Rencontre avec Karim BEKKOUR, auteur de « Et si… »

Karim BEKKOURPrésentez-nous votre ouvrage

Et si… est une réflexion sur la dualité dans nos existences. La dualité entre l’amour et la haine, le bien et le mal, la vie et la mort, le pardon et la vengeance. Mais surtout, surtout, sur la distance entre le trou noir du désespoir et la lueur de l’espoir. C’est un peu un clin d’œil à la pensée de Zarathoustra.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Une réponse spontanée, mais un peu bateau, serait de dire : car j’aime écrire, car j’aime m’évader en écrivant, car je prends une revanche sur le côté scientifique de ma personnalité. Dans mon travail de recherche, je suis « esclave » des résultats de mon travail : tout est rigoureux, tout est « carré ». Vous voyez : si vous obtenez tel résultat, vous vous y soumettez et vous devez essayer de l’interpréter, l’analyser. Il n’y a pas d’autre échappatoire.

Lorsque vous écrivez un roman, vous êtes libre comme un oiseau. Vous écrivez ce que vous voulez, comme vous le voulez. Lorsque vous vous relisez, si quelque chose ne vous plaît pas, eh bien, on efface et on recommence… Si vous avez envie d’écrire que le ciel est rouge, bleu ou vert, eh bien écrivez-le. C’est ça la liberté extraordinaire de l’écrivain : il peut voyager. Personnellement, je m’évade en me libérant de cette rigueur de la science.

Ceci est le point de vue général. Pour répondre plus précisément à votre question : pourquoi avoir écrit ce livre ? Je dirais : Par un questionnement très personnel sur ces réflexions sur l’après. Qu’y a t-il après l’après ? À quoi cela servirait-il de faire souffrir une personne qui nous a fait souffrir si, lorsqu’elle souffre, nous ne sommes plus là. Quelle est l’intensité du plaisir ou du bonheur que l’on peut ressentir lorsque l’on aura fait du bien à des personnes inconnues, alors que l’on ne sera plus là pour se réjouir de la joie qui giclera de leurs yeux… Cela atténuerait-il l’angoisse de votre propre envol si vous saveiz que vous perpétuez la vie d’une personne qui vivra à travers vous, car vous aurez cédé une part de vous-même : votre cœur, vos poumons, vos reins ou vos yeux ?

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

Sincèrement, et je vous le promets, ceci n’est pas de la langue de bois, je ne sais pas. Je pense que tout le monde peut lire ce livre. On voyage beaucoup à travers ces pages. Les gens qui aiment voyager y trouveront leur compte. On fait la route 66 entre le Nouveau-Mexique et la Californie, en compagnie de John Steinbeck, puis on fait un voyage à Cuba, plus précisément à La Havane où l’on côtoiera de près Ernest Hemingway. On écoutera de la belle musique, car ce livre s’écoute, autant qu’il se lit. On fait une escale dans l’enfer vécu par les otages des terroristes islamistes qui ont envahi le complexe gazier de Tiguentourine, In Amenas, en Algérie. Et le voyage se termine en Nouvelle Zélande, à Hokitika, Île du Sud. Vous aurez peut-être remarqué que l’image de la couverture fait référence à Hokitika.

Ceci pour les épris d’ailleurs, d’horizons lointains, de rivages inaccessibles. Le livre s’adresse aussi à toutes les personnes dans la détresse de la maladie. Ce n’est pas évident d’affronter ce trou noir, ce mot : Fin. Alors, on puise dans toutes ses ressources. Modestement, j’espère que les personnes dans cette situation de détresse trouveront quelque réconfort.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Pour dire vrai, il n’y a pas de message. Cela est un ressenti. Comment peut-on plonger dans le désespoir lorsque deux bombes successives vous tombent sur la tête. Évidemment, on réagira tous de manière différente. Il se trouve que Jhon est un être faible, fracassé par les aléas de la vie. Il était un gars bien. Il a plus ou moins résisté. Et puis, le fil a cassé. Il a tout lâché. Il a basculé dans l’alcoolisme, l’aigreur, la mauvaiseté. Le cliché même de l’anti-héros.

Où puisez-vous votre inspiration ?

La vie de tous les jours. L’observation des gens. Les lectures, les faits divers, les anecdotes rapportées par les uns et les autres. Souvent, des heures d’introspection, des questionnements…

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Oui, j’ai un projet. Pour l’instant, je dis : un projet, pas des projets. Lorsque je me suis lancé dans l’écriture de « Les fantômes de Laura », j’avais en tête d’en écrire trois, pas un de plus. Donc, mon projet, déjà sur le métier à tisser, est une sorte de science (non pas exactement science), disons social ou politique fiction. Mais également roman historique car j’aimerais m’aventurer dans ce que fut le règne de Juba II et de Cléopâtre Séléné, la fille de la reine Cléopâtre d’Égypte. Une sorte de conte qui s’étalera sur deux millénaires. On replongera donc dans l’histoire mais on voyagera dans un avenir, tous comptes faits, pas très lointain : dans exactement 33 ans. Mais ce sera l’an 3000. Ce n’est pas une énigme, tout le monde a déjà compris.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Évidemment, nous avons toujours ce regret de ne pas connaître ces personnes qui nous lisent, et ceci est, je pense, un sentiment partagé par tous les auteurs. Heureusement qu’il y a les ventes-dédicaces et les salons où l’on a cet immense privilège de croiser les lecteurs et d’échanger un peu avec eux, d’avoir des retours en « live ». J’invite mes lecteurs à être impitoyables avec moi et laisser sur ma page du site d’Edilivre leurs sentiments « brut de décoffrage », sans fioritures. Vous avez aimé, dites-le, bien-sûr que cela fait plaisir. Vous n’avez pas aimé, dites-le aussi, ce n’est qu’avec ces retours que l’on peut se situer. Vos avis sont précieux.


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