Autour du livre


13 octobre 2016
Posté par
Edilivre

EDITO

bob dylan

Ce jeudi 13 octobre marque un tournant dans la sphère littéraire avec l’attribution de son prix Nobel à Bob Dylan, célèbre auteur-compositeur américain.

 

Si la finesse de ses textes et l’énorme impact de sa musique à travers le monde force le plus grand des respects, c’est bien sa nomination en tant que prix Nobel littéraire qui interpelle :

 

 

 

 

Comment une personnalité connue pour sa musique peut se voir attribuer le Graal littéraire ?

 

Bob Dylan a jusqu’alors publié un unique ouvrage : le premier volume de « Chronicles », portrait autobiographique retraçant sa vie. Et sa vie, le natif du Minnesota l’a consacrée à la musique. Toute la sphère musicale peut d’ailleurs être ravie de ce prix : à l’heure où la qualité générale des titres musicaux est en constante baisse depuis de nombreuses années, et dans un monde où un refrain composé de 4 mots et de 3 accords peut se voir en tête des ventes des semaines durant, cette mise en avant d’un artiste engagé, passionné, et perfectionniste ne peut qu’hisser la qualité générale des œuvres vers le haut, et c’est tant mieux.

Le monde littéraire, lui, peut se sentir comme trahi par ses hautes instances : alors que de grands écrivains, Marcel Proust ou encore James Joyce, pour ne citer qu’eux, n’ont jamais été récompensés, un musicien l’est.

Et justement, ce prix Nobel est là l’occasion de rappeler à chacun, que musiciens et écrivains partagent une passion identique : l’art.

« [Il a] créé, dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine, de nouveaux modes d’expression poétique » expliquait Madame Danius, membre de l’Académie.

Et c’est bien cela qui fait la force de Bob Dylan : avoir su populariser dans le monde entier une musique cantonnée initialement à quelques états américains, avoir su ouvrir une culture emprunte de poésie au plus grand nombre.

Bob Dylan a donné un cerveau à la musique grâce à ses textes. Ses oeuvres n’étaient plus écoutées uniquement pour ses notes musicales mais pour ses notes manuscrites : ne serait-ce pas à cela que l’on reconnait les très grands artistes ?

Il a fait avancé la musique et les mentalités en prenant des risques. Plus de 50 ans après son premier album, l’Académie lui offre le plus beau des cadeaux en prenant le risque de l’attribuer à un musicien et d’aller à contre courant des pensées classiques. La boucle est donc bouclée.