Interview écrite


12 janvier 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Chloé Jussac, auteur d’ « Un matin aux odeurs de chocolat »

Chloé_Jussac_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
Un matin aux odeurs de chocolat retrace le parcours de Justine, une adolescente de quinze ans, qui se questionne sur son histoire familiale quand elle découvre un poème de sa mère qui lui était destiné. Tout au long du récit, Justine comprend les moments forts de son histoire et de celle de ses parents.

Est-ce que l’histoire de Justine est un peu la vôtre ?
Michel Houellebecq a répondu à une question similaire d’une manière intéressante : « Je ne sais plus qui, dans mes romans, relève de l’autobiographie. La frontière entre la vie et l’œuvre est floue. ».
Pour mon roman, c’est un peu la même chose. Il s’agit bien d’une fiction, de la vie de Justine. Mais j’ai exploité des événements, des sentiments de ma propre vie. Cela n’est finalement pas très important à mon sens. Ce qui l’est en revanche, c’est que le lecteur puisse s’identifier aux personnages et à leur histoire.

Votre profession vous a-t-elle aidé dans l’écriture de ce roman ?
Ma profession a un lien direct avec l’écriture de ce roman. De formation éducatrice spécialisée, j’ai accompagné ces dernières années des familles en grandes difficultés. J’ai croisé le chemin de personnes démunies dont le parcours est souvent chaotique, des histoires de vie qui les ont fragilisé. Lors du cheminement que font Justine et Marie, sa mère, j’ai eu en mémoire des témoignages d’histoires de vie que j’ai mêlé à la fiction et à des souvenirs qui me sont propres.
Ce roman retrace le parcours qu’ont vécu beaucoup de ces personnes, des histoires de vie autant atypiques qu’ordinaires.

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
J’ai écris ce roman en évitant de penser à d’éventuels lecteurs car la pression aurait été trop importante et m’aurait réellement empêché d’écrire ce que je voulais transmettre.
Avec un peu de recul, je pense qu’ « Un matin aux odeurs de chocolat » ne cible pas un type de lecteur précis. Au contraire, il s’adresse à un large public : des lecteurs en quête de leur propre histoire tout comme Justine ou d’autres souhaitant simplement découvrir une histoire de vie. Sensibles aux liens qui se nouent entre parents et enfants, aux tourments que peuvent vivre grand nombre d’adolescents et jeunes parents.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Dans ce roman, j’ai abordé un sujet qui me tient particulièrement à cœur, l’adolescence.
Cette période complexe, la quête d’identité, des origines. L’histoire de Justine aborde cela. Elle cherche à savoir qui elle est, d’où elle vient. Dans cette période d’incertitude, l’adolescent se questionne et se retrouve souvent démuni dans la société et auprès de ses propres parents avec qui les liens sont, à ce moment fragiles, décousus.

Où puisez-vous votre inspiration ?
En plus de mon parcours professionnel qui est une source incroyable d’inspiration, c’est grâce à mon goût pour la lecture que je suis parvenue à poser des mots pour construire petit à petit mon propre roman.
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire. J’accumule chez moi, au fur et à mesure des années, des livres par dizaine un peu partout dans mon appartement. Je parcours régulièrement les rayons des librairies à l’affut de nouveaux auteurs à découvrir et partage ces découvertes avec mon entourage, qui me le rend bien.
C’est dans tous ces romans aux univers différents que j’y ai puisé de l’inspiration, surtout dans la structure du récit et de sa syntaxe. Je suis particulièrement sensible à certains ouvrages autobiographiques. J’aime particulièrement certains auteurs dont Delphine DeVigan et Annie Ernaux qui parviennent, à mon sens, à transmettre beaucoup d’émotions.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
J’ai besoin d’écrire en ne pensant pas à un prochain roman pour ainsi laisser « disparaître » des idées, mûrir une autre histoire. Pendant cinq années, ce roman a été construit puis déconstruit. Il y a eu des périodes d’écriture intense ponctuées de longues pauses. J’ai beaucoup douté. Je vais donc me laisser le temps et laisser aussi aux lecteurs le temps de découvrir ce premier roman publié,  » Un matin aux odeurs de chocolat  » . Mais j’ai déjà d’autres idées en tête que j’aimerais partager. Peut être, écrire la suite du parcours de cette jeune adolescente Justine !

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Edilivre a publié récemment sur les réseaux sociaux une phrase que j’ai beaucoup apprécié et qui conclue bien cette interview :  » Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui  » .
J’ai été soutenue et motivée par beaucoup de personnes de mon entourage lors de l’écriture et de la publication du roman. Je suis heureuse à ce jour de partager cet ouvrage et remercie d’ors et déjà ceux qui vont le faire exister par la suite.