Interview écrite


18 octobre 2016
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Angel Wild, auteur de « Vivre et en mourir »

Angel_Wild_EdilivreOù habitez-vous ?
J’habite en Charente Maritime, sur la côte Atlantique.

Présentez-nous votre ouvrage
Vivre et en mourir est un recueil de poésie issu de mon Journal, de juillet 2015 à mars 2016. Il recueille mes grands traits de pensée du moment sur ce que je pense de la vie, des femmes, de la vie quotidienne, de la tolérance, l’humilité, la mort, l’amour, la promiscuité, le talent, l’adversité, la souffrance, la religion… Quelques conseils précieux peuvent apporter du réconfort. Ils sont la preuve d’une vie de patience, un amour fou de supporter l’autre, et de vivre quitte à devoir toujours recommencer ; avec des importances : l’abandon du passé, au sens de la mémoire et des objets ; un dépouillement parfois nécessaire à la continuité de vivre, même moralement, c’est à dire être présent toujours, avec ceux que nous aimons, qui sont le plus important, le seul trésor que nous ayons, et que nous aurons vraiment eu. Et cette grande aventure qui est tout le temps pour nous : l’avenir.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Ce recueil est né de la discussion avec mon voisin, qui venait parfois prendre le thé. Nous avons eu de grandes conversations, qui me permettaient de dire ce que je pensais de la vie, et je ressentais comme une libération de moi. Parfois j’écrivais mes pensées et mes dires, après qu’il fut parti. Nous discutions longuement. Ma sagesse, et mes regards sur le Christ, lui sont exprimés avec ferveur, et tout ce que vous avez pu lire dans ce recueil. Car je considère que la conversation est extrêmement saine, entre voisins, pour sortir de soi, s’exprimer dans la communication. Ce sont des tranches de conversation vives, de mes dires dans ces conversations, que j’ai ensuite recueillies. Ce qui donne ce recueil un peu baroque, mélangé, où les thèmes se retrouvent quelquefois, car nous y revenions, comme dans les longues conversations. Ainsi est né mon deuxième évangile (après l’Evangile Indien, qui date de 1995), qui, je pense, sera mon seul évangile. L’évangile de la conversation. Où j’ai enseigné à mon voisin, de façon vive, ce que je pensais de la vie.

A quels lecteurs s’adresse votre ouvrage ?
Mon livre s’adresse à tout le monde. Mais particulièrement à ceux qui cherchent du réconfort, la stabilité d’une pensée saine, de l’espoir, une sorte de justice, ou du moins de la consolation. A tous ceux qui ont envie de vivre, au risque d’en mourir, pour qu’ils acceptent ce contrat de l’inéluctable : que la vie est un combat, même moral, et que rien n’y est gratuit. Pour la plupart d’entre nous, qui sommes petits au sens social, c’est parfois une traversée d’épreuves, et pour ceux qui souffrent, une longue patience. Ceux qui cherchent la sagesse ne la trouvent pas dans l’orgueil ni les illusions de la grandeur, ou la dignité qu’on ne leur accorde pas, qu’on ne leur accordera jamais. Il faut savoir être digne de soi, de ce que l’on est, et trouver son chemin, et même progresser, vivre, sans avenir défini. Dieu fait beaucoup pour nous, parfois de nous ; Dieu n’est pas absent de notre quotidien. A ceux qui aiment le parfait langage, et cherchent la confirmation du grand trésor de notre temps : la langue française. A ceux qui connaissent la valeur des choses, tellement dénigrée. A tous ceux qui ont envie de lire un évangile d’un inconnu, d’un français, libre d’idées toutes faites et hors normes en mode de pensée ; pour vous ramener à la vie, à travers, parfois, les grandes paroles que nous avons retenues du Christ.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Un message de bien-être et de paix, mais aussi de foi ; une fois sûre, établie dans la pratique de vivre. Un message fort d’espérance en l’avenir, et de confiance en la vie présente ; comme pour faire ressentir que la présence de soi est la plus forte et la plus sûre, et que ce qui compte, au-delà de la dignité, c’est l’optimisme, et la joie de vivre ; en tout, savoir surmonter les épreuves par l’esprit, par la pensée et la liberté de penser, par le respect de soi, la valeur sacrée de soi, le sentiment de soi, et de ce qui est le plus grand trésor de l’homme : l’autre, et ce que l’on vit avec l’autre. Sans parler de ces conditions de vie peu enviables, des persécutions que l’on peut subir quotidiennement, des épreuves que Dieu nous envoie, et qu’il nous faut surmonter, ni de l’odeur nauséabonde de la précarité, de laquelle il faut s’extirper à tout prix. Des abysses et fossoiements de la guerre quotidienne du mal aimé, qui doit tout le temps grandir en lui, pour élever sa pensée au-dessus des marres à cochons et des champs dévastés de sa vie. De toute la misère humaine, où parfois nous vivons, ou semblons vivre ; du combat pour ne pas tomber. De la joie qui peut nous habiter toujours, lorsque l’on sait ce qu’est la joie, en soi-même. Ainsi qu’un message à ma maîtresse, lui disant de ne pas regretter le passé. Nous fumes séparés. Mais je ne reviendrai pas vers elle ; ce dont elle semble rester sourde. Car j’ai choisi mon mode de vie il y a des années : je vis dans la sagesse, avec mon chien, qui est tout ce que j’aime.

Où puisez-vous votre inspiration ?
En ce qui concerne ce livre, dans mes propres forces. Mes forces de sagesse et de paix, mes forces d’amour, et mes colères, mes opinions sur certaines choses de la vie. Mais, comme je l’ai dit, surtout dans le dialogue, dans le besoin de partager, de m’exprimer ; sollicité sans cesse par mon entourage proche et citadin, je fus souvent dans le discours, sur ma pensée, sur les autres, sur les faits et les choses ; sur ce qui m’émerveille, sur ce qui vous importe, sur ce que l’on peut trouver de liberté à ne rien écrire ni penser, ou à n’en penser pas moins… ou à penser différemment de tout ce qui est connu de penser. Je suis une grande porte ouverte à l’infini, comme celle de nos pas, où toute considération est déjà dépassée, où les paroles ne sont plus, et qui n’a pas de manuscrits. Je suis la liberté d’être vivant, et je souhaite le plus possible partager cet événement avec tout le monde que je pourrais délivrer des lourdeurs de l’hypnose sociale et des mords du dogme, et des bâts imposés de la politique et du tabac moral.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Ne pas prendre ce que je dis pour une parole pure, mais en prendre sa part à soi, si l’on en veut. En attendre plutôt du réconfort et de l’espérance, pour mieux vivre, en étant averti des dangers de l’existence.