Autour du livre

12 novembre 2012
Posté par
Flora

Fin du suspens pour les prix Goncourt et Renaudot

Mercredi 7 novembre, à 12h50 précises, au restaurant Drouant situé dans le 2ème arrondissement de Paris, les prestigieux prix littéraires Goncourt et Renaudot ont été décernés.

Le prix Goncourt ne fait pas l’unanimité
Le prix Goncourt est le prix littéraire français récompensant des auteurs d’expression française. Il a été créé par Edmond de Goncourt en 1903. Parmi les primés, on peut citer des auteurs connus comme par exemple Marcel Proust, André Malraux, Simone de Beauvoir, Michel Tournier et Marguerite Duras. Le mercredi 7 novembre dernier, le prix Goncourt 2012 a été décerné à Jérôme Ferrari pour son ouvrage Le Sermon de la chute de Rome, paru aux éditions Actes Sud.

A 5 voix contre 4, le score était serré avec Patrick Deville et son livre Peste et Choléra, pourtant favori. Ce prix Goncourt ne fait pas l’unanimité et notamment du côté de Didier Decoin, membre de l’Académie Goncourt. L’académicien n’est pas d’accord avec cette décision finale. Au cours de la réception de remise du prix, il a déclaré : « le choix de Ferrari, c’est une prime à la qualité académique. Je préférais Deville. Des phrases ciselées. Un sujet formidable, un vrai voyage ». C’est le style d’écriture utilisé par Jérôme Ferrari qui ne fait pas l’union au sein de ses confrères. Après l’annonce, l’heureux élu a déclaré considérer ce prix comme une véritable consécration. C’est pour lui, la reconnaissance officielle de son talent.

Son livre, véritable hommage à la Corse
Né en 1968 à Paris, Jérôme Ferrari, passe son enfance dans deux endroits : la ville dans laquelle il est né, Paris, et son lieu d’attache sentimental, la Corse. Professeur de philosophie à Porto Vecchio puis à Alger, il enseigne actuellement à Abou Dabi, aux Emirates Arabes Unis. Son attachement au territoire corse le marque et l’influence dans son écriture puisque l’histoire du roman Le Sermon de la chute de Rome se déroule sur l’île de beauté. Plus précisément dans une petite bourgade corse où se retrouvent deux amis d’enfance, Matthieu et Libero, deux étudiants en philosophie. Ils décident d’arrêter
leurs études pour se consacrer à la tenue d’un bar situé dans un petit village de montagne. Comme le laisse présager le titre du roman, l’histoire se termine mal. Dans cet ouvrage, l’auteur réussit à faire un parallèle entre l’histoire des deux amis et la chute de Rome pendant l’Antiquité. Jérôme Ferrari se livre à une véritable réflexion sur le déclin de l’Occident en utilisant un style très travaillé.

Jérôme Ferrari, un auteur qui sort de l’ombre
L’auteur a écrit plusieurs romans avant que le monde de la littérature ne lui accorde son attention. En 2007, il sortit un ouvrage intitulé Dans le secret qui rencontre un succès mitigé. Son deuxième récit, Balo Atlantico, paru en 2008, voit le jour sans qu’on ne lui porte aucune attention. Un an plus tard avec Un dieu animal, il bénéficie de quelques critiques littéraires. Le Sermon de la chute de Rome lui permet donc de sortir définitivement de l’ombre. Ironie de l’histoire, les protagonistes de Balo Atlantico, qui n’avaient pas rencontrés les faveurs du public quatre ans plus tôt, sont les mêmes dans l’ouvrage primé. Dès sa sortie, Le sermon de la chute de Rome s’est vendu à 85 000 exemplaires. Avec ce roman, l’écrivain accède donc à la reconnaissance de la part du grand public. Mais cela ne s’arrête pas là, car même si le récit ne fait pas l’unanimité, tous les critiques littéraires s’accordent à dire que cet ouvrage reste l’un des plus aboutis de la rentrée littéraire.

La remise du prix Renaudot, une lauréate inattendue
Le prix Renaudot a été fondé par des membres du jury du prix Goncourt en 1926. C’est pour cette raison que le prix Renaudot est remis le même jour et au sein du même endroit que le prix Goncourt.

Il convient de dire que le prix Renaudot répare les éventuelles injustices du prix Goncourt. L’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga pour son roman Notre Dame du Nil s’est vu décerner le prix Renaudot 2012. Le plus incroyable, c’est que l’ouvrage avait été écarté lors de la sélection du printemps. Il n’était donc pas dans la sélection finale du prix. L’auteur est originaire de la tribu tutsi qui fut décimée dans les années 90. L’histoire de ce roman se déroule dans un lycée rwandais réservé aux jeunes filles de bonne famille. Scholastique Mukasonga démontre comment les étudiantes sont conditionnées par le pouvoir hutu pour haïr la minorité d’élèves tutsi présente dans l’école. Cette histoire fait référence au génocide rwandais qui a eu lieu en 1994. Presque l’intégralité du peuple tutsi a été décimée par le pouvoir hutu en seulement 3 mois de violences sanguinaires.

Désormais, Jérôme Ferrari et Scholastique Mukasonga sont des écrivains qui disposent officiellement de l’approbation de leurs pairs. Souhaitons-leur bonne chance dans leurs futurs écrits.

Article écrit avec la participation de Camille