Le suicide dans la littérature

Le thème du suicide est malgré son caractère grave et complexe est un thème très évoqué par les écrivains. Cet article vous aidera à mieux comprendre pourquoi il est aussi présent dans la littérature.

le_thème_du_suicide_dans_la_littérature_EdilivreLe suicide : la conclusion logique de la tragédie
Si vous aviez la possibilité de discuter avec eux, les auteurs grecs vous diraient que le suicide est la meilleure manière de conclure une tragédie. Le suicide est la preuve infaillible que vous ne pouvez pas échapper à votre destin et que la mort est inévitable. De nombreuses tragédies grecques s’achèvent sur le suicide d’un personnage qui n’a plus la force de lutter contre son destin.
Sénèque a contribué à cette tradition du suicide et notamment dans sa pièce la plus célèbre, Phèdre. Dans cette œuvre, Phèdre tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte. N’osant avouer cela à son mari Thésée, elle lui fait croire qu’Hippolyte a tenté de la tuer. Fou de rage, Thésée fait s’abattre sur Hippolyte la foudre des Dieux. Hippolyte meurt et Phèdre, pleine de la douleur d’avoir perdu celui qu’elle aimait, se suicide.
Phèdre n’est pas une exception, on retrouve des suicides dans Antigone de Sophocle ou bien évidemment, au XVIème siècle, dans Roméo et Juliette de William Shakespeare. Dans cette histoire d’amour parfaite, le suicide est la certitude absolue de se retrouver après la mort, mais également la preuve que l’un ne peut vivre sans l’autre.

L’effet Werther : la littérature agit sur les comportements de la société
A la fin du XVIIème siècle, Goethe s’empare de ce sujet jusqu’alors réservé en grande partie au genre théâtral en publiant le roman Les souffrances du jeune Werther.
Werther tombe amoureux de Charlotte lors d’un bal, mais Charlotte est promise à un autre homme, Albert. Werther fuit pour oublier Charlotte, rencontre une autre femme et croit s’être débarrassé de son amour de jeunesse. Mais sa vie l’ennuie et il finit par rejoindre Charlotte, désormais mariée à Albert. Werther comprend à cette période que leur amour est impossible, et il finit par se suicider. Ce roman a créé une vive polémique à l’époque de Goethe, époque où le suicide était encore tabou dans les classes bourgeoises de la société. Dans la ville de Leipzig, où le livre paraît pour la première fois, les autorités locales considèrent que le roman fait l’apologie du suicide et qu’il va à l’encontre de la morale, et elles décident d’en interdire la vente. Malgré cette interdiction, le roman connaît un réel succès et, fait inattendu, cause une vague de suicides en Allemagne.
En 1974, le sociologue américain David Phillips, crée l’expression « effet Werther »pour qualifier le phénomène selon lequel la médiatisation d’un suicide entraînerait une vague de suicides dans la population. On retrouve ce phénomène lors du suicide de Marilyn Monroe en 1986 par exemple.

Le suicide : un thème comique le_thème_du_suicide_dans_la_littérature_Edilivre
Aujourd’hui, heureusement, la censure n’est plus d’actualité. L’humour se fait plus noir et plus grinçant. Plusieurs ouvrages abordent le thème du suicide de façon humoristique, preuve s’il en est que l’on peut désormais rire de tout.
Publié en 1990 en Finlande, le roman Petits suicides entre amis écrit par Arto Paasilinna sort en France en 2003. Lorsque l’on décide de se suicider, il est dur de s’en tenir à une date fixée et de trouver une façon originale de mourir. C’est en arrivant à cette conclusion qu’Onni Rellonen et Hermanni Kemppainen décident de passer une petite annonce pour rassembler tous ceux qui ont décidé d’en finir avec la vie. En attendant la date qu’ils se sont fixés, tous les membres de cette association choisissent de voyager, pour un long périple qui les mènera, depuis la Finlande, jusqu’au Portugal.
Les écrivains français ne sont pas en reste en ce qui concerne cet humour décalé. Jean Teulé publie en 2007 Le magasin des suicides, qui dépeint le quotidien de la famille Tuvache. Cette famille tient un commerce hors du commun : on peut trouver dans leur boutique tout l’arsenal nécessaire à un bon suicide. Les deux enfants de la famille vivent dans cette absolue tristesse jusqu’à l’arrivée du petit dernier qui va venir tout chambouler. En effet, ce bébé peut ruiner le commerce familial, il n’arrête pas de sourire…

Et vous, pensez-vous qu’il est important d’aborder le thème du suicide dans la littérature ? Êtes-vous d’accord avec l’idée que l’on peut rire de tout ?