Interview écrite


19 février 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Bayakhouba Koita, auteur de «Direct 24 heures»

Présentez-nous votre ouvrage en quelques mots?
Je vous remercie de m’accorder cet entretien. C’est donc un thriller d’un genre nouveau avec un style urbain, libre, un style narratif particulier mais en même temps un texte sérieux, logique et cohérent. Il a pour thème le principe du non-respect de la loi, de la morale, des mœurs par certains habitants de la capitale mauritanienne. Des valeurs qui, en vérité, ont toujours été bafouées dans le pays, mais depuis quelques années, j’ai comme une impression que les gens se « libèrent » et osent. Alors, j’ai préféré en faire une fiction qui se déroule en 24 heures réparties en 24 chapitres, d’où le titre « Direct 24 heures ». À travers les secteurs courants de la vie quotidienne à savoir : la famille, l’école, l’administration, les juridictions, l’État et la société civile. J’essaie de montrer la banalité de la réalité.

Pourquoi avoir condensé votre roman en 24h de la vie quotidienne de Nouakchott?
Parce-que l’histoire du livre s’y déroule tous les jours, en fait. Au début, j’avais une dizaine de titres proposés qui sont les suivants : « 24h à Nouakchott », « Nouakchott Vu Du Ciel », « Les Hors-La-Loi », « Un Jour Un Livre », « Aujourd’hui », « Un Jour Comme Les Autres », « Sans Loi ni Foi », « Les Révoltés », « Priorité Au Direct » et « Les Rebelles ».
Mais j’ai fini par choisir « Direct 24 heures » parce que j’ai estimé qu’il était plus direct. De plus, j’étais et je suis toujours fan de la série américaine « 24 heures chrono ». J’ai voulu m’inspirer de ce court-métrage pour illustrer mon travail. C’est un thème différent bien entendu, mais j’ai essayé de garder le concept original, c’est-à-dire ce personnage central, principal qu’est Jack Bauer pour la série et Omar Fall pour mon livre. Alors, je ne considère pas ce rapprochement artistique comme du plagiat ou de la copie, évidemment pas du tout. J’assume pleinement mon attachement pour cette série, cependant j’ai fait ce livre aussi parce que personne ne l’avait fait jusqu’ici, c’est-à-dire un roman dont l’histoire se déroule en 24h, en 24 chapitres, en temps réel. C’est une première mondiale et j’en suis fier. D’ailleurs, je compte faire plusieurs tomes de «Direct 24 heures».

Est ce que votre roman vise à dénoncer ce qu’il se passe dans cette ville?
La réponse est clairement oui. Il y a une hypocrisie dans notre société et chacun à sa part de responsabilité. Ceux qui créent les lois et censés les faire respecter sont ceux-là mêmes qui foutent le bordel. Nouakchott vit ce que j’ai écrit tous les jours. Ce serait une erreur de penser le contraire. Aucune ville dans le pays n’est néanmoins épargnée. C’est partout pareil hélas.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage?
Le message est très simple. Nouakchott n’est pas la ville innocente qu’elle paraît être.
Il faut que de l’intérieur comme de l’extérieur de nos frontières, on puisse avoir une idée d’une journée type dans la capitale à travers ce petit livre. C’est ça la missive. La corruption, le crime, l’hypocrisie sont monnaie courante dans notre société. C’est tout simplement ce que j’ai voulu dénoncer par ce bouquin.

Où puisez-vous votre inspiration?
C’est une question très importante. Ma première source d’inspiration, en tout cas en ce qui concerne ce roman, c’est la série « 24h chrono » incarné par le redoutable Kieffer. Ça a été l’élément déclencheur de ce bouquin même si j’écrivais depuis l’âge de 12, 13 ans des textes, des pièces de théâtre. Cette série est à mon sens la meilleure du siècle. La thématique, la production, la réalisation, les scénarios, les scènes… Tous sont d’une qualité exceptionnelle. Mais pour répondre à votre question, je dirais que de manière générale, je suis inspiré par un peu tout : par le cinéma donc, par quelques romans qui m’ont marqué, je pense à «L’aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane, «Sous l’orage» de Seydou Badian, «La peste» d’Albert Camus entre autres. Ce sont là des livres qui me rappellent mon adolescence. Je lis actuellement beaucoup les romans de Paul Cleave et de Linwood Barclay, ce sont des auteurs monstres. Mais dans le fond, hormis quelques livres techniques, je ne suis pas un grand lecteur. C’est pourtant une bonne source d’inspiration.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage?
Le premier public concerné est naturellement le public mauritanien, je dirais même le public nouakchottois puisque le roman parle d’eux, de leur quotidien. Mais il s’adresse également à tous les amateurs de littérature, de roman policier. Vous savez, lire un roman c’est comme suivre un film, même si on n’est pas concerné par l’histoire, on peut quand même s’intéresser à l’histoire. Et le premier but d’une œuvre artistique, d’une fiction c’est de faire évader le public, le lecteur. En ce sens, le livre s’adresse à tout le monde. Par ailleurs, je ne cache pas qu’il est très engagé et très politique.

Quels sont vos projets d’écriture dans l’avenir?
Ils sont nombreux et très variés mais pour l’instant, je veux défendre « Direct 24 heures » le plus longtemps possible et essayer de toucher un large public. C’est un travail difficile mais nécessaire pour un novice en écriture, en tout cas en publication ! Avant de préparer ou de sortir d’autres projets, il faut d’abord faire vivre ceux qui sont aboutis. C’est ce que je fais. Je vais faire ma promo pendant quelques mois encore. Pour le reste, ça viendra naturellement avec le temps.

Un dernier mot pour les lecteurs?
Je vous invite à aller chercher « Direct 24 heures » le plus vite possible ! Il est plaisant, cash, autonome et direct ! J’espère que vous apprécierez le concept. Les autres tomes vont suivre. Je vous remercie du soutien. Ce n’est que le commencement.
Merci Edilivre.
Merci à tous.