Le bilan des libraires pour l’année 2014

69% des Français de 15 ans et plus ont lu en 2014 au moins 1 livre au cours des 12 derniers mois. Mais quel bilan dresse aujourd’hui les libraires de la vente de livres ? Nos librairies sont-elles vouées à disparaître ? Dans quelques années, n’achèterions-nous nos livres plus que via des plates-formes sur Internet, sans échanger avec notre libraire sur les qualités et les défauts de tel ou tel livre ?

Retour à la proximité
Après Le_bilan_des_libraires_pour_l_année_2014_Edilivrela fermeture de Virgin Mégastore, c’est au tour de 53 librairies Chapitre de déposer le bilan au cours de l’année 2014. Cette année passée a été marquée par le retour des « indépendants ». En effet, une trentaine de ces librairies ont été reprises par des entrepreneurs individuels. Le modèle de chaînes de librairies semble ne pas fonctionner, à force de tout rationaliser, standardiser et centraliser, ils ne savent plus répondre aux besoins des lecteurs. Si 52% des Français ont acheté au moins un livre imprimé neuf en 2014, ils ne l’ont peut-être pas acheté en librairie.

Les librairies indépendantes ont connu un nouvel élan face à cette restructuration du marché. Celles-ci voient le jour, s’agrandissent et élargissent leurs services. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette année écoulée révèle un mouvement citoyen pour sauver nos librairies des grosses chaînes.
On peut citer l’exemple de la librairie « Livresse » à Avignon, où le libraire pour des raisons de santé aurait dû fermer boutique. Mais des clients ont décidé de continuer bénévolement l’activité. Car après tout, une librairie c’est aussi un lieu d’échange, de convivialité et de culture. Cela ne se résume pas uniquement à venir y acheter un livre. Pour survivre, les librairies doivent aujourd’hui diversifier leur offre. Il faut par exemple organiser des représentations théâtrales, des séances de dédicaces ou bien des ateliers de lecture pour les enfants.

La remise en question de la suprématie d’Amazon
Le géant Amazon représente un enjeu colossal pour les librairies et notamment les librairies indépendantes. Amazon est bien Le_bilan_des_libraires_pour_l_année_2014_Edilivre souvent la cause d’une baisse de l’achalandage dans les points de vente. Certains libraires ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes. Elliot Lepers a ainsi créé « Amazon-Killer », une extension à installer sur son navigateur Internet, qui permet de voir rapidement si un ouvrage trouvé sur Amazon est disponible dans une librairie proche. Cette invention compte déjà plus de 1 500 utilisateurs. « Amazon killer » est promis à un bel avenir en France, car si Paris est la ville d’Europe qui compte le plus de libraires, c’est aussi celle où l’on achète le plus sur Internet.
De même, en novembre dernier, l’association « Libraires en Rhône-Alpes » a lancé une plateforme de géolocalisation et de réservation de livres en ligne. Comment ça marche ? Vous recherchez un livre dans le catalogue en ligne puis indiquez votre département, ou bien vous êtes directement géolocalisé via votre smartphone, et vous découvrez la librairie la plus proche dans laquelle votre livre est disponible. Vous pouvez alors le réserver ou le commander s’il n’est pas en stock.

De plus, en juillet 2014, le Parlement français a adopté une loi dite « anti-Amazon », sur le prix des livres sur Internet, interdisant le cumul de la gratuité des frais de port et d’un rabais de 5 %. Toutefois, la manœuvre est tombée à l’eau car si Amazon a respecté cette loi, l’entreprise a fixé les frais de port à 1 centime d’€. Du coup, ses concurrents ont adopté les mêmes pratiques pour ne pas se laisser distancer. La loi n’était donc qu’un « coup d’épée dans l’eau ».

Le livre numérique poursuit sa lancée en 2014
La vente de livres en version numérique continue d’augmenter. Entre la liseuse Kobo de la Fnac, liBook d’Apple et Kindle d’Amazon, nos tablettes, nos smartphones, et tous les moyens dont nous disposons aujourd’hui pour lire des livres en version numérique, il est clair que ceux-ci ne feront qu’augmenter. On compte aujourd’hui environ 120 000 livres numériques français disponibles à la vente et selon le « Baromètre 2014 » plus de 6 éditeurs sur 10 ont d’ores et déjà développé une offre numérique.
Le_bilan_des_libraire_pour_l_année_2014_EdilivreLes chiffres se sont stabilisés par rapport à l’année précédente. Ainsi, 15% de français âgés de 15 ans et plus ont déclaré avoir déjà lu un livre numérique en 2014. Le secteur a donc su fidéliser ses anciens consommateurs et en attirer de nouveaux. Mais qui sont ces personnes qui lisent des livres numériques ? Ce sont souvent de grands lecteurs, que ce soit au format papier comme au format numérique.

Cette hausse du numérique est liée à la hausse des ventes de tablettes. On constate par exemple une augmentation de 70% des ventes de tablettes en 2014. Selon une étude de GFK, 18% de la population française possède une tablette. Cependant, cette hausse des équipements n’explique pas tout. Une autre révolution est en marche dans ce milieu. Oyster, une jeune société new-yorkaise a lancé en septembre, le premier service d’abonnement à une librairie en ligne. Pour 9,95 $ par mois (7,50 €), ses utilisateurs peuvent télécharger autant de livres numériques qu’ils le souhaitent, à choisir parmi environ 100 000 titres. De quoi donner encore plus d’élan aux livres numériques pour les années à venir !

Que pensez-vous de ce bilan ? Selon vous, nos librairies traditionnelles vont-elles disparaître ? Achetez-vous des livres par ce biais ?

Article écrit avec la participation de Marine

 

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