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la_figure_de_Dieu_dans_la_littérature_Edilivre
29 avril 2017
Posté par
Flora

Religion et littérature

Sans avoir forcément pour but de nous convertir, certaines œuvres sont empreintes de religion et cela leur donne un aspect différent et elles nous plongent dans une ambiance mystique. Tour d’horizon non exhaustif d’ouvrages qui nous offrent leur représentation de la religion.

La_figure_de_Dieu_dans_la_littérature_EdilivreQuand la littérature sert à dénoncer le poids de la religion
Pendant longtemps, la religion a été imposée aux hommes. Ils n’étaient pas libres de décider s’ils croyaient ou non en l’existence de Dieu. Dès l’Antiquité, les hommes instruits se sont opposés à cette idée. Ce fut le cas de Socrate : le philosophe, accusé de pervertir les hommes et de les éloigner des valeurs traditionnelles, est mort à cause de ses idées. Critias quant à lui considérait que la religion avait été créée par un homme intelligent dans le but d’apprivoiser les hommes méchants.

Mais le Moyen-Âge et l’apologie d’un Dieu unique ont empêché pendant des siècles aux écrivains de s’exprimer sur le sujet. Ce n’est qu’au 18ème siècle que des hommes éclairés comme Voltaire ou Robespierre dénoncent la religion et l’usage qu’il en fait par le pouvoir.

Voltaire n’est pas athée mais il croit en un Être suprême, un Dieu créateur qui n’impose pas de rites de dévotion aux hommes, il est simplement présent mais impossible à cerner par la sensibilité humaine. On parle alors de déisme. Dans Candide, Voltaire présente son opinion sur la religion à travers ses personnages. Au cours des voyages de Candide, tous les vices sont commis par des figures religieuses. C’est par exemple le cas avec la figure de l’Abbé qui n’est autre qu’un imposteur qui vole Candide. Voltaire ne dénonce à aucun moment la foi, mais plutôt la complexité de la religion chrétienne et les absurdités qu’elle entraîne.

Au 20ème siècle, Albert Camus utilise un autre procédé pour dénoncer les abus de la religion : l’absurde. On retrouve cette dénonciation de la religion dans son roman l’Étranger. A la fin du roman, le personnage de Meursault est condamné à mort et s’entretient avec un aumônier qui provoque sa colère. Il ne croit pas en Dieu et en un paradis après la mort. Lorsque l’aumônier clôt l’entretien en précisant qu’il va prier pour Meursault, celui-ci explose. Tout l’insupporte chez cet homme religieux : ses certitudes, son mode de vie et sa manière de juger les hommes. Pour Camus, l’Étranger est une façon de livrer son opinion car selon lui, «  Si tu veux être philosophe, écris des romans ». 
Quand la religion sert de contexte à un roman 
La morale religieuse est au cœur du roman d’André Gide, La symphonie pastorale. Ce roman est l’histoire d’une jeune aveugle, Gertrude, qui sera vite recueillie par un pasteur. Le journal de ce pasteur sert de trame au récit : il décrit l’éducation protestante qu’il lui transmet. Mais très vite, le religieux tombe amoureux de la jeune fille. La symphonie pastorale est le récit d’un combat entre le bien et le mal, où le pasteur tente d’agir selon son interprétation de la Bible. Cependant, cela le rend malheureux car il se sent toujours coupable des sentiments qu’il éprouve pour Gertrude.La_figure_de_Dieu_dans_la_littérature_Edilivre

La religion fait partie du décor du roman policier Le Nom de la rose d’Umberto Eco. L’écrivain italien nous transporte dans une abbaye franciscaine au cœur de laquelle des crimes atroces ont été commis. C’est un moine, Guillaume de Baskerville, qui est chargé de l’enquête. Dans ce récit, il n’est pas question de dénoncer la religion, ou bien d’en faire une interprétation, elle est simplement présente dans l’esprit de tous les protagonistes. Cette plongée au cœur du Moyen-Âge nous présente également à quel point la religion était au cœur de toutes les sphères de la société.

Dans Le Royaume, publié cette année, Emmanuel Carrère remonte bien plus loin dans l’histoire de la religion chrétienne : dans son roman, nous sommes à l’aube de la création de cette religion qui va bouleverser des siècles d’Histoire. Mais plutôt qu’historien, l’écrivain se considère comme un enquêteur qui remonte la trace des origines d’une religion. Preuve qu’aujourd’hui encore, même s’il les écrivains s’en détachent, le thème de la religion imprègne la littérature.

Et vous, pensez-vous que la religion peut être au cœur d’un roman ? Quel est votre roman préféré qui traite de religion ?