon vous, le lien entre l’esprit et la matière? L’un peut-il prendre le pas sur l’autre ?
Partant du principe selon lequel nous vivons dans un univers de dualité, je trouve que les deux se complètent et l’un ne peut exister sans l’autre. Mais s’il faut apprécier la question tout en se rapportant au titre de l’ouvrage, il s’agit d’une histoire d’amour entre deux adolescents, avec l’un qui perd la vie par imprudence dans un accident de circulation. Après sa mort dans son corps physique, le jeune garçon a continué par apparaitre à sa bien-aimée de sorte que l’idylle entamée n’a pas connu de fin même au-delà de la mort. Et ils en sont arrivés même à concevoir.
Le jeune garçon dans l’histoire symbolise l’esprit parce qu’il continue de vivre même après sa mort, mais dans un autre corps où sous un autre aspect ; et la fille elle, représente la matière parce qu’elle vit toujours dans un corps physique.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
La particularité de l’humain est qu’il apprend surtout par expérience, par erreur. L’existence est assez courte pour vouloir faire toutes les expériences soi même afin d’en tirer des leçons. Apprenons des erreurs des autres pour pouvoir vivre une vie plus épanouie. D’où mon invitation à un partage multiculturel, une redéfinition de soi et un élargissement de nos horizons personnels.
Même si on y voit par endroit du parti-pris dans les histoires racontées, c’est beaucoup plus dans l’esprit de rendre compte de nos réalités socioculturelles que je les ai écrites ; partager le quotidien des membres de la société dans laquelle je vis.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Tout m’inspire dans l’environnement dans lequel je me déplace, je vis… Je ne force pratiquement pas l’inspiration pour écrire mes histoires. Je raconte juste le quotidien de mes semblables, leurs rêves, leurs peurs, leurs regrets, leurs espérances. Ce qui fait souffrir l’autre m’inspire très facilement. Et quand je suis piqué, je me sens émotionnellement disponible pour «décharger de sa peine», la partager avec le reste du monde.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Après les deux volumes d’histoires écrites aux couleurs du Bénin, j’ambitionne d’aller découvrir des sociétés autres que la mienne, me laver l’esprit, aller au contact d’autres cultures et les apprécier avec des lunettes tout aussi différentes.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Infiniment merci pour leur soutien et leur présence sur la page Facebook. Qu’ils continuent de partager le lien du livre avec d’autres afin de le leur faire découvrir aussi. Je n’oublie pas les visiteurs du site «Edilivre». Une fois encore merci.