Rencontre avec Aga Korzeniewska, auteur de « Rue d`Espagne »

 
Présentez-nous votre ouvrage

« Rue d’Espagne » est un guide insolite de Bruxelles. Il est vu du point de vue d’une émigrée polonaise de Podlachie, une blogueuse qui habite dans cette ville depuis plus de dix ans, mais qui la côtoie depuis vingt ans. Un guide absolument subjectif. Et unique grâce à cela. Il aborde les lieux à travers le prisme d’histoires sur des personnes.

 

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Cela fait des années que je vis parmi belles vallées de Podlachie et une Bruxelles multiculturelle. Toujours sur la route. Les retours et la ré-émigration ont façonné mon attitude vis-à-vis des lieux où je vis. Bruxelles a volé mon cœur, mon âme est restée en Podlachie. Quelque chose qui a été enraciné dans votre conscience vous dira toujours de revenir. Un appel, une commande à tirer des sources, inscrite dans votre ADN.

Mes Podlachie et Bruxelles sont des lieux inspirants qui nécessitent un regard spécial et attentif. C’est la quintessence de l’admiration, de l’amour et de l’incrédulité. À ce pot de miel, comme une cuillère de goudron, s’ajoute le destin des gens, il ne se retrouve pas à la une des journaux, mais leur vie est inséparablement liée aux lieux décrits. Mes héros anonymes … En un sens, c’est un hommage à eux.

 

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

Le destinataire est un émigrant au sens très large. Parce que l’émigration ne consiste pas seulement à passer d’un pays à l’autre. Nous émigrons tout au long de notre vie. Parfois, des bras de quelqu’un, parfois nous devons nous quitter nous-même pour pouvoir revenir ou comprendre certaines choses. Nos choix de vie, les situations frontalières dans notre vie – c’est elles qui génèrent des émotions identiques qui accompagnent les migrants dans le sens traditionnel du mot : La peur de l’inconnu mêlée à l’euphorie, l’espoir, la solitude, le dépassement des frontières mentales, morales et sociales, le courage, la reconstruction depuis le début.

 

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage?

Que nous sommes une grande famille, nous ressentons de la même manière, nous souffrons et aimons, peu importe où nous nous trouvons. En même temps, face à la prise de décisions et nos choix – nous sommes très solitaire. Je voulais aussi présenter au lecteur francophone notre image, des émigrés.

 

Où puisez-vous votre inspiration?

De la vie de tous les jours. Un observateur attentif verra des milliers d’inspirations dans la réalité environnante. Je me considère comme une « fan des gens », j’aime écouter leurs histoires, les vivre. Je crois fermement que chacun porte en lui un gène élémentaire du bien. Mon optimisme a une définition très spéciale, cela n’a rien à voir avec la naïveté. C’est une fois profonde que chacun de nous, même au dernier moment de sa vie, a une chance de devenir une personne meilleure. Cela me motive, m’inspire, m’ouvre aux gens, ne me laisse pas douter d’eux, donc de nous.

 

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir?

Je suis l’auteur de cinq livres publiés en polonais. Ce sont des livres de différents types : un roman dont l’action se déroule à Bruxelles et en Pologne, un livre de reportage et un autre de motivation. Peut-être que cette année, je ferai face à un roman que j’ai déjà commencé, j’ai également un manuscrit achevé d’un livre pour enfants et une nouvelle collection de textes de motivation pour chaque mois, en raison d’un petit volume appelé « cahiers ».

 

Un dernier mot pour vos lecteurs ?

Ne jamais, jamais abandonner tes rêves.