Gainsbourg de nouveau sous les feux de la rampe

Serge Gainsbourg, auteur-compositeur français, mort depuis plus d’une vingtaine d’années, est encore le sujet de nombreuses actualités. Jeudi 25 octobre 2012, une nouvelle vente aux enchères d’objets personnels du chanteur a eu lieu et a battu tous les records.

© Claude Truong-Ngoc

Une célébrité hors du commun
Serge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginsburg, est né le 2 avril 1928 à Paris. A ses débuts, il souhaitait être artiste peintre. Mais, c’est en tant qu’auteur, compositeur et interprète qu’il se fit connaitre. Tout au long de sa carrière, il participa également à de nombreuses œuvres cinématographiques et littéraires.

Dans l’écriture des textes de ses chansons, il faisait souvent des références littéraires, utilisait des formes poétiques et jouait sur les mots. La chanson Je suis venu te dire que je m’en vais est une référence au poète Paul Verlaine car plusieurs vers du poème Chanson d’automne y sont cités. Au fil des années, Serge Gainsbourg s’est construit une image de provocateur et de séducteur maladroit. Sa vie sentimentale fut tumultueuse à travers les nombreuses relations sentimentales qu’il a entretenu avec des femmes renommées pour leurs beautés. Le 2 mars 1991, il s’éteignit à l’âge de 62 ans d’une crise cardiaque.

Un chanteur mort mais une légende vivante toujours aussi populaire
Le jeudi 25 octobre dernier à Nantes, une vente aux enchères inédite a eu lieu. Les manuscrits originaux des chansons de l’artiste ont été mis en vente. Alors que le manuscrit préparatoire de la chanson L’homme à la tête de choux avait été estimé entre 6 000 et 8 000 euros, il a trouvé acquéreur pour la somme de 18 500 euros. Au cours de cette même vente, des objets personnels du chanteur furent vendus tels que des polaroïds de son fils, Lucien Gainsbourg, qu’il a eu avec le mannequin Bambou, sa compagne de 1985 jusqu’à sa disparition.

La liste de courses que Serge Gainsbourg avait écrit à sa femme de chambre Élisa a été adjugée pour 8 600 euros. Une photo de Serge et de Jane Birkin, intitulée Les nouvelles retrouvailles, a été cédée pour 950 euros. Des objets plus insolites encore ont trouvé preneurs à l’image d’une American Express coupée en deux, de diverses factures ou d’une invitation de Jack Lang, homme politique français qui fut ministre de la Culture de 1991 à 1993. Globalement, la vente de ces objets inédits a rencontré un grand succès et le total des fonds récoltés s’élèvent à 62 350 euros.

L’ensemble des lots ont été mis en vente par Serge Bouron, un fan qui s’était lié d’amitié avec le chanteur dans les années 80. Celui-ci n’a pas pu s’empêcher de conserver des mégots de cigarettes de Gainsbourg qui, selon lui, représentent parfaitement sa personnalité. Cette vente aux enchères fait écho à une opération semblable qui a eu lieu en novembre 2011, à Paris. Elle avait été organisée par la société internationale de vente aux enchères Sotheby’s. Au cours de celle-ci, 266 000 euros furent récoltés notamment grâce à la vente du manuscrit de la chanson Sorry Angel, adjugé pour 51 150 euros.

Chanteur et homme de lettres
Le chanteur est un homme de lettres car il a rédigé plusieurs écrits. On peut notamment citer le conte, Evguénie Sokolov, qui a été édité en 1980 et l’ouvrage en deux volumes Mon propre rôle. Cette oeuvre réunit des textes, des chansons, des aphorismes et elle a été rééditée en 2011 à l’occasion du 20ème anniversaire de la mort de l’artiste. Cette même année, un ouvrage fait sensation. Il s’agit de La Jeune Fille et Gainsbourg rédigé par Constance Meyer. Cette jeune femme a fréquenté le chanteur alors qu’elle n’avait que 16 ans. Dans ce récit personnel, elle raconte cette relation secrète qui a duré 5 ans jusqu’à la disparition du chanteur.

Article écrit avec la participation de Camille