Interview écrite


27 mai 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Céline Blavit, auteur de  » La tombe de l’oubli « 

Céline_Blavit_Edilivre

Pouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Le roman était à l’origine un projet de faculté et rien d’autre, absolument pas destiné à être publier. J’avais pour mot-clé “Merlin”, ce qui définissait mes propres intérêts dans le domaine littéraire. J’ai continué l’écriture de l’œuvre durant deux ans tout en me basant sur les recherches bibliographiques précédemment menées. Ceci m’a permis d’élaborer l’hypothèse d’une quête sur Merlin se déroulant au XXIe siècle, prenant vie sur plusieurs sols étrangers soit le Canada, la France et l’Angleterre. Trois personnages partagent le devant de la scène, tous les trois désireux de découvrir l’emplacement de la tombe du personnage supposément légendaire qu’est Merlin. C’est aussi tout un cheminement sur le rôle que tient encore aujourd’hui cette supposée invention littéraire du Moyen Âge. Je remets en cause les faits fondés et les idées préconçues pour insérer Merlin dans un contexte problématique et complexe de la croyance et de la magie de nos jours.

S’agit-il de votre premier roman ?
Oui, tout à fait.

Quel est le thème dominant de votre ouvrage ?
Je dirais qu’il y a plusieurs thèmes dominants dans cette création, mais si je devais en démarquer un, cela serait le thème de la croyance. Il faut avoir une grande foi au rêve et en la magie pour se lancer en quête d’un être de légendaire tel que Merlin.

Quels en sont les registres principaux ?
Il y a le registre didactique puisque le livre porte sur la littérature et sur Merlin. Je dirais aussi que le merveilleux et le fantastique se côtoient puisqu’il y a une ambiguïté entre les phénomènes qui surviennent autour de la quête : c’est sans cesse une remise en question entre la magie et le surnaturel. Mais comme je voulais que les personnages soient aussi crédibles que possible, j’ai accentué les registres dramatique et ironique dans lesquels ils évoluent, car tout être humain confronté à des situations inexplicables s’en trouve ébranlé.”

Cherchez-vous à renouer avec la légende arthurienne à travers vos écrits ?
Bien que je sois une « mordue » de tout ce qui touche la légende d’Arthur, j’ai essayé de couper cette partie-là trop connue pour exploiter la partie plus cachée du personnage récurrent qu’est Merlin. Cependant, il était nécessaire de faire des liens directs avec le mythe premier donc, en un sens oui, j’ai inséré des traits particuliers à la légende arthurienne, à commencer par Tintagel, Dinas Powys et quelques noms de personnages.

A quoi le titre, La Tombe de l’oubli, fait-il référence exactement ?
En réalité, le titre est rempli de signification. Il y a le sens logique qui désigne tout simplement la quête de la tombe de Merlin par Andréa Russo, Catherine Tessier et Meven Loguivy ; mais il y a aussi la partie ‘prophétique’ qui renvoie directement à la fonction première de Merlin, celle d’être prophète. Le titre justifie en somme la quête d’Andréa qui veut renouer avec ce personnage de la littérature, donc raviver son souvenir, mais créer aussi un lien direct avec la mémoire. Le roman tourne autour de cet axe de l’oubli, les souvenirs et la mémoire. Tantôt collective, tantôt individuelle, elle joue un rôle essentiel dans notre perception du monde. Imaginons un instant qu’un être supposément imaginaire soit en réalité un personnage historique ayant vécu il y a des siècles de cela, détenteur d’une mémoire oubliée, cachée à l’abri des regards indiscrets…Quelles seraient les conséquences d’une telle découverte ? Un mort oublié qui détiendrait une mémoire complète de ce qui fut, est et sera. Voilà en somme toute la portée du titre.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Osez croire et bonne lecture !