Rencontre avec Jean-Marc Rives, auteur de «L’Art et son alchimie»

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Présentez-nous votre ouvrage ?
Il s’agit d’un livre de philosophie sur l’art que j’ai élaboré à partir d’une réflexion personnelle d’après ma propre expérience, mais aussi selon la pensée de philosophes tels que Nicolas Malebranche, René Descartes, Jules Lagneau, Jean Lacroix, Emmanuel Kant, Paul Valéry, Henri Delacroix, Emile Chartier dit Alain, Hippolyte Taine ainsi que des écrivains comme André Malraux et Léon-Paul Fargue. Cet ouvrage est un traité sur l’alchimie de la créativité artistique et la passion pour l’art dont l’humanité a toujours fait preuve depuis la préhistoire.

Pourquoi avoir écrit ce traité philosophique ?
Après la publication de mon ouvrage didactique «Les Secrets du Dessin et de la Peinture», destiné aux artistes-peintres en herbe, j’ai voulu écrire ce traité philosophique pour tous ceux qui s’interrogent sur «l’art et son utilité» dans notre existence. Bon nombre d’ouvrages ont été publiés sur le sujet, avec de belles images de tableaux des plus grands maîtres, mais je voudrais amener le lecteur à s’interroger sur le plaisir de la contemplation, sur l’analyse méthodique d’une oeuvre d’art et sur l’alchimie de sa création. D’où nous vient cet engouement pour la création artistique et en quoi celle-ci peut-elle influer sur notre vie ? À travers les âges, l’humanité a toujours fait preuve d’inventions et de créativité et cela a contribué sans doute à son évolution. J’ai donc tenté d’expliquer par la philosophie d’où nous vient le désir de créer et pourquoi l’art est devenu indispensable à notre culture.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Mon ouvrage est bien sûr destiné à un public jeune, et moins jeune, intéressé par la philosophie mais, d’une manière générale, il s’adresse au créateur ou amateur d’art et en tous cas, passionné par l’art. Il peut aussi intéresser celui qui s’interroge sur le talent inné qu’ont les artistes pour réaliser leurs œuvres et d’où leur vient leur inspiration avant de se mettre au travail. Il s’adresse donc, en fait, à un large public.

D’où vous vient cette passion pour la philosophie ?
J’ai étudié la philosophie très jeune et j’ai eu la chance d’avoir d’excellents professeurs. J’ai toujours été passionné par la dissertation. Après mon bac de philosophie, j’ai continué à étudier la philosophie par la lecture des grands philosophes. La philosophie est une prise de position raisonnée par rapport à la totalité du réel. Le terme de «raisonné» oppose la philosophie aux prises de position purement pratiques ou affectives ou encore aux croyances simplement admises sans élaboration réflexive.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
La réflexion philosophique amène à comprendre que notre destinée est de «vivre en homme et de rendre le monde plus humain». À travers cet idéal d’humanité et au-delà de lui, nous pouvons dire que l’art apporte sa contribution active et passive. En effet, si l’existence des artistes est ordinairement exposée à de multiples tentations, le culte de la beauté en guise de violon d’Ingres, et plus encore dans l’accomplissement de sa tâche, exerce une bienfaisante influence. Si l’art n’est pas un moyen suffisant de culture du moins il contribue à humaniser l’homme.

Où puisez-vous votre inspiration ?
À travers la lecture des grands philosophes mais aussi mon expérience personnelle. Artiste-peintre et maître d’ateliers, j’ai longtemps enseigné les arts plastiques, puis je suis devenu critique d’art pour plusieurs raisons mais surtout par amour de l’art. J’ai tenu pendant plusieurs années une rubrique intitulée «Regard sur l’art et Portraits d’artistes» dans la revue «Arts et Mots», mais j’ai aussi écrit pour d’autres revues littéraires et artistiques. À ce titre, j’ai visité un grand nombre de salons et d’expositions et je suis allé à la rencontre des artistes de tous styles et de toutes tendances. J’ai pu apprécier des œuvres grandioses et de moins grandioses mais, à chaque fois, ce fût un réel plaisir pour moi de partager des émotions et de constater à quel point l’art rend heureux. Cela m’a amené à écrire sur les artistes et pour les artistes, puis à écrire cet ouvrage dans lequel j’ai inclus une trentaine de mes critiques d’artistes connus et moins connus que j’affectionne particulièrement pour leur humanisme.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
J’ai commencé à écrire un roman autobiographique qui sera en fait une grande fresque historique car étant un enfant d’après guerre né à l’étranger, j’ai connu le Maroc, sous le règne de Mohamed V et Hassan II, lorsqu’il était encore sous protectorat français puis la «marocanisation». Enfant issu du «baby-boom», j’ai connu les moments difficiles puis les grandes inventions des «trente glorieuses» et enfin le douloureux «rapatriement» des français d’Afrique du Nord. Nous avons, je pense, un «devoir de mémoire» et mon livre retracera toutes ces grandes lignes.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Nous ne pouvons pas demeurer insensibles devant les événements qui déchirent la planète et aux misères qui accablent nos frères humains. Nous avons mieux à faire que de nous replier sur nous-mêmes, uniquement préoccupés par nos petits états d’âme et nos tracas quotidiens. Plus que jamais, par-dessus tous les terrorismes et toutes les guerres, nous avons un message à faire entendre : un message de tolérance et de paix. Je suis convaincu que par la seule force de notre passion pour l’art, à travers lui nous pourrons faire passer ce message de paix. Nous pouvons faire reculer les égoïsmes et la haine par notre amour de l’art. Sans viser à l’utile et précisément parce qu’elle n’y vise pas, la création artistique dans son culte du Beau et du Bien joue dans la vie humaine un rôle plus important pour un véritable humanisme que les religions et les produits industriels.

 


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