L’expression de la semaine : Au doigt mouillé

Cette semaine nous vous proposons l’expression : « Au doigt mouillé »

Origine

En tant qu'adepte des vacances à la mer, vous avez certainement constaté que, les jours de vent, lorsque vous sortez de l'eau, vous avez une sensation de froid que vous n'éprouvez pas quelques minutes plus tard lorsque vous êtes sec malgré la température de l'air qui ne varie pas, sensation de froid nettement plus intense sur les parties de votre corps exposées au vent.

Cela vient du fait que le souffle d'air, en vous séchant, accélère le phénomène d'évaporation des gouttes d'eau qui vous couvrent. Or, pour que l'eau puisse s'évaporer, elle a besoin de calories. Et où les prend-elle, ces calories ? Là où elles se trouvent, donc sur votre peau, bien sûr ! D'où la sensation de froid que vous éprouvez alors.

Ce phénomène étant bien connu, tous les adeptes d'engins volants (deltaplane, cerf-volant, avion radiocommandé, boomerang...), et de quelques autres activités impactées par le vent, s'en servent un jour ou l'autre pour connaître le sens de la brise. En effet, quoi de plus simple que de mouiller son doigt dans sa bouche et de l'exposer à l'air, dressé comme un i, pour confirmer la provenance du vent, direction indiquée par la zone du doigt qui refroidit.   Reste que cette méthode manque nettement de précision : elle indique une direction approximative, mais à de nombreux degrés près seulement. Elle est beaucoup moins précise qu'une petite bande de tissu attachée au sommet d'un bâton ; ou mieux encore, qu'une biroute[1], petit nom de ces manches à air oranges ou rouges et blanches qu'on trouve sur les aérodromes ou en bordure d'autoroutes ventées.   C'est de cette notable imprécision qu'au XIXe siècle est née l'idée de faire ou de mesurer quelque chose « au doigt mouillé », c'est-à-dire de manière aussi juste et précise qu'au pifomètre ou à vue de nez.   Histoire de ne pas se mettre le doigt dans l'œil, il ne faut pas confondre ce doigt-là avec le jeu « au doigt mouillé », jeu d'enfants du XVIIe siècle, où l'un mouille discrètement un de ses doigts et l'autre doit deviner lequel a été mouillé. De ce jeu a découlé le « tirage au doigt mouillé », encore très pratiqué au XIXe siècle, un tirage au sort équivalent à pile ou face ou à la courte paille. [1] Qui, ici, n'est ni une route à deux voies, ni une excroissance spécifiquement masculine plus ou moins grande selon l'humeur.

"Au doigt mouillé"


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