Rencontre avec VALERY FONGANG, auteur de «Marie-Paule, toute une vie dans le bordel»

Dans quel pays habitez-vous?
J’habite au Cameroun, plus précisément à Bafoussam dans la région de l’Ouest.

Présentez-nous votre ouvrage ?
C’est une courte biographie dans laquelle je transcris la vie d’une prostituée que j’ai connue et aimée sincèrement dans ma jeunesse sans pour autant que cet amour soit partagé, et que j’ai retrouvée bien des années plus tard alors qu’elle était  déjà ménopausée. Troublé par sa triste vie de prostituée retraitée, laquelle suscita en moi beaucoup de pitié,  je lui proposai de me conter sa vie de A à Z afin que je la publie sous forme de livre pour qu’elle serve de leçon aux jeunes générations actuelles et futures. Ce qu’elle accepta de faire avec joie. Ce livre traite donc non seulement  de la vie de cette prostituée jadis très belle et très courtisée par les hommes, mais aussi des rapports que j’ai entretenus avec elle pendant une partie de ma tendre jeunesse.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’ai rapporté par écrit la triste histoire de cette prostituée que j’ai tant admirée dans ma jeunesse parce que j’ai estimé que son histoire peut servir de leçon non seulement à beaucoup de parents en Afrique qui négligent l’éducation des filles et les encouragent parfois à se prostituer pour subvenir aux besoins de la famille, mais aussi et surtout à toutes les jeunes filles qui s’engagent dans la prostitution par complaisance ou bernées par l’illusion de l’argent facile qu’elles pensent y gagner ; perdant ainsi de vue que la prostitution est un métier honteux dans lequel la femme est humiliée, déshonorée et chosifiée. En dehors de tout cela, elle n’y gagne pas non plus l’argent facile de leurs illusions de départ. C’est d’ailleurs la leçon que donne le personnage principal de ce livre à la fin de son histoire.

À quel lecteur s'adresse votre ouvrage ?

Mon livre ne s’a dresse pas à une catégorie de lecteurs déterminée. Car dans ce livre, il est question d’une problématique universelle : celle de la prostitution qui est pour moi une problématique universelle. Mon livre s’adresse donc à tous ceux qui se soucient non seulement du bonheur et de la dignité de la femme  en particulier, mais aussi et surtout du bonheur et de la dignité humaine. Car vendre son corps pour vivre parce que la société dans laquelle nous vivons nous y contraint, est une dégradation de la dignité humaine. Mon livre s’adresse donc à tous les défenseurs du bonheur et de la dignité de l’Homme. Mais si je devrais le recommander à une catégorie de gens en particulier, je le recommanderais spécialement aux femmes en général et aux prostituées en particulier.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
A travers l’histoire de Marie Paule que je rapporte dans mon livre, j’ai voulu montrer que la femme prostituée n’est pas toujours celle que nous rencontrons dans les bars, dans la rue la nuit ou dans les boîtes de nuit et prête à utiliser son sexe pour nous soutirer de l’argent. Autrement dit, j’ai voulu montrer que la prostituée n’est pas toujours cette vendeuse de sexe sans sentiment ni scrupule qu’on pense généralement, mais qu’elle peut se révéler pleine de bonté et d’amour si l’on prend la peine de l’écouter et si l’on la considère comme une femme « normale » comme toutes les autres. Car son comportement de femme pervertie est une conséquence des exigences de la société outrancièrement mercantile et impitoyable qu’est notre monde moderne dit « moderne » d’aujourd’hui. J’ai voulu donc montrer que la prostitution est un masque sous lequel peuvent se cacher des personnes pleines d’amour et de bonté mais qui, à cause des vicissitudes de la vie dont elles ont été victimes, ont refoulé leur amour et leur bonté au fond d’elles-mêmes. Le message à retenir de ce livre est donc qu’il ne faut pas juger et condamner hâtivement la prostituée comme l’on le fait habituellement. Car beaucoup de femmes deviennent prostituées comme pour se venger de la vie qui les a déçues. Ensuite, j’ai voulu montrer que la prostitution n’est pas une fatalité. Autrement dit, si au lieu de traiter les prostituées comme des gadgets sexuels comme le font nos sociétés capitalistes d’aujourd’hui, on les traitait avec dignité et humanisme, on pourrait avec un peu de patience, de rééducation et de soutien matériel, ramener bon nombre d’entre elles à se reconvertir. Car la prostituée n’est pas forcément cette  femme  à  la moralité douteuse qui livre sans scrupule son sexe à tout venant pour de l’argent comme le croit trop souvent le commun des mortels, mais une personne recelant des qualités morales insondables, mais étouffées par les contraintes d’un monde où seul l’argent régit les rapports humains.

Où puisez-vous votre inspiration ?
La source de mon inspiration est d’abord ma vie personnelle, ensuite la société dans laquelle je vis, mes lectures, l’observation, mon aptitude à la réflexion et bien sûr le don personnel.

Quels sont vos projets d'écriture pour l'avenir ?
L’écriture étant ma première passion, j’ai tellement de projets d’écriture  en chantier que j’ignore si je réaliserai même le tiers avant ma mort. Surtout que je suis très inspiré. Ce qui fait que les projets d’écriture naissent en moi tous les temps, sans que je n’aie les moyens financiers nécessaires pour me consacrer entièrement à leur rédaction. Cependant, je travaille actuellement sur  le premier tome de mon autobiographie intitulé « L’enfant de la chute du bois sacrée » et d’autres titres tels que, « Dans les mailles des grues et de rapaces », « Sortir du pandémonium, »  « lettres du Congo », « Le baiser de Juda », « Toute une vie sur les monts de Vénus », « Thomas Sankara, un dieu parmi les hommes », etc.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Le souhait de tout auteur anonyme qui se trouve encore au pied de la grande pyramide de l’écriture comme moi ne peut être que celui d’être beaucoup lu et appréciée par le plus grande nombre de lecteurs possibles. Je prie donc ceux-ci de lire et de faire lire mes œuvres afin de me permettre de me hisser aussi au plus haut degré de la grande pyramide de l’écriture mondiale. Je les prie aussi de ne pas hésiter à me contacter pour l’éclairage d’un aspect ou d’un autre de mes œuvres ou de ma vie qui leur échapperait. Je suis à leur entière disposition.

Je vous remercie de m’avoir donné ici l’occasion de parler de mon livre.

 


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