Rencontre avec… Isabelle Degras

  Isabelle Degras, avec Le chant de Cerise vous signez votre premier ouvrage chez Edilivre. Quel est le thème abordé ? Le thème principal est le lien mère enfant, dans ce qu’il a de mystérieux et d’indicible. J’ai voulu faire parler un fœtus depuis le ventre de sa mère. Puis, l’enfant naît et son aventure humaine se poursuit dans le monde du langage et au gré de l’expérience de la vie. Il m’importait de montrer combien la mère est également affectée par son enfant, tant psychologiquement que physiquement. J’avais envie de parler aussi des sectes et de l’intégrisme qu’elles véhiculent. Elles sont légion aux USA où j’ai vécu et plutôt bien tolérées tant qu’elles se conforment aux droits civils. Quel message souhaitez-vous  transmettre à vos lecteurs ? Je n’ai pas de message particulier. Seulement des émotions à partager, des situations, même fictives, à vivre par le biais des mots. J’aime proposer des pauses à mes lecteurs, leur offrir la possibilité de se pencher un peu sur des thèmes qui parlent au plus grand nombre d’entre nous comme le lien avec nos enfants, la place du mythe dans notre quotidien, le temps d’une histoire. Et puis la possibilité de voyager à bon compte en terre étrangère, puisque l’histoire se déroule dans le sud-ouest des USA. Y a-t-il une raison particulière qui vous a poussé à écrire sur la relation entre l’enfant et la mère ? Evidemment que ma propre expérience de la maternité y est pour beaucoup. Chacune de mes grossesses, l’arrivée de chacun de mes enfants m’ont fait traverser des moments que je qualifierai de  transcendantal. On est confronté au sens que l’on donne à sa vie et à la responsabilité immense que nous avons dans le fait de mettre un bébé au monde. J’ai également ressenti cette urgence à vivre quand on réalise qu’en donnant la vie, on donne également la mort. Et forcément cela renvoie à votre propre disparition. Selon vous, l’art de l’écriture est-il accessible à tous ? L’écriture est un exercice qui a ses difficultés et ses exigences mais qui est, grâce à la qualité de l’instruction dans notre pays, accessible à un grand nombre de gens. Je pense que c’est un exercice démocratique qui va de pair avec une société qui maintient les libertés individuelles et encourage la créativité. Je trouve très positif  le nombre de nouveaux auteurs  et d’ouvrages publiés chaque année en France, ce qui traduit, il me semble, le dynamisme intellectuel de notre société. Cela dit, il y a plusieurs motivations qui poussent à l’écriture, plusieurs façons d’écrire, de la fiction, de l’information ou du documentaire, et  je crois qu’il faut réserver le terme « art » aux activités des écrivains et des poètes capables d’élever la qualité de la langue ou la manière de composer le récit. Ecrivez-vous avant tout pour vous ou pour les autres ? C’est un mélange des deux. J’ai toujours débuté mes ouvrages avec une envie forte de me raconter quelque chose que je mets en scène. J’ai des images de lieux, de situations. Je me sens habitée. Tout ceci dure tant que dure l’écriture. Quand mon manuscrit est achevé, je le laisse de côté quelques semaines ou quelques mois. J’ai besoin de m’en défaire pour me remplir de nouveau. J’y reviens ensuite pour le corriger ou modifier ce qui me semble perfectible. Alors seulement me vient l’envie de le partager. En tant que lectrice, quels sont les livres qui vous ont le plus marqué ? Enfant, j’ai adoré les fictions de Jules Verne et les livres d’aventure  des bibliothèques rose et verte. Plus tard, je suis tombée sous le charme désuet des « Hauts de Hurlevent » d’Emilie Brontë, j’ai aimé le pseudo réalisme de « Racines » de Alex Haley, l’exotisme de « Aziyadé » » de Pierre Loti et d’Andrée Chédid dans  « le sixième jour ». Puis il y a eu Colette, son univers bourgeois dans « Chéri » et le lyrisme de sa plume. La liste est encore longue mais je crois qu’on aura compris que j’ai l’âme voyageuse, et que comme les enfants, je m’invente des histoires qui me font du bien. Un prochain livre en préparation ? J’ai deux autres manuscrits en cours. L’un est la suite de Simon et les Siens, mon premier roman, l’autre est une fiction aux accents futuristes.

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