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L’expression de la semaine: Aller à vau-l’eau

« Aller à vau-l’eau »

Origine et définition

Afin de bien saisir les origines de l’expression « aller à vau-l’eau », il est nécessaire de voyager dans le temps et dans l’historique de la langue française pour déterrer les ancêtres de notre langage contemporain.

Dès le XIIe siècle, aller ‘à val’ ou ‘à vau’ voulait dire « en descendant le long, en suivant la pente de ». Un vau n’étant pas le petit de la vache, pour ceux qui ont des soucis d’orthographe, mais une vallée. On retrouve d’ailleurs ce terme dans l’expression « par monts et par vaux« . Au moins jusqu’au milieu du XVIe, cette locution, utilisée entre autres par Rabelais, avait le sens très concret de « suivre le fil de l’eau ». C’est à partir de cette période que son sens abstrait commence à apparaître. On emploie d’ailleurs « à val de route » pour « en déroute » et « être à vau l’eau » pour désigner une entreprise qui fonctionne mal.

Pour aller plus loin : La locution adverbiale « à vau » a connu d’autres utilisations avant de disparaître du paysage de la langue française. Nous pouvons l’observer dans l’expression « à vau-de-route », utilisée tant au sens propre de « en descendant la route » qu’au sens figuré. Ainsi, on disait « à vau-de-route » pour dire « précipitamment et en désordre ».

Dans le domaine de la chasse, on trouve les expressions « à vau-vent » ou « à vau-le-vent » pour signifier ce qui est emporté par le vent. On peut encore citer « à vau-le-feu » et « à vau-l’ombre » qui signifie, au sens figuré, « à tout rompre » ou « à se rompre ».

Exemples

« Elle se leva et vint s’asseoir près de moi. Les rames traînaient et avaient l’air vides. La barque s’en allait à vau-l’eau et tournait lentement sur elle-même ». Romain, Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable.

L’expression de la semaine: Aller à vau-l’eau

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