Rencontre avec… Thierry Gerdolle

Thierry Gerdolle, vous avez déjà à votre compte deux ouvrages publiés chez Edilivre, La Goldo et  J’ai cinq ans, j’ai vieilli. Quels sont les sujets abordés pour chacun de ses deux livres ? Pour la goldo, (mot argotique que l’on utilisait pour parler de la gauloise brune) se sont mes propres souvenirs d’enfance, romancé en parti, au moment  des vacances. On parle souvent des difficultés des ouvriers de la sidérurgie lorraine dans les années 60/70, moi je voulais parler de cette famille heureuse de gouter au congé payé à la mer, de weekend  au bord de l’eau, de réunion de famille autour d’une cueillette aux champignons. «  Quitte à manger des patates à l’eau », la devise familiale. J’ai cinq ans, j’ai vieillis, c’est autre chose. Mon métier (aide soignant) m’a inspiré cette nouvelle. J’ai toujours pensé que nous n’avions pas une seule existence rectiligne avec un début (la naissance) et une fin (la mort), mais plutôt des tranches de vie correspondant à des tranches d’âges, l’enfance, l’adolescence, le monde adulte avant et après quarante ans et enfin la vieillesse. A travers ce personnage, on avance dans sa vie, on grandit avec lui, on se projette et,  peut être,  se reconnaitre en lui un moment ou à un autre. Un petit clin d’œil à la vieillesse et la prise en charge de la personne âgée en structure d’accueil que je trouve déplorable en règle générale. Certains préfèrent imaginer pour se détacher de la réalité, et d’autres puiser dans leurs souvenirs pour retrouver une réalité perdue. A quelles familles pensez-vous appartenir ? C’est clair que pour le livre la goldo, j’ai puisé largement dans mes souvenirs. Pour  j’ai cinq ans, j’ai vieillis même si cela reste une fiction totale, ma vie personnelle m’a beaucoup aidé et inspiré. Mon prochain roman sera purement imaginaire alors il m’est difficile de savoir dans quelle famille me classer. Quels sont les thèmes qui vous inspirent le plus ? Le fantastique, l’enfance, la famille, l’injustice, les paysages. D’où vous est venue votre passion pour l’écriture ? La lecture d’abord ( merci Marcel Pagnol) ! J’aime beaucoup lire, raconter des histoires. J’inventais des histoires à mes enfants au moment du coucher. Puis les aléas de la vie ont fait que je me suis retrouvé seul pendant quelques années. Alors j’allais faire de grande balade dans la montagne noire (Tarn), je marchais pendant des heures et j’ai créé dans ma tête ce personnage Tristan (premier roman). Il a muri jusqu’au jour où j’ai eu envi de l’écrire. Nouvelle femme, nouvelle vie, nouvelle passion. Je l’ai fait lire à ma fille qui a beaucoup aimé et m’a conseiller de l’éditer. Et voila c’est parti comme ça. J’ai le virus puisque j’écris maintenant presque tous les jours. Que recherchez-vous en publiant vos livres ? D’être lu bien sûr ! Et surtout, j’adore quand les gens me parlent des personnages. Voir leur perception est parfois troublant. Il n’y a rien de plus beau que de partager une histoire. Pensez-vous que la personnalité de l’auteur transparaît dans son style d’écriture ? J’en suis convaincu. C’est un moyen d’expression très personnel. Quand je fais la correction de mon livre parfois plusieurs semaines après l’avoir écrit, je remarque souvent dans quel état d’esprit  j’étais à ce moment là. Un troisième roman en préparation ? Oui. Une intrigue policière avec pour toile de fond un voyage dans les fjords de Norvège. Un homme d’âge mure partit dans une quête, un enfant malheureux, des paysages magnifiques, mes thèmes sont réunis pour faire un bon livre j’espère. De toute façon, pour moi l’essentiel c’est de prendre du plaisir à l’écrire. Je me définis pas comme un écrivain ou un littéraire mais plutôt comme un raconteur d’histoire.          

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