L’expression de la semaine : La tentation de Venise

Cette semaine nous vous proposons l’expression : « La tentation de Venise »

Origine

Quiconque n'est pas trop pantouflard aura forcément, un jour ou l'autre, été tenté par le voyage à Venise. Contrairement à Naples, une fois qu'on a vu cette ville, on ne meurt pas, mais, la plupart du temps, on en repart avec la ferme intention de revenir un jour ou l'autre dans ce lieu à l'atmosphère très particulière.

Cette expression très récente, souvent utilisée pour des politiques, surtout depuis le début de ce XXIe siècle, nous vient du titre d'un livre publié en 1993. Son auteur, Alain Juppé, l'a écrit pendant une traversée du désert, juste avant de devenir ministre des Affaires Étrangères dans le gouvernement de cohabitation d'Édouard Balladur sous la présidence de François Mitterrand. Il s'y s'interroge sur l'utilité de consacrer sa vie au métier de politicien, alors que bien d'autres choses par ailleurs valent la peine d'être vécues ou considérées. Il y évoque, entre autres, la ville de Venise où il va volontiers se ressourcer tout en y mesurant certaines insuffisances de sa vie. D'où la tentation de s'y replier définitivement et d'y oublier la violence psychologique de la vie politique.   C'est de cette réflexion et de ce titre qu'est née notre expression qui s'applique aux personnes qui envisagent de passer de la lumière ou de la notoriété à l'ombre afin de s'y épanouir et de s'y consacrer temporairement ou définitivement à des activités moins contraignantes et stressantes que celles qu'imposent la vie publique. Par extension, elle indique un souhait de changement de vie, qui peut-être aussi bien professionnel que personnel.

"La tentation de Venise"


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