Rencontre avec Charles Devillaine, auteur de « Le Commis »

Charles_Devillaine_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
C’est une sorte de chronique romancée sur le milieu et les usages d’une période heureusement révolue ; le milieu c’est la paysannerie au début des années soixante, et les usages ce sont les rapports entre un commis de ferme et ses employeurs qui n’avaient à l’époque, que très peu évolués depuis le XIXe siècle.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
D’abord pour témoigner. Longtemps j’ai cru être un cas isolé, alors j’ai cherché à savoir si d’autres avaient connu la même chose, et petit à petit je me suis rendu compte au fil des témoignages que j’ai pu recueillir, que bien d’autres ont vécu des situations similaires, voire pire. En écrivant ce roman et au travers des vicissitudes de mon personnage, j’ai voulu rendre hommage à tous ces parias oubliés de l’histoire de la paysannerie française.

Le personnage de Dominique vous ressemble-t-il ?
J’ai abondamment pioché dans mes souvenirs, et en cela Dominique ressemble beaucoup à ce que j’ai été, et qui m’a rendu très méfiant envers ceux dont les intentions n’apparaissent pas très claires ; j’ai pris de l’assurance et je ne me laisse plus manipuler.

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
À tous bien évidemment, et surtout à ceux chargés d’orienter des jeunes gens au moment du choix d’un métier ; même si l’agriculture a beaucoup évolué en bien, d’autres secteurs d’activité profitent encore de l’enthousiasme et de l’ignorance pour ne pas dire de la naïveté des postulants pour leur faire avaler n’importe quoi. Vu de l’extérieur on ne perçoit que quelques facettes d’un métier, ensuite, une fois qu’on y a la tête et les deux pieds dedans, la réalité est souvent tout autre, et surtout bien moins reluisante, seulement quand on s’en rend compte il est souvent trop tard.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Mon père disait : « Après la pluie vient toujours le beau temps ». Ne jamais se décourager, dans les situations les plus difficiles on finit toujours par trouver une solution, même si elle paraît utopique il faut la tenter. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Ces mots d’Antoine de Saint-Exupéry sont bien la raison de toutes les audaces et le moteur de tous les courages.

Où puisez-vous votre inspiration ?
J’ai une autre passion : l’image, le complément naturel de l’écrit. En tant que photographe, j’ai pris l’habitude de regarder autour de moi et d’essayer de voir ce que l’on ne voit pas forcément au premier coup d’œil. Alors je regarde et j’observe ; la vie fourmille de sujets intéressants. Lorsqu’une situation m’interpelle, je m’y attarde un peu et si elle m’inspire, j’écris et si je peux, j’en fais une image.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Tout d’abord une suite des aventures du commis ; elle est pratiquement prête et je pense la proposer pour publication dès que possible.
J’ai aussi en chantier trois autres romans dont un qui me tient particulièrement à cœur ; l’histoire de la longue souffrance des « malgré nous » de la drogue ; un retour de vacances qui tourne au drame ; une accusation ignoble et l’impossibilité de prouver son innocence.
Un autre livre sur les difficultés d’une femme à concilier sa vie privée et affective avec sa vie professionnelle dans une société plus machiste qu’on veut bien le laisser croire ; écrit à la première personne, ce n’est ni triste ni sombre, mais au contraire pleins d’optimisme et de situations cocasses.
Enfin l’histoire d’un homme qui, à l’heure de la retraite, passe en revu son parcours de vie.
J’ai aussi sous le coude quelques nouvelles que je proposerais sous forme de recueil. Et encore beaucoup d’idées.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
À mi-chemin entre le noir et le grand-guignolesque, ma seule ambition est de faire passer un bon moment de lecture. Si c’est le cas, vous m’en verrez ravi.