Autour du livre


15 mai 2014
Posté par
Flora

L’expression de la semaine : Prendre ses jambes à son cou

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l’expression : Prendre ses jambes à son cou.

Aujourd’hui, cette expression signifie s’enfuir et évoque une bien drôle de métaphore. Plusieurs images nous viennent à l’esprit : un contorsionniste qui ramène ses jambes à son cou. Ou encore une personne désarticulée qui démonte son buste de sorte à n’être plus qu’une tête à deux jambes prête à s’enfuir… Même si elles font sourire, ces images sont plutôt improbables.

L’origine de l’expression proviendrait en fait de la fin du 17ème siècle. Mais à l’époque, il était moins question de « cou » mais de « col », et nos ancêtres se devaient d’être aussi souples que le suggère l’expression ! Le poète et lexicographe Antoine Furetière écrit qu’autrefois, prendre ses jambes à son cou se disait « prendre ses jambes sur son col » ce qui signifiait plus simplement « plier bagage ». Ainsi, il s’agissait des préparatifs liés à un déplacement qui nécessitait d’emporter aussi ses jambes… Et comme le sac des bagages était souvent porté en bandoulière, il fallait aussi « prendre ses jambes sur son col ». Ce n’est qu’à partir du siècle suivant que l’expression adopte son sens moderne évoquant l’image d’une fuite précipitée.

Bescherelle expose une autre explication, non moins amusante, qui puiserait ses origines dans le jeu de quilles. A l’époque, on appelait également « quilles » les jambes d’un homme, et par jeu de mots, on nommait « jambes » les quilles avec lesquelles on jouait. Lorsqu’une partie était terminée, on enfermait donc ces jambes dans un sac et l’on s’empressait de s’en aller, le sac étant suspendu sur les épaules. Cette expression est fondée sur l’image de la tête, qui dans la rapidité de la fuite, a l’air de se mêler au mouvement des jambes.

 Expression_de_la_semaine_Edilivre