Rencontre avec… Alexis Gsell

Alexis Gsell, à peine 19 ans et vous signez déjà votre premier ouvrage chez Edilivre, intitulé Parenthèses poétiques.  Parlez-nous de ce recueil de poésie… C’est une histoire qui se finit tellement bien ! J’ai connu des hauts et des bas, mais surtout vu et senti des choses magnifiques. J’ai écrit 30 poèmes en moins d’une année. Arrivé à ce nombre, je les ai regardés. J’ai décidé de ne pas les toucher pour voir si mon « génie créateur » valait la peine d’être lu, du coup les textes du recueil sont quasi-bruts et tous les poèmes en vers ont été rédigés en 40 minutes maximum (pour le plus grand) voire bien moins. C’est donc quelque chose d’unique, d’authentique. Et puis il y a l’atmosphère du début, cette période où je ne savais pas encore bien rédiger et où les sentiments dominaient beaucoup ma pensée ; d’ailleurs les poèmes ne sont pas rangés dans l’ordre chronologique pour éviter de déprimer les lecteurs (rires). Et puis aujourd’hui, ce recueil, c’est comme la reconnaissance d’un talent : je suis très heureux de voir mon nom sur une première de couverture. Se lancer dans l’écriture d’un livre aussi jeune n’est pas commun à tous les auteurs. Pourriez-vous expliquer cet élan ? Je pense qu’on commence à écrire un livre lorsqu’on sent que c’est le moment de le faire. Si j’ai commencé mes tous premiers écrits en janvier 2010, j’ai mis sur papier mon premier poème en juillet de la même année. Parce que je sentais que c’était l’instant parfait, une voix m’obligeait à le faire. Et la classe préparatoire ne m’a que plus forcé à m’investir dans la poésie. Je ne saurais jamais dire pourquoi, mais après tout, si la cause était évidente, tout le monde pourrait être artiste sur souhait. Quels sont les messages délivrés à travers vos poèmes ? Je ne délivre aucun message général. Il y a bien sûr des points de vue que je fais passer mais, j’écris simplement pour rendre de belles lignes et des beaux textes. Après, il ne faut pas confondre : derrière chaque poème se cache une image, peut-être même une phrase que je voudrais crier, des choses que j’ai à dire et à raconter, des conseils que j’aurais à donner. Mais je ne suis pas un poète engagé, ni un philosophe. L’inspiration n’a que peu de valeur contre la réflexion. Pensez-vous que l’on peut écrire sur un thème alors qu’on ne la pas soi-même vécu ? Le meilleur texte que je ne pourrai jamais écrire porterait sur un thème où je n’ai aucune connaissance ni notion, mais dont l’expert n’y verrait que du feu lors de la lecture. On peut écrire sur tout ; d’ailleurs on écrit beaucoup sur les rêves alors que, en pratique, on ne les a jamais vraiment vécus… Pouvez-vous nous faire partager un extrait de l’un de vos poèmes ? Il en est un à souligner : « Lorsque le printemps vient, l’esprit s’éveille, illuminé des rayons chaleureux d’un soleil encore endolori par la rigueur de l’hiver. La floraison de la nature anime celle de l’âme ; le besoin d’écrire revient plus intense, plus présent. La pensée s’élève et, devenue trop pleine, cherche à déverser ses torrents sinueux et silencieux sur le papier. L’imaginaire se déchaîne, multiplie les routes du rêve, étend la vue des champs aux milliers de scénarios. Il faut juste une feuille, juste un stylo, et juste soi : la première plume racontera les envies, les espoirs, les amis. » Il provient du poème « Coquilles Vides ». Il résume ce qu’il se passait chez moi intérieurement, à une période où l’écriture m’a peut-être sauvé d’une déprime passagère. Ce n’est pas le plus beau du recueil mais sans doute l’un de ceux parmi les plus proches de moi. A quel poète rêveriez-vous être comparé ? Aucun ! (rires) Bien sûr, je me réjouirai si un jour on m’inclut dans le groupe des plus grands et importants poètes que la France a porté, mais je ne vois aucune comparaison possible…chaque poète est un être à part entière et son génie lui vient toujours d’une source unique, rattachée à lui seul. Il faudrait également prendre en compte la différence d’époque, de mode de vie et autres choses qui rendent très (trop) difficile la comparaison. Un second livre avant vos 20 ans ? C’est une possibilité que je n’exclue pas. Maintenant, la prépa demande beaucoup plus en deuxième année et puis, il  y a des concours. Cela m’oblige à plus de concentration, et moins de rêveries. J’ai vaincu la barrière des 19 ans de justesse, c’était un challenge que je savais réalisable si je me bougeais assez tôt pour trouver un éditeur ; mais à présent plus rien ne presse. Je préfère prendre mon temps, relire, corriger et perfectionner les prochains poèmes, pour livrer un second manuscrit plus professionnel et d’un niveau plus élevé, si toutefois j’en rédige un…

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