Interview écrite


14 mars 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Alain Desgris, auteur de « Templiers-Hospitaliers-Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem »

Présentez-nous votre ouvrage

Ce livre a pour objet de présenter les véritables chevaleries nées de la prise de Jérusalem, par les Troupes croisées ou existantes à la mort du sire Godefroy de Bouillon. Il a aussi été écrit pour dénoncer, avec des preuves référencées, les inventions et les manipulations du siècle quant à des faits et des datations erronées pour laisser imaginer de fausses filiations. Pour cheminer en toute connaissance le livre énumère les chroniqueurs des croisades dont la plupart pourraient être à l’origine de certaines de ces scories ; il rappelle aussi à quelles maisons religieuses ou laïques ces hommes furent rattachés.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Depuis quelques années je m’efforce, sur la base d’archives authentifiées, de rétablir une vérité historique là où beaucoup, par méconnaissance et recopies, ont colporté des avis approximatifs et souvent confondu hypothèses et preuves. Les histoires dévoyées des chevaliers Templiers, Hospitaliers, du Saint-Sépulcre reprises par des auteurs de renom, les inventions, les erreurs de dates et de noms ont rendu encore plus confuse une histoire complexe relatée par des chroniqueurs qui imprégnaient déjà leurs récits de leurs cultures et des groupes sociaux auxquels il appartenaient.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

Ce livre s’adresse à un public assez large mais plutôt intéressé aux chevaleries monastiques et guerrières. Il est aussi ouvert aux connaissants de la première croisade. S’il veut démontrer ce qui put asseoir différentes chevaleries et la façon dont elle surgirent de Jérusalem, l’ouvrage retire, par des preuves formelles, les filiations inventées par des erreurs chevauchantes d’auteurs qui se sont recopiés.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Je recherche avant tout la vérité et entend dénoncer toutes les utilisations « modernes » d’Ordres dont quelques chevaliers brillent néanmoins par leurs exploits et leur moralité. Mais point trop n’en faut car, dans nos associations actuelles, il règne des natures plus humaines que véritablement engagées en charité. La nature de l’homme peut lui permettre les plus remarquables éclats mais aussi les plus perfides et les plus viles actions. Lire qu’un parchemin aurait été retrouvé (par hasard) au Vatican au XXI° siècle alors que celui-ci était déjà connu et répertorié dans le fonds « Étienne Baluze » (mort en 1718), lire qu’un éminent compositeur avait retrouvé (encore par hasard) un parchemin musical (soi-disant élaboré en un siècle « Templier ») dans la collection du duc d’Aumale (répertoriée maintes fois par les conservateurs y compris par le duc lui-même) est aussi absurde qu’inventé. Tout cela blesse mon instinct de chercheur d’autant lorsque ces « fausses ou hypothétiques » trouvailles sont assorties de royalties importantes.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Je suis un ancien chargé de recherches fondamentales, ex chargé d’enseignement en théories des connaissances, ex professeur de lettres et d’histoire etc je parcours depuis 56 ans les bibliothèques du monde à la recherche de la plus petite étincelle de vie où je retrouverai l’esprit et l’idéal des chevaleries anciennes… laïques ou religieuses. Récemment, les esprits s’ouvrant plus à la critique, j’ai été amené à travailler sur des idées opératives puis spéculatives pour éclairer des ritualisations incomplètes d’Ordres à vocation chevaleresque qui ont entraîné, par un métalangage confus, un obscurcissement de la pensée qui leur avait donné naissance.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Je travaille depuis plusieurs années sur le rétablissement d’une Histoire « maçonnique » dégagée de tous les éléments qui en obscurcirait encore sa véritable émergence. Les recherches sur la pré-maçonnerie, le siècle des Lumières m’ont amené à comprendre et expliquer notamment le rôle « synarchique » que la Franc-Maçonnerie put avoir dans les événements notamment que connut la France. J’ai minutieusement étudié son entrée en politique, son conflit avec Rome, ses dérives peu à peu affirmées de son origine à 1934 (Révolution française, les épisodes de Terreur… la montée d’un Nationalisme exacerbé etc.). Seront sans doute édités prochainement des études reprenant ces thèmes au travers d’une trilogie intitulée « Du coq à la francisque » dont les démêlées de la Franc-Maçonnerie avec Rome en explicitant à la fois les erreurs « des constructions » religieuses et celles plus laïques de frères critiques parfois à juste raison.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

La volonté de dire les choses en vérité désolent celles et ceux qui se sont longtemps laissés berner par le chant des sirènes et les capes noircies données à grands renforts de collée. Revenir sur des acquis qui nous ont bercé des années durant, revenir sur le sens des symboles c’est biffer un peu de soi et repartir souvent désemparé. La vérité enlève souvent cette émotion car l’embellissement prévaut sur ce qui est plus rugueux. Chercher est plus ou moins facile, persévérer est plus complexe mais souffrir veut dire revenir sur ce qu’on pensait être et reconstruire…. Bien peu l’acceptent car peu sont préparés.