Rencontre avec Larbi  Adouane, auteur de « Un proviseur dans la tourmente »

Présentez nous votre ouvrage.

Mon roman décrit la vie dans un lycée avec son coté idéalisé où la communauté  éducative : parents, enseignants et administratifs conjuguent leurs efforts au bénéfice et bonheur des élèves. A minuit, un agent de service  se suicide en se jetant du troisième étage du dortoir où il est hébergé.  L’agent était sanctionné pour insuffisance professionnelle, la semaine qui précède son acte fatal, et l’enquête de police relève qu’il est affilié au terrorisme  islamique. Le proviseur troublé, cherche à comprendre ; comment et pourquoi  cet agent exemplaire a changé brutalement de comportement et décide de mettre fin à sa vie.

Le roman soulève des questions liées :

- Au système éducatif Algérien où les établissements scolaires n’ont aucune autonomie et que les élèves sont des réservoirs à remplir des « connaissances » dictées par les programmes officiels.

- De la compatibilité de l’Islam avec la vie moderne et de sa déviation vers le terrorisme.

- A la responsabilité générale des gestionnaires des ressources humaines.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

J’ai vécu en tant que proviseur un drame similaire, c’est une forme de confession.

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

La période de scolarité des jeunes est déterminante dans leurs vies affectives et professionnelles d’adultes. Un proviseur n’est pas un chef d’entreprise ! Donc mon livre s’adresse aux élèves, enseignants et responsables à tous les niveaux de l’éducation sans oublier les parents d’élèves.

Quels messages avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Les lycéens ont besoin d’une certaine autonomie dans un lycée, c’est là que se forme leur citoyenneté !

Les sociétés dites musulmanes ne peuvent rester à cheval entre la    recherche d’une vie heureuse qu’offre les conforts modernes et l’application littérale du Coran qui assurerait un hypothétique paradis.

Où puisiez-vous votre inspiration ?

J’ai eu une enfance perturbée par la guerre, j’ai plus de quarante année dans l’éducation, j’ai trois enfants (adultes) ce sont des sources d’inspiration inépuisables pour ceux qui savent s’interroger, se remettre en  question et tirer des leçons !

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

J’ai actuellement un manuscrit retenu par la maison Edilivre en phase de « correction », c’est un essai sur l’enseignement technique en Algérie

« L’enseignement technique, ce mal aimé », il sera mis en vente début Octobre. Et plusieurs projets sont en gestation dans mon esprit ; mais un « écrivain » ne peut continuer à écrire s’il manque de lecteurs, en Algérie malheureusement, le livre n’a pas beaucoup de place ou du moins les Algériens ne lisent pas. « Disons pas beaucoup ».

Un dernier mot pour les lecteurs.

La lecture et l’écriture sont les deux moyens de communication qui font la richesse durable de l’humanité. Je citerais Kamel Daoud qui déclare :  « j’écries pour échapper à la mort ».

LARBI ADOUANE  

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