Interview écrite


20 mai 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec Abdou Elfattah Ali, auteur de « Fragments survécus de vies »

Abdou_Elfattah_Ali_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
Il est difficile de présenter en quelques mots des fragments. Cependant, on peut dire que ce livre est l’histoire d’une famille (famille au sens africain du terme), qui pourrait être celle du narrateur. Mais à travers cette histoire, je fais ici un double procès de l’institution familiale et de la société comorienne. J’ai essayé de mettre à nu ses travers et son mode vie qui étouffent l’individu. Mais il y a aussi un peu d’autodérision…

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Les raisons qui nous poussent à écrire sont diverses. Mais je crois qu’on écrit d’abord pour témoigner et apporter de la lumière à son peuple. Mais l’écriture est née aussi d’un désir de liberté. Du coup, je pense avoir écrit pour me libérer. D’ailleurs quand j’ai appris que mon livre allait être publié, j’ai senti que je venais de me décharger d’un fardeau. Je me suis dit « enfin !  » et j’ai pris également, comme tout le monde, conscience de ma finitude. Ecrire est pour moi une façon de m’immortaliser.

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Je crois qu’un auteur ne doit pas avoir de lecteur spécifique. Mon livre n’est ni un manuel de mathématiques qui s’adresserait aux amateurs des sciences exactes ni un livre de droit qui interpellerait les hommes de droit. Mon livre est une critique des disfonctionnements de la société. Du coup, il s’adresse au lecteur de toute nature.

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Parler des qualités de mon livre me paraît un peu vaniteux. Je préfère laisser mes lecteurs en faire leur propre jugement. Je sais seulement que, étant croyant, la perfection est divine.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Je voulais dire aux jeunes de ne pas se mettre à genoux devant une tradition obsolète qui les opprime et qui assombrit de plus en plus leur avenir. Je leur demande de s’indigner. La pire des attitudes est la résignation et seule la révolte est noble.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je puise mon inspiration de mes lectures, de mon milieu familial et social, mais aussi de ma vie, il faut l’avouer. S’agissant de cet ouvrage, pourquoi le cacher, je me suis beaucoup inspiré du livre d’Albert Memmi,  » La Statue de sel « .

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
J’ai du mal à avouer mes projets de peur d’être déçu. Mais je crois que je vais continuer à écrire. Je me suis déjà engagé, me dégager sera difficile, bien que je ne le souhaite pas.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
J’espère qu’ils ne seront pas déçus à la lecture de mon livre. Qu’ils sachent que j’ai écrit d’abord pour faire réfléchir avant de faire plaisir.
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