Interview écrite


8 août 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec Alexandre Pageault, auteur de « Sfumato »

D’où vous vient votre passion pour l’écriture, et le théâtre en particulier ?
Pour expliquer comment j’en suis venu à écrire des pièces de théâtre, il faut savoir avant tout que je suis comédien. J’ai travaillé dans bon nombre de pièces classiques et contemporaines, et c’est donc tout naturellement que je me suis lancé dans l’écriture d’une première pièce (« Error Error (Qui est dans ma tombe ?) ») qui me permettait surtout de me donner un bon rôle. Sans aucune prétention, je l’ai fait lire à des amis et, grâce à leur enthousiasme, nous avons pu la jouer plusieurs dates sur Paris. Conforté par ce fragile succès, je me suis lancé dans l’écriture d’autres pièces. Ecrire des pièces a été, à la base, plus une nécessité qu’autre chose. On peut parler de passion bien sûr mais c’est surtout l’envie de créer mes propres histoires, mes univers qui m’y a poussé.

Présentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
« Sfumato », le titre de la pièce, veut dire « fumée » en Italien. Léonard de Vinci a été le précurseur de cette technique picturale originale. La Joconde est née du sfumato ; aucune ligne n’y apparaît, tout baigne dans un flou harmonieux : le paysage jusqu’aux contours de la belle. Ce mot est utilisé ici pour accentuer ce côté flou qu’entretiennent les personnages entre eux : Léonard avec son assistant Salaï, Lisa avec son mari Francesco. En apparence les relations sont claires, bien établies mais attendons que la fumée, le « sfumato » se dissipe pour qu’apparaisse la vraie réalité sans fioriture. Nous sommes en 1503, à Florence, et Léonard s’apprête à créer son chef d’œuvre : « La Joconde ».

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Je cherchais un nouveau thème de pièce et je ne sais plus comment je suis tombé sur le tableau de la Joconde. Je m’y suis alors intéressé de plus près. Et il y avait pas mal de zones d’ombres sur la façon dont il avait été créé. Il n’y a pas si longtemps encore, on ignorait comment Léonard avait exécuté son fameux sfumato et nous ne savons toujours pas pourquoi cette commande n’a jamais été livrée à son propriétaire ! Il y avait tant de questionnements que j’ai pu fantasmer une histoire là-dessus ; Créer une intrigue tout en gardant la réalité historique. J’ai aussi voulu donner mon point de vue personnel et y mettre beaucoup de mes interrogations de l’époque sur le couple, la fidélité, les non-dits, les façades, ce que l’on décide de montrer et ce que l’on garde pour soi, paraître ce que l’on n’est pas forcément…

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
« Sfumato » s’adresse à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à Léonard de Vinci. L’imaginer dire ce texte, ces phrases, et vivre ces situations peuvent être assez jubilatoire. La pièce peut être aussi un bon début pour connaitre de manière ludique la vie de Léonard, car même si la pièce se joue sur un temps bien défini, de 1503 à 1506, on y retrace par bribes son passé avec ses échecs et ses succès.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Montrer que ce génie de Léonard était, tout simplement, un homme comme les autres et que Lisa Del Giocondo n’était pas qu’une figure dans un tableau mais bien une femme avec des désirs et des secrets. Une « desperate housewives » avant l’heure ! Je tiens à dire que c’est une comédie !

Où puisez-vous votre inspiration ?
Partout ! Tout est bon à prendre ! Des expériences que j’ai vécues, de mon entourage, des histoires que j’entends autour de moi… Mon imaginaire est fainéant. Il a besoin sans cesse d’être boosté pour en sortir quelque chose.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Des pièces et encore des pièces ! Je termine une trilogie en ce moment. Les deux premières pièces sont écrites ; la dernière est en train de l’être. Cela se passe au moyen-âge et le ton donné est plutôt parodique mais je suis assez à l’aise dans ce registre et j’espère que cela intéressera un jour quelqu’un de la monter. Sinon je le ferais moi-même ! Car le vrai plaisir d’écrire des pièces, en plus de les voir éditer, comme « Sfumato », c’est de les voir jouer réellement sur une belle scène de théâtre. J’espère que cela arrivera.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Merci à vous d’avoir suivi cette interview. J’espère que cela vous aura donné envie de lire « Sfumato » et que vous y prendrez beaucoup de plaisir. Prenez soin de vous et n’hésitez pas à me laisser quelques commentaires sur le site d’Edilivre.

A très bientôt.