Interview écrite


23 mai 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Alain Desgris, auteur de « Franc-Maçonnerie et politique »

Présentez-nous votre ouvrage

Ce livre traite des conditions dans lesquelles la Franc-Maçonnerie et ses différents courants sont entrés en politique. Il précise notamment, en les citant, les hommes et les femmes « maçons(es) qui agirent au cours de la Révolution française ainsi que les actions perpétrées par des frères contre d’autres frères, d’autres sœurs au nom d’un idéal plus personnel et révolutionnaire que maçonnique. Le livre a aussi pour objet d’expliciter l’idée selon laquelle la raison, voulant primer sur l’idée religieuse, permit la naissance de mouvements politiques comme le socialisme et le communisme que Gracchus Babeuf réinitialisa en France avec la « conjuration des Égaux » copiant certaines des idées égalitaires de Platon et des anabaptistes.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Cela fait plus de 40 ans que j’étudie différents livres touchant aux grandes civilisations. J’ai aussi étudié, sans ordre précis, les Pères de l’Église, les courants hérésiarques mais aussi des archives et ouvrages référents maçonniques souvent laïques et agnostiques. Je parcoure aussi le monde à la rencontre de chevaleries monastiques d’Orient et d’Occident, de « frères et de sœurs », de cultures différentes trouvant, dans certaines de leurs visions symboliques, matière à réflexion. Ces rencontres amènent souvent à des dénégations à la fois dans l’idée d’émergence d’une unique pensée maçonnique et chevaleresque mais permettent aussi de se dépêtrer de paradoxes que la maçonnerie fait toujours naître en faisant prononcer des serments « à façon » sans que le cœur n’y soit associé. Cela donne souvent lieu à différentes perversions où les uns vont jusqu’à spolier voire tuer d’autres frères et sœurs par le fait avéré que le chevalier, le frère ou la sœur maçon(e) n’est plus qu’un être vidé de sa substance intérieure et relié par une chaîne sans fin à celui qui avait, depuis les origines, mentit et prévariqué.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

Ce livre s’adresse à toute personne, intéressée par la Franc-Maçonnerie, en recherche de vérités. Il se veut éclairant et démontre, qu’à chaque soubresaut de l’histoire, des Frères furent de ceux qui initièrent directement ou indirectement voire modifièrent les contextes politiques d’un pays en « reconstruction ». Enfin il démontre que tous les courants contestataires religieux ou politiques furent issus de brillants philosophes qui œuvrèrent à certaines émancipations intellectuelles où le bien côtoyait d’autres aspects plus subtils et plus noirs…

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Ma passion, mon engagement m’ont amené à fendre la carapace maçonnique et trouver ce qui a fait son essence. Ce travail fait référence à l’histoire, au comportement des hommes qui usèrent de leurs pouvoirs pour étayer des idées plus ou moins subversives et qui, par une adhésion à la Franc-Maçonnerie, laisseraient une empreinte dans l’Histoire.

Où puisez-vous votre inspiration ?

L’inspiration naît essentiellement de la recherche fut-elle infime… Les documents amenés par « hasard » par des religieux, des Frères maçons m’amènent ainsi à analyser et vérifier les plus petites affirmations, les plus infimes évocations. Mes recherches sur des sites extérieurs à la France amènent eux aussi à des découvertes parfois fortuites, souvent réfléchies qui engrangent la réflexion, malaxent les idées et débarrassent l’ensemble de ses scories et de ses recopies pour enfin redécouvrir l’idée originelle ou la plus approchante afin d’en faire un élément à ajouter à l’édifice…. La différence est que je ne taille pas la pierre, je la polie pour lui redonner sa brillance originelle et éviter, par des coups maladroits, d’en faire quelque chose de différent.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Je travaille sur plusieurs projets dont deux, bien que très différents, me tiennent particulièrement à cœur. Le premier explicitera la « genèse maçonnique » et l’emploi du bon usage des mots pris dans leurs sens étymologiques et datés dans leur premier emploi. Ensuite je poursuivrai la saga d’Enguerrand et d’Aliénor plongés dans une épopée de nature médiévale. Le conte supplantera alors l’Histoire quoiqu’en y puisant de solides appuis.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Ce livre est essentiel à la compréhension des mouvements d’une époque où une droite monarchique et religieuse s’opposait alors à une bourgeoisie plus laïque. Il explicite, par une construction maçonnique parfois désordonnée des XIII° au XX° siècle, les mouvements politiques actuels et la fin d’idéologies obsolètes quoique paradoxalement « naturelles ».